LOGINJe dis ça, et il secoue la tête, lentement, une fois, deux fois, et il recule, et il heurte le mur, et il s'arrête, et il me regarde, et il sourit, un sourire qui n'était pas là avant, un sourire de bête acculée.— Comment tu le sais. Comment tu peux le savoir. Je suis son sang. Je suis sa chair. Je suis, je suis, je suis.— Tu es toi. Tu es Valdren. Tu es mon roi loup. Tu es le père de mon enfant. Tu es, tu es, tu es.Il me regarde, longtemps, ses yeux gris qui descendent, qui s'arrêtent sur mon ventre, sur mes mains, sur cette chose qui nous lie, qui nous dépasse, qui nous sauve, peut-être, et il secoue la tête, lentement, une fois, deux fois.— J'ai peur. J'ai peur de devenir lui. J'ai peur de te tuer. J'ai peur de tuer l'enfant. J'ai peur, j'ai peur, j'ai peur.Il le dit, enfin, et le mot qui tombe, qui claque, qui résonne, et je sens quelque chose dans ma poitrine qui se serre, qui se noue, qui se dénoue, et je m'approche, lentement, et je me plante dev
Il m'attire, contre lui, ses bras qui m'enveloppent, qui me serrent, qui m'étouffent, et je pose ma tête contre son épaule, et je ferme les yeux, et je respire, et je sens sous ma joue le battement de son cœur, qui cogne, qui cogne, qui cogne, plus vite que d'habitude, plus fort, plus tout.— Un enfant.Sa voix, dans mes cheveux, un murmure, une prière, une chose, et je hoche la tête, lentement, contre sa peau, et je sens ses bras qui serrent, plus fort, qui me broient, qui me serrent, et je me laisse faire, je me laisse tenir, je me laisse.— Notre enfant.Il le dit, et le mot qui tombe, qui claque, qui résonne, et je sens quelque chose dans ma poitrine qui se serre, qui se noue, qui se dénoue, et je lève la tête, et je le regarde, et je vois dans ses yeux quelque chose, une chose que je n'avais jamais vue, une chose qui me brûle, qui me sauve, qui me tue, peut-être.— Tu as peur.Je dis ça, et il hoche la tête, lentement, une fois, deux fois, et il ne
Il me regarde, longtemps, ses yeux qui brillent, pas de larmes, non, de rage, de peur, de tout, et il se lève, lentement, et il recule, et il heurte le mur, et il s'arrête, et il me regarde, et il sourit, un sourire qui n'était pas là avant, un sourire de bête acculée.— Vous êtes une putain. Une fille de rien. Une traînée. Vous n'êtes pas reine. Vous ne serez jamais reine. Vous êtes, vous êtes, vous êtes.— Je suis la reine. Et vous, vous êtes un traître.Je dis ça, et je sors le couteau, lentement, et la lame qui brille, qui danse, qui tue, et il regarde la lame, et il pâlit, encore, et il tombe, à genoux, et il joint les mains, et il prie, peut-être.— Pitié. Majesté. Pitié. J'ai une femme. Des enfants. Pitié.Je le regarde, longtemps, à genoux, qui prie, qui supplie, qui tremble, et je sens dans ma poitrine quelque chose qui se serre, qui se noue, qui se dénoue, et je me dis que c'est ça, le pouvoir, peut-être, cette pitié, cette rage, cette chose qui te
— LysandraLa lettre est là, sur la table, entre mes mains, un papier jauni, plié en quatre, cacheté de cire noire, et je le tourne, je le retourne, je le caresse du bout des doigts, et je sens sous mon pouce la cire qui craquelle, qui s'effrite, qui cède, et je déplie, lentement, et je lis, les mots qui dansent, qui brûlent, qui tuent, et je sens dans ma poitrine quelque chose qui se serre, qui se noue, qui se dénoue, et je repose la lettre, doucement, sur le bois lisse, et je lève les yeux, et je regarde Valdren, en face de moi, qui m'attend, qui me craint, qui m'aime, peut-être.— Où tu l'as trouvée.Ma voix, qui ne tremble pas, qui ne peut pas trembler, qui est de fer, de glace, de pierre, et il hoche la tête, lentement, une fois, deux fois, ses yeux gris qui ne fuient pas, qui ne mentent pas, qui assument.— Dans les appartements du chancelier. Un de mes hommes l'a interceptée. Elle devait partir ce matin, pour le Nord, pour les clans.Je hoche la
Il le dit, et je ris, doucement, un rire qui craque, qui se brise, et je secoue la tête, lentement, et je regarde les cartes, les chiffres, les tout, et je me dis que ce n'est pas moi, que ce ne sera jamais moi, et que c'est moi, pourtant, que c'est nous, maintenant.— Je sais.Je dis ça, et il hoche la tête, lentement, une fois, deux fois, et il sourit, un sourire qui n'était pas là avant, et il me prend la main, et il la serre, et il m'attire, contre lui, et je pose ma tête contre son épaule, et je ferme les yeux, et je respire, et je sens sous ma joue le battement de son cœur, lent, profond, régulier, et je me dis que c'est ça, le pouvoir, peut-être, cette haine, cette peur, cette chose qui te ronge, qui te tient, qui te tue, peut-être.— Ils te craignent, aussi.Il ajoute ça, et je ris, encore, un rire qui monte, qui gronde, qui m'emplit, et je me redresse, et je le regarde, dans les yeux, dans l'âme, dans cette chose qui nous lie, qui nous dévore, qui nous sauve, peut-être.— Tan
— LysandraLa table du conseil est longue, trop longue, et les seigneurs sont assis autour, les vieux, les gras, les satisfaits, et ils me regardent, de travers, en dessous, et je vois dans leurs yeux la même chose que dans la salle du trône, la même rage, le même calcul, et je m'assieds, à la droite du roi, à la place qui est mienne, et je pose mes mains sur la table, à plat, et je regarde, un par un, les visages.— La taxe sur le sel.Ma voix, qui résonne, qui roule, et le chancelier qui sursaute, qui me regarde, qui ouvre la bouche, et je ne le laisse pas parler, je continue, je ne peux pas m'arrêter.— Elle est trop lourde pour les villages de la côte. Ils meurent de faim, et vous, vous engraissez. Je veux qu'elle soit réduite de moitié, dès ce mois-ci.Le silence, qui tombe, qui écrase, et les seigneurs qui se regardent, qui se consultent du regard, et l'un d'eux, le plus gras, le plus vieux, qui se lève, qui ouvre la bouche.— Majesté, avec tout le respect, cette taxe finance le







