LE PÈRE DE MON ENFANT
Et puis une sensation étrange, profonde, m’a envahie : l’enfant que je portais était un fragment de cette nuit, un souvenir vivant de ce feu qui avait brûlé tout mon être.
Je me revois appeler Léa, la voix tremblante, l’émotion à peine contenue :
— Léa… je… je suis enceinte.
Elle a ri, un rire doux, rempli de joie et d’incrédulité, avant de me prendre dans ses bras. Ce moment m’avait bouleversée autant qu’il m’avait soulagée. Enfin, il y avait quelque chose à chérir, quelque chose de tangible au lieu de cette nuit insaisissable. Mais en même temps, une part de moi s’était figée : je ne connaissais pas son père, je n’avais que ce visage flou, ces yeux sombres et brûlants, ce souvenir qui me h