Elle n’avait pas eu peur. C’était cela, la plus grande victoire. Pas d’avoir appelé la sécurité, pas de l’avoir fait expulser. Mais de l’avoir regardé droit dans les yeux, et de n’avoir rien senti. Ni colère, ni haine, ni peur. Juste une immense indifférence.Ce soir-là, elle écrivit dans son carnet :« Aujourd’hui, il est venu dans mon atelier. Aujourd’hui, je l’ai fait sortir. Sans trembler, sans pleurer, sans crier. Aujourd’hui, j’ai compris que j’étais vraiment libre. »Elle posa son stylo, regarda par la fenêtre les lumières de la ville qui s’allumaient une à une, et elle sourit.Dehors, la nuit était douce, et l’avenir était à elle. Pour toujours.***Gabriel était resté dans sa voiture, garée à quelques rues de l’atelier, les mains crispées sur le volant, le regard fixe. Il ne parvenait pas à s’en aller. Quelque chose le retenait, une force invisible qui le clouait sur place, incapable de faire marche arrière comme d’avancer.L’humiliation était totale. Il avait été escorté hor
Read More