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Chapitre 4 — Le Retour

作者: Déesse
last update 公開日: 2026-10-20 00:11:49

Camille

Le soir, je m'enferme chez moi avec une bouteille de vin et je bois. Je bois pour oublier. Je bois pour ne pas penser. Je bois pour ne pas sentir. Je bois jusqu'à ce que la pièce tourne, jusqu'à ce que mes jambes tremblent, jusqu'à ce que le visage de Thomas s'efface de mon esprit. Mais il ne s'efface pas. Il est là, gravé dans ma mémoire, comme une cicatrice. Je revois ses yeux fuyants, sa bouche qui prononce des excuses minables, ses mains qui n'ont même pas essayé de me retenir. Je revois Élise, son sourire triomphant, son collier de perles. Je revois ma vie qui s'écroule. Je bois encore. Je pense à tout ce que j'ai sacrifié pour lui. Mes études. Mes amis. Ma dignité. J'ai tout donné. J'ai tout perdu. Et pour quoi ? Pour un homme qui m'a jetée comme une vieille chaussette. Pour une famille qui m'a méprisée. Pour un nom qui n'est même pas le mien. Je pose la bouteille sur la table basse, je m'allonge sur le canapé, et je fixe le plafond. Les larmes coulent encore, silencieuses, amères. Je pense à ma mère, à ses sacrifices, à ses encouragements. Elle m'avait dit de me méfier des Valmont. Elle avait raison. Elle avait toujours raison. Mais je ne l'ai pas écoutée. J'ai cru que l'amour pouvait tout surmonter. J'ai cru que Thomas était différent. J'ai cru que j'étais assez bien pour lui. Je me redresse, je prends mon téléphone, et je fixe l'écran. Je pourrais l'appeler. Je pourrais lui envoyer un message. Je pourrais le supplier de revenir. Mais je ne le fais pas. Je pose le téléphone sur la table, je me lève, et je titube jusqu'à la salle de bain. Je me regarde dans le miroir. Mes yeux sont rouges, mes cheveux sont en bataille, mon mascara a coulé. Je suis pitoyable. Je suis pathétique. Mais je suis vivante. Et je me jure une chose : je ne me laisserai pas détruire. Je trouverai un moyen de leur faire payer. Tous. Thomas. Élise. Hélène. Tous.

Camille

Le lundi matin, je retourne au travail. Je n'ai pas envie d'y aller. J'ai envie de me cacher, de disparaître, de ne plus jamais croiser le regard de mes collègues. Mais je ne peux pas. J'ai besoin de cet argent. J'ai besoin de ce travail. Et surtout, j'ai besoin de leur montrer que je ne suis pas une victime. Que je ne suis pas brisée. Que je suis plus forte qu'eux. Je m'habille avec soin. Un tailleur noir, une chemise blanche, des escarpins. Je me maquille, je me coiffe, je me regarde dans le miroir. Je suis pâle, mais je suis droite. Je souris. Un sourire faux, mais un sourire quand même. Je prends mon sac, je sors de chez moi, et je marche jusqu'au siège du Groupe Valmont. Le hall est le même. Le marbre, les néons, les employés qui murmurent. Mais cette fois, je ne baisse pas les yeux. Je les regarde droit dans les yeux, et je marche plus vite. Je traverse le couloir, je monte dans l'ascenseur, et je me retrouve au troisième étage. Mon bureau a été réattribué à une autre. Mes affaires ont été jetées. Mais je m'en fiche. J'ai un nouveau bureau. Un bureau au quarantième étage. Un bureau à côté de celui de Gabriel Valmont. Je ne le sais pas encore, mais ma vie est sur le point de basculer. Je pousse la porte du bureau de Gabriel, et je le vois pour la première fois. Il est assis derrière son immense bureau en acajou, les mains croisées, le regard froid. Il est grand, brun, avec des yeux noirs qui vous transpercent. Il porte un costume trois-pièces, une cravate sombre, une montre en or. Il est beau, d'une beauté glaciale, intimidante. Il ne sourit pas. Il ne dit rien. Il me regarde, comme s'il me jaugeait. Puis, il prend la parole.

— Mademoiselle Ferrand. Asseyez-vous.

Sa voix est grave, autoritaire. Je m'assois, le cœur battant, les mains moites. Je ne sais pas pourquoi je suis là. Je ne sais pas ce qu'il me veut. Mais je sens que ma vie est sur le point de changer.

Camille

La réunion commence à neuf heures précises. Je suis assise au fond de la salle, mon carnet sur les genoux, mon stylo à la main. Je ne suis pas censée être là. Je suis une simple chargée de projets, une employée parmi tant d'autres. Mais Gabriel Valmont a insisté pour que j'assiste à la réunion. Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas ce qu'il attend de moi. Mais je suis là, et je l'observe. Il est assis en bout de table, les mains croisées, le regard froid. Autour de lui, une dizaine de directeurs, tous plus stressés les uns que les autres. Ils parlent, ils argumentent, ils se justifient. Mais Gabriel ne dit rien. Il écoute, il observe, il jauge. Et puis, soudain, il prend la parole.

— Vous êtes viré.

Le directeur qui vient de parler se fige. Il ouvre la bouche, il cherche ses mots, il tente de se défendre. Mais Gabriel ne l'écoute pas. Il se tourne vers son assistant, il lui tend un dossier, et il ajoute :

— Sortez. Et ne remettez plus jamais les pieds dans ce bâtiment.

Le directeur se lève, livide, et quitte la salle. Le silence est assourdissant. Personne n'ose bouger. Personne n'ose parler. Gabriel est un prédateur, et nous sommes tous des proies. Je sens mon cœur battre plus vite. Je sens mes mains trembler. Je n'ai jamais vu une telle froideur, une telle cruauté. Et pourtant, quand il croise mon regard, quelque chose change. Il s'arrête. Il me regarde. Une seconde de trop. Et je vois dans ses yeux une lueur que je ne m'explique pas. Une lueur de faim. De désir. De reconnaissance. Il me regarde comme s'il me connaissait. Comme s'il m'attendait. Et je sens un frisson me parcourir l'échine. Je ne sais pas ce qui m'attend. Mais je sais que ma vie ne sera plus jamais la même.

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