LOGINLe lendemain, Kaylee était debout à sept heures comme le lui avait demandé Amelia. Elle était dans la cuisine, à prendre son petit déjeuner avec les autres personnes s’occupant de la maison. Son père était là, également, il discutait avec le jardinier, lui donnant les conseils qu’il lui avait demandés. Elle et son père avaient été bien accueillis la veille, à l’heure du dîner du personnel. Et la matinée commençait bien, le soleil était déjà haut dans le ciel, rayonnant.
— Ce matin, je me charge de la chambre de monsieur et madame. Tu t’occuperas de celle de monsieur Hunter, avait exposé Anita à Kaylee. À deux, nous aurons très vite fini les chambres.
Amelia lui avait bien expliqué que les chambres devaient être nettoyées durant le petit déjeuner, sauf en cas de demande contraire des maîtres des lieux.
— D’accord.
— Je ne sais pas si Amelia te l’a dit, mais je ne suis pas là à temps complet, juste trois jours par semaine. Le reste du temps, je travaille en tant que femme de ménage dans des entreprises, ça me permet de changer d’environnement.
— Donc tu ne dors pas ici ?
— Non. Certains jours, tu auras plus de travail à faire, car je ne serai pas là.
— Merci de me prévenir.
— Avec plaisir.
— Anita, Kaylee, allez-y. Passez par la porte de derrière.
Anita s’était levée, Kaylee avait suivi ses gestes. Elle avait jeté un regard vers son père qui lui avait souri. Elle le lui avait rendu.
— Pourquoi devons-nous passer par cette porte ? avait demandé Kaylee en quittant la cuisine par une porte différente de celle par laquelle elle était entrée.
— Ce couloir mène directement à l’étage, ça nous évite de passer par la salle à manger et de déranger monsieur et madame qui doivent déjeuner. Monsieur Hunter aussi doit être à table.
Elle avait hoché la tête et elles avaient emprunté un escalier. Rapidement, elles étaient arrivées à l’étage.
— Ici est rangé tout le nécessaire pour le ménage, avait expliqué Anita en ouvrant une porte. Tu prends ce dont tu as besoin et une fois le ménage terminé, tu le remets à sa place.
Amelia le lui avait montré la veille, mais elle n’en fit pas la remarque. Chacune avec un chariot de ménage, elles s’étaient encouragées et s’étaient séparées pour commencer à nettoyer ; elles avaient une heure, pas une minute de plus.
Au rez-de-chaussée, Hunter s’était demandé si Kaylee s’occupait de sa chambre ou de celle de ses parents.
— Hunter, as-tu un examen aujourd’hui ? lui avait demandé sa mère.
— Non. Les examens ne commencent que dans quelques jours.
— Que comptes-tu faire aujourd’hui ?
— Noah, Brandon et Mike vont venir à la maison. Nous allons réviser.
— Très bien. Ton père et moi allons nous rendre à la société. Bientôt, tu devras faire de même.
— Je le sais, maman.
Elle lui avait adressé un grand sourire.
— Et comment se porte Chely ? Je l’aime beaucoup, cela se voit qu’elle vient d’une bonne famille, elle est très bien éduquée. Quand comptes-tu l’inviter à dîner ?
— L’inviter ? Pour quelle raison ?
— Hunter, avait ri Madame Stone, nous ne sommes pas idiots. C’est bien ta petite amie, n’est-ce pas ?
— Pas du tout. C’est simplement une amie que j’ai invitée la dernière fois, car nous avions un exposé à faire – le professeur nous avait imposé les binômes.
— Oh, je croyais qu’elle était plus que cela.
— Ce n’est pas plus mal, avait exprimé Monsieur Stone en remuant son café. Il vaut mieux que tu te concentres sur tes examens puis sur ton entrée dans la société. Tu es notre unique héritier, tu ne peux te focaliser sur autre chose.
— Tu exagères, Byron, avait soupiré Gwendolyn. Une petite amie, si elle est bien éduquée, ne fera qu’encourager notre fils à devenir un homme respectable à la tête d’une aussi grande société que celle des Stone.
— Il n’y a pas à en discuter puisqu’il n’a pas de petite amie.
— Il n’a pas dit qu’il n’en avait pas, mais que Chely ne l’était pas. À son âge, il pourrait avoir une petite amie, Byron.
— Pour mettre fin à ce débat : as-tu une petite amie, Hunter ? avait demandé son père en le fixant.
Sa mère lui avait adressé un sourire. La seule personne qui apparaissait dans son esprit à la suite de la question de son père était Kaylee, mais elle ne l’était pas.
— Non, je n’en ai pas, avait-il répondu.
— Sujet clos, avait déclaré Byron. D’ailleurs, Hunter, je suis fier que tu aies été aussi droit et sérieux dans tes études : je suis impatient que tu rejoignes la société, mon fils.
