L'otage du parrain
Un homme que je reconnais immédiatement, avec une certitude qui me glace le sang.
Mon père.
Je repose la photographie, les mains tremblantes, le souffle coupé, et je la reprends aussitôt pour l'examiner de plus près, incrédule, refusant de croire ce que mes yeux voient. Mais il n'y a pas de doute possible. Cet homme, c'est mon père, ce père qui a disparu quand j'avais douze ans, ce père dont ma mère refusait de parler et dont je n'ai gardé que quelques souvenirs flous, une odeur de tabac, une voix grave, une main qui me caressait les cheveux. Il est là, sur cette photographie, aux côtés de Matteo De Luca, et ils se tiennent côte à côte comme des associés, comme des partenaires, comme des hom