Nous peignons tout l'après-midi. Nous nous déshabillons parce que la chaleur monte dans l'atelier, et puis parce que nous aimons être nus l'un contre l'autre. Nos corps se frôlent, se cognent, s'enlacent. Nos mains se passent les pinceaux, se volent les couleurs, se mélangent sur la palette et sur la toile. Parfois, un pinceau s'égare, et c'est une caresse sur une épaule, une trace de bleu sur une hanche, un éclat de rouge sur une fesse. Nous rions, nous nous tachons, nous devenons des œuvres d'art vivantes, des palettes de chair. La toile se remplit peu à peu. Ce n'est pas une image figurative. C'est une explosion de couleurs, un tourbillon de formes, un chaos vibrant qui raconte notre histoire. Il y a du gris, du marbre, des angles durs, et puis du rouge, du feu, des courbes, et enfin du bleu, du vert, la mer, l'île, la liberté. Nos pinceaux deviennent des doigts, nos doigts deviennent des pinceaux. Nous peignons avec les mains, avec la bouche, avec les corps.
Huling Na-update : 2026-07-07 Magbasa pa