Elle avait posé son regard sur lui, il en avait été tout troublé. — Je travaille, monsieur Hunter. — Appelle-moi Hunter. Il ne cessait de le lui répéter.— Amelia me l’a interdit. Lâchez-moi, s’il vous plaît, j’ai énormément de travail. Je dois ensuite étendre le linge. — Et après ton travail, tu acceptes de sortir ? — Après le linge, je devrais nettoyer la buanderie. Hunter avait grimacé ; il n’avait pas fait entrer Kaylee dans sa maison pour cette raison, mais pour la voir tous les jours. D’ailleurs, il adorait la regarder dès qu’il le pouvait. — Et après ? Elle avait récupéré son bras et continué ses corvées. — Je déjeunerai dans la cuisine avec les autres employés de la maison. Hunter avait soupiré. — Dis-moi ce que je dois faire pour que tu acceptes de sortir déjeuner avec moi à treize heures. Elle lui avait lancé un regard. — Rien, je n’accepterai pas.Et sur ses mots, elle s’était éloignée avec les assiettes à la main. Hunter était resté sans voix, il pensait qu’e
Hunter lui avait souri. L’idée de rejoindre la société familiale ne le dérangeait pas, il avait toujours su que ce serait son avenir. C’était d’ailleurs pour cette raison qu’il avait rejoint un lycée privé professionnel qui le formait à des matières spécifiques. Tout à coup, il avait regardé la montre de luxe à son poignet. — Excusez-moi, je dois monter. — Tu n’as pas fini ton petit déjeuner, avait fait remarquer Madame Stone. Il avait réfléchi pour trouver rapidement une excuse. Cela avait été le cas. — Je reviens, Noah me demande quels cours nous allons réviser, je dois regarder le planning que j’ai fait pour lui donner une réponse. — Si bien organisé, avait souri Byron. Monte et reviens vite terminer ton assiette. Tu dois bien manger pour pouvoir réviser dans de bonnes conditions. Sans se faire prier, il était monté à l’étage avec une seule idée en tête : pouvoir parler seul à seule avec Kaylee, dans l’espoir que ce soit elle qui s’occupait de sa chambre. Lorsqu’il avait ou
Le lendemain, Kaylee était debout à sept heures comme le lui avait demandé Amelia. Elle était dans la cuisine, à prendre son petit déjeuner avec les autres personnes s’occupant de la maison. Son père était là, également, il discutait avec le jardinier, lui donnant les conseils qu’il lui avait demandés. Elle et son père avaient été bien accueillis la veille, à l’heure du dîner du personnel. Et la matinée commençait bien, le soleil était déjà haut dans le ciel, rayonnant. — Ce matin, je me charge de la chambre de monsieur et madame. Tu t’occuperas de celle de monsieur Hunter, avait exposé Anita à Kaylee. À deux, nous aurons très vite fini les chambres.Amelia lui avait bien expliqué que les chambres devaient être nettoyées durant le petit déjeuner, sauf en cas de demande contraire des maîtres des lieux. — D’accord. — Je ne sais pas si Amelia te l’a dit, mais je ne suis pas là à temps complet, juste trois jours par semaine. Le reste du temps, je travaille en tant que femme de ménage d
— Nous sommes arrivés, lui avait fait savoir Hunter. Il avait fait exprès de prendre le chemin le plus long, mais il avait bien dû la conduire à destination, surtout si elle cherchait du travail. — Je te remercie, avait-elle dit en détachant sa ceinture. Bonne journée à tous. Elle les avait regardés tous les trois avant d’ouvrir la portière. — On pourrait se revoir ? l’avait questionnée Hunter, qui réfléchissait depuis un moment à comment le lui demander. — Il ne vaut mieux pas, je tiens à ma vie. Et… Je ne suis pas comme vous. — Comment ça, tu n’es pas comme nous ? Serais-tu d’un autre monde ? Kaylee avait affiché un petit sourire qui avait plu à Hunter avant de redevenir sérieuse. — Je travaille, je ne sors pas en Porsche pour aller m’amuser à une fête. — Et alors ? Elle avait secoué la tête en disant :— Ce sont des jeunes comme vous que je sers toute la journée. Hunter n’avait pas réagi. Kaylee était descendue et après un dernier remerciement, elle avait fermé la port
quelqu’un qui lui proposait de l’aide, plutôt que de rapidement mettre fin à la conversation. Elle avait réfléchi, ignorant si elle avait finalement bien réagi ou non. Cet homme ne semblait pas dangereux, il s’était même résolu à la laisser. Alors que Hunter pivotait, Kaylee avait pris une profonde inspiration.— Je vais à Upper East Side. Hunter s’était tourné vers elle, un sourire aux lèvres qu’il tentait de réprimer. Intérieurement, il avait espéré qu’elle le retiendrait. — C’est dans notre direction. Tu n’es plus réticente ? — Je ne connais pas vraiment le chemin… Mais si vous me faites quelque chose, je hurlerai si fort que toute la police de New York débarquera sur-le-champ. — Nous ne te ferons rien. Je te l’ai dit, nous allions à une fête. — D’accord…— Après toi ? avait proposé Hunter d’un geste de la main. Kaylee avait fait quelques pas et s’était retrouvée à ses côtés. — Comment se fait-il que tu ne saches pas comment te rendre à Upper East Side ? avait demandé Hunt
Kaylee était une jeune femme innocente et ignorante. Elle n’avait connu que les terres de sa petite ville, travaillant pour subvenir à ses besoins et à ceux de son père âgé. L’amour ? Elle n’y connaissait rien ; ni les plaisirs de ce sentiment ni les méandres dans lesquels on pouvait tomber. Kaylee était une jeune femme innocente et ignorante. Qu’il l’ait fait volontairement ou non, elle serait brisée. Chapitre 1 New York, mai.Kaylee se souvient de la première fois où elle s’était retrouvée devant l’immense propriété des Stone. Elle venait d’arriver à New York. Elle et son père avaient quitté Détroit dans le Michigan, afin de trouver du travail. Leurs anciens employeurs avaient fait faillite, alors ils avaient opté pour la ville qui ne dormait jamais, espérant y avoir un avenir meilleur. Avec leurs faibles économies, ils avaient pris une chambre dans un hôtel miteux. Chaque jour, Kaylee regardait les annonces d’emplois. Elle faisait des repérages dans la ville, se présentait au







