Charlotte Le silence est lourd dans la salle de réunion. Je le sens peser sur mes épaules, sur ma poitrine, sur mes tempes. Un silence épais, chargé, électrique, comme l'air avant un orage. Je sens tous les regards posés sur moi. Les ouvriers, d'abord, une cinquantaine d'hommes et de femmes aux visages fatigués, aux mains calleuses, aux yeux rougis par la colère et l'épuisement. Les contremaîtres, ensuite, debout contre les murs, les bras croisés, l'air méfiant. Les avocats, enfin, assis autour de la grande table, leurs dossiers ouverts devant eux, leurs stylos suspendus au-dessus des pages blanches. Et Alexandre. Alexandre, debout au centre de la salle, les mains levées, la voix éteinte, le visage fermé. Alexandre, qui essaie de calmer les esprits, qui essaie de négocier, qui essaie de sauver ce qui peut encore l'être. Mais les ouvriers ne veulent pas négocier. Les ouvriers ne veulent pas attendre. Les ouvriers ne veulent plus de promesses. Ils veulent des actes. Ils veulent des
最終更新日 : 2026-09-22 続きを読む