ANMELDEN
Kaylee était une jeune femme innocente et ignorante. Elle n’avait connu que les terres de sa petite ville, travaillant pour subvenir à ses besoins et à ceux de son père âgé.
L’amour ? Elle n’y connaissait rien ; ni les plaisirs de ce sentiment ni les méandres dans lesquels on pouvait tomber.
Kaylee était une jeune femme innocente et ignorante.
Qu’il l’ait fait volontairement ou non, elle serait brisée.
Chapitre 1
New York, mai.
Kaylee se souvient de la première fois où elle s’était retrouvée devant l’immense propriété des Stone. Elle venait d’arriver à New York. Elle et son père avaient quitté Détroit dans le Michigan, afin de trouver du travail. Leurs anciens employeurs avaient fait faillite, alors ils avaient opté pour la ville qui ne dormait jamais, espérant y avoir un avenir meilleur.
Avec leurs faibles économies, ils avaient pris une chambre dans un hôtel miteux. Chaque jour, Kaylee regardait les annonces d’emplois. Elle faisait des repérages dans la ville, se présentait aux portes des grandes maisons pour tenter de rapidement trouver une place en tant que domestique à temps plein, comme elle l’avait été dans le Michigan. Malheureusement, elle ne décrochait rien.
En puis, il y avait eu ce jour. Cela faisait une semaine qu’elle et son père étaient à New York. Kaylee était sortie comme chaque matin et par chance – ou non –, une voiture l’avait presque renversée. Un jeune homme en était descendu, l’air inquiet, et lui avait demandé si tout allait bien. Elle l’avait trouvé extrêmement beau.
— Tu devrais faire attention quand tu traverses, avait-il ajouté après qu’elle avait secoué la tête. Le feu était orange pour nous.
À cette phrase, elle l’avait également trouvé gentil, sa voix était chaleureuse. Il la mettait réellement en garde, il ne la réprimandait pas.
— C’est ma faute, excusez-moi…, avait-elle répondu, désolée.
Elle avait remarqué que ce jeune homme était distingué en raison de sa manière de parler et de la qualité des habits qu’il portait : une chemise blanche, un short bleu foncé et des mocassins. La voiture de laquelle il était descendu laissait également penser qu’il venait d’une famille aisée : une Porsche.
— Tu peux me tutoyer. Où allais-tu aussi pressée ? Pour nous faire pardonner, tu aimerais que l’on te conduise quelque part ?
Kaylee l’avait soudainement regardé avec méfiance puis avait penché la tête pour analyser l’intérieur de la voiture ; deux autres jeunes hommes étaient dans l’habitacle : l’un était au volant, l’autre à l’arrière.
— Hey ! Tout va bien, Hunter !? avait crié le premier en se hissant, la tête sortant par l’ouverture de la vitre.
— Ça va, j’arrive ! avait-il répondu avant de reporter son regard sur Kaylee. Alors ?
— Je te remercie, mais je vais marcher.
Hunter s’était mis à rire, en passant délicatement sa main droite dans ses cheveux blonds, fins et brillants, mi-longs.
— Ne sois pas si méfiante, on ne te fera rien. Nous allions à une petite fête chez des amis. Nous te déposerons en chemin.
— Je préfère marcher, avait répondu Kaylee en se détournant de lui.
Elle avait regardé le panneau des feux et avait traversé.
Hunter était resté quelques secondes sans réaction avant de s’élancer vers elle, déjà sur le trottoir d’en face.
— Écoute, je veux simplement…
Kaylee s’était tournée vers lui.
— Tu vas me suivre encore longtemps ? Je ne monterai pas dans une voiture avec trois hommes ! Qui sait ce que vous me ferez…
Hunter avait éclaté de rire.
— Tu es jolie, c’est vrai, mais nous ne ferons rien de déplacé.
Kaylee avait senti ses joues s’embraser en entendant le début de sa phrase : son compliment. Mais elle s’était rapidement ressaisie.
— Ça, c’est ce que tu dis ! Un homme ayant de mauvaises pensées ne les dira certainement pas à une potentielle victime.
Il avait hoché la tête.
— Tu as raison. Mais je n’ai pas de mauvaises pensées, je me disais que… (Il avait fait une pause, réfléchissant à pourquoi il insistait pour l’aider alors qu’elle ne le souhaitait pas, puis avait ajouté :) Laisse tomber. Si tu ne veux pas monter avec nous, c’est d’accord.
— Non, je ne veux pas.
Hunter l’avait observée quelques secondes avant d’afficher un petit sourire. Il la trouvait vraiment belle et ses insinuations le faisaient rire. Il aurait aimé rester plus longtemps en sa compagnie, mais insister aurait été étrange. Il s’était donc résigné.
— Bon, alors salut. Et fais attention aux feux rouges.
— Merci.
Kaylee était un peu dépassée. Depuis son arrivée à New York, c’était la première fois qu’elle parlait avec
Deux ans plus tard, New York.— Papa… Si tu pouvais être là. Charlotte grandit si vite…, murmure Kaylee en regardant par la baie vitrée du salon, une tasse de thé à la main. Tu me manques tellement. Tu aurais été heureux de me voir avec lui. Tu vois, les histoires entre un héritier et une domestique peuvent parfois aboutir.— Maman ! Maman !Charlotte déboule dans le salon, une poussette à la main. À l’intérieur, sa poupée est soigneusement allongée. Kaylee pivote et sourit.— Charlotte.Elle avance, mais sa poussette se coince à cause du tapis blanc à poil long. Elle penche la tête et regarde ce dernier. Elle se met à pleurer et force pour avancer.Cela fait deux ans qu’ils vivent tous les trois à New York, dans cette maison avec pisci
Elle lui sourit, puis devient sérieuse. Elle aimerait lui poser une question.— Comment vont Dwayne et Ariana ? J’imagine qu’ils m’en veulent énormément ?— Disons que tout ça les a fait réfléchir. Ariana a grandi. Hier, nous sommes sortis tous les deux pour nous rendre au restaurant. Elle était mal à l’aise au début, à cause des regards, mais elle a su surmonter ses peurs. C’est grâce à toi.— Oh, je n’ai rien fait.Ils discutent encore un moment, puis Kaylee reçoit un appel de Hunter qui l’invite au restaurant, le soir même.En ouvrant la porte du bureau, Kaylee tombe nez à nez avec Ariana qui s’apprêtait à toquer.— Ariana ? Bonjour…, hésite à dire Kaylee.— Bonjour, Kaylee. Je t’a
Kaylee la récupère et se dirige vers la chambre pour la coucher dans son berceau. Penchée au-dessus d’elle, elle la contemple en réfléchissant. Elle ne veut pas quitter Isaac, elle l’adore tel un père. Mais elle comprend aussi que Hunter ait sa vie à New York. Elle songe même à céder, mais elle ne peut pas se montrer ingrate envers Isaac…— Que faire, trésor ? murmure-t-elle, avant de lâcher un soupir.Elle se souvient qu’elle avait quitté Détroit dans le Michigan pour vivre à New York, une ville qu’elle a beaucoup aimée, mais qui l’a brisée. Elle ignore