Chapitre 5 — La belle-mèreAméliaLa chambre d'Éléonore sent la lavande et l'éther. Un mélange doux et médical qui prend à la gorge dès le seuil. Les rideaux sont tirés, la pénombre est épaisse, trouée seulement par une lampe de chevet à l'abat-jour rose. La vieille dame est adossée à des oreillers de satin, minuscule dans ce lit immense, le visage mangé par les ombres. Ses mains reposent sur le drap, diaphanes, parcourues de veines bleues comme des rivières sur une carte. Elle ne dort pas. Ses yeux sont ouverts, deux perles grises, lucides, perçantes.Marta m'a précédée dans l'escalier, un plateau à la main, et s'est effacée sans un mot quand je suis entrée. Je crois qu'elle m'aime bien, Marta. Elle me regarde avec une sorte de pitié douce qui devrait m'humilier mais qui, étrangement, me réconforte.— Approche.La voix d'Éléonore est un filet rauque, mais il garde une autorité naturelle, une empreinte de commandement. Je fais quelques pas, pose au hasard sur une chaise près du lit. L
Last Updated : 2026-06-17 Read more