Le soir, elle prépara le dîner, comme d’habitude. Elle mangea seule, dans la cuisine, en regardant le jardin s’assombrir. Elle pensa à Gabriel, qui était à Bruxelles, qui ne se doutait de rien, qui rentrerait dans deux jours et qui trouverait une maison vide.Elle n’éprouvait ni colère, ni tristesse. Juste une immense fatigue, et en même temps un soulagement infini.Après le dîner, elle monta dans le boudoir, ouvrit le secrétaire, sortit une feuille de papier, et commença à écrire la lettre qu’elle laisserait derrière elle.Quelques mots simples, sans haine, sans reproche. Une explication brève, un adieu sans retour.Elle plia la lettre, la glissa dans une enveloppe, écrivit le nom de Gabriel sur le recto. Puis elle rangea l’enveloppe dans le secrétaire, à côté du carnet, des photos, des clés de l’appartement, de l’argent.Elle était prête.Cette nuit-là, elle dormit profondément, sans rêves, sans angoisses. Quand elle se réveilla, le soleil se levait à peine, et le monde était calme.
Dernière mise à jour : 2026-06-01 Read More