Chapitre 213ArianeLes semaines qui suivent sont étranges, suspendues entre méfiance et curiosité. Gabriel n'a pas cherché à me revoir tout de suite, et je lui en sais gré, même si je ne le lui dis pas. Il respecte mon rythme, mes silences, mes reculs, et cette patience, si nouvelle chez lui, me trouble plus que je ne voudrais l'admettre. Nous échangeons parfois quelques messages, courts, sans pathos, des nouvelles du travail, du musée, de la ville. Rien d'intime, rien qui ne puisse être dit à voix haute, et pourtant, je sens que quelque chose se tisse, lentement, comme un fil ténu qui ne demande qu'à se renforcer.Un matin, en arrivant à l'atelier, je découvre sur ma table une enveloppe blanche, sans nom, sans adresse. Je l'ouvre, méfiante, et j'en sors une série de plans annotés, des esquisses de soutènement, des notes techniques pour un projet de rénovation que nous peinons à finaliser. L'écriture est celle de Gabriel, je la reconnaîtrais entre mille, et je reste un long moment im
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