« Adieu, Gabriel », murmura-t-elle.Sa voix n’était qu’un souffle, à peine audible, qui se perdit dans le silence de la chambre. Il ne se réveilla pas. Il n’entendit rien. Il continua de dormir, paisible, insouciant, comme si de rien n’était.Elle retira sa main, se leva, s’éloigna du lit. Elle prit sa robe de chambre, l’enfila, serra la ceinture autour de sa taille. Puis elle sortit de la chambre, ferma la porte doucement derrière elle, et descendit l’escalier.Dans le boudoir, elle alluma la petite lampe, ouvrit le secrétaire, vérifia une dernière fois que tout était en ordre. La lettre, l’alliance, l’argent, les clés. Son trésor de guerre, rassemblé patiemment, secrètement, obstinément.Elle prit la lettre, la regarda, la reposa. Elle prit l’alliance, la fit tourner entre ses doigts, la reposa aussi. Elle prit son sac, sa valise, les posa près de la porte d’entrée.Puis elle s’assit dans le salon, dans le grand fauteuil où Gabriel aimait lire son journal, et elle attendit l’aube.E
Dernière mise à jour : 2026-06-01 Read More