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Chapitre 20

Author: lerougeecrit
last update publish date: 2026-05-25 00:38:57

Ava

L’aube napolitaine possédait une cruauté dorée que j’avais oubliée pendant mon exil dans le Nord. À travers les jalousies de marbre blanc de la salle de bains principale, la lumière filtrait, longue et acérée, découpant des rectangles de poussière lumineuse sur le sol de travertin. C’était une clarté sans concession, presque biblique, qui venait lécher les angles des moulures baroques et l’éclat froid des robinetteries de cuivre.

Cela faisait trois jours. Trois jours que les roues du jet pr
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  • Aime-Moi (Tome 3)   Remerciement

    Chères lectrices, Chers lecteurs,Nous y voilà. La dernière page est tournée, le point final est posé, et les destins de Vincenzo et d’Ava voguent désormais vers d'autres horizons, bien au-delà de mon clavier. Écrire ce livre a été un voyage intense, et de savoir que vous avez accepté d'embarquer à bord de cette aventure à mes côtés est la plus belle des récompenses.Je tiens à vous remercier chaleureusement, du plus profond de mon cœur, d'avoir suivi les aventures de Vincenzo et d'Ava. Merci d'avoir vibré, douté, espéré et peut-être même pesté à leurs côtés. Une histoire n'existe véritablement que lorsqu'elle est lue. J’espère sincèrement que cette histoire vous a plu autant que j’ai aimé l’écrire et passer chaque jour en leur compagnie.Je dois vous faire une petite confession. Si vous avez parfois eu envie de secouer votre écran face aux épreuves que mes protagonistes ont dû traverser, sachez que c'est entièrement ma faute. J’avoue que j’ai aimé leur mettre d

  • Aime-Moi (Tome 3)   Epilogue

    La lumière de l’après-midi napolitain filtrait à travers les persiennes en bois lourd du manoir, découpant des lignes d’or et d’ombre sur le sol de marbre blanc. Dans le silence feutré de la vaste demeure, seule la rumeur lointaine des vagues de la mer de Tyrrhénienne venait mourir contre la falaise. C’était l’heure où la chaleur écrasante de Naples imposait une trêve aux vivants, forçant même les esprits les plus tourmentés à plier sous le joug de la sieste. L'air y était lourd, chargé d'une moiteur saline et du parfum entêtant des citronniers sauvages qui s'accrochaient aux roches abruptes de la côte.Dans la chambre d'enfant aux tons clairs et épurés, Vincenzo se tenait debout, immobile. Sa silhouette massive, brisait l'harmonie pastel des murs de stuc. Il contemplait son fils qui venait tout juste de s'éveiller. L’enfant avait un an aujourd'hui. Un an que ce petit être, né de l’alliance sauvage entre les De Luca et les Bellini, avait poussé son premier cri dans ce monde d

  • Aime-Moi (Tome 3)   Chapitre 35

    AvaLes remous de la mer de Tyrrhénienne, fendant l’écume noire pour nous amener jusqu’à la demeure insulaire de mon grand-père, ressemblaient à une lente descente au purgatoire. À l'arrière de la vedette de grande course, le grondement sourd des doubles moteurs hors-bord vibrait jusque dans la moelle de mes os, une pulsation mécanique qui singeait le rythme affolé de mon propre cœur. Plus la silhouette massive et rassurante du Vésuve s’estompait dans la brume matinale, plus l’habitacle du bateau se chargeait d’une électricité lourde, saturée d'iode et de fureur pure, presque irrespirable.Vincenzo pilotait avec une férocité contenue, le corps ancré face aux vagues, ses muscles puissants tendus sous la soie noire de sa chemise. Ses doigts étaient si sauvagement crispés sur le cuir du volant que ses phalanges en devenaient blanches, prêtes à rompre. Ses yeux noirs, habituellement si prompts à me dévorer la peau, resta

  • Aime-Moi (Tome 3)   Chapitre 34

    CoraLes draps de satin noir sous mon dos nu avaient la fraîcheur trompeuse des eaux calmes avant la tempête. Allongée en travers du matelas, les bras déployés, je laissais la fraîcheur nocturne de la dépendance mordre ma peau encore tiède. La pénombre de la chambre n'était découpée que par les reflets orangés des lampadaires du parc qui traversaient les jalousies de bois. Un calme de façade. Un calme de sursis.Mes yeux fixaient le plafond mouluré, mais mon esprit, lui, était resté bloqué sur la grisaille clinique de Zurich.Je revoyais Ava. Je revoyais le moment exact où elle était sortie de la Banque Privée. Ce n’était plus la Reine de Naples qui avait franchi ces portes de bronze, mais un spectre. Ses lèvres étaient si exsangues qu’elles semblaient presque bleues sous la lumière crue de la Suisse ; ses mains, habituellement si fermes lorsqu'elle maniait le pinceau ou tenait tête à Vin

  • Aime-Moi (Tome 3)   Chapitre 33

    VincenzoL’odeur de la terre humide, des orchidées sauvages et de l’essence de térébenthine planait sous la verrière comme un linceul de verre. C’était un parfum de serre et de décomposition lente, un parfum qui étouffait la fraîcheur marine pour imposer son propre climat : celui des secrets qu'on enterre et des obsessions qui germent dans l'ombre.Depuis qu’elle était revenue de Zurich, Ava n’était plus tout à fait là. Son corps arpentait les couloirs de marbre du manoir, sa silhouette gracile frôlait mes meubles de bois sombre, mais son esprit, lui, semblait être resté de l’autre côté des Alpes, prisonnier d'une tempête dont elle refusait de me livrer les éclairs. Elle s’était murée dans un silence lourd, presque minéral, ne m'offrant que des bribes de phrases arrachées à sa gorge et des regards fuyants qui glissaient sur ma peau sans jamais s'y ancrer. Elle passait le plus clair de ses journées recluse dans le jardin d’hiver, ce sanctuaire de verre et de fer forgé où elle laissait

  • Aime-Moi (Tome 3)   Chapitre 32

    AvaLa confidence avait eu le goût métallique des orages d’été. Lorsque Vincenzo était rentré au manoir ce jour-là, l’air saturé de l’odeur de tabac froid, de cuir et de cette fureur électrique qui le précédait toujours comme un avertissement de mort, il n'avait rien caché. Installé au bord de notre lit de brocart sombre, la cravate défaite, les phalanges encore blanchies par la tension de ses poings fermés, il m’avait jeté la vérité brute au visage. Les menaces d’Alessandro, l’ultimatum abject exigeant mon retour chez mes grands-parents en échange de la paix de l’empire De Luca. Tout.J’étais restée immobile, surprise qu'il choisisse pour une fois la transparence plutôt que le silence protecteur dont il aimait murer mes journées. Mon mari, ce prince des bas-fonds qui régnait par l’omerta, m’avait ouvert les portes de sa fureur sans fard. Mais si sa franchise me bouleversait, la proposition de mon grand-père, elle, ne m’étonnait pas. C’était la signature exacte d’Alessandro. Une cruau

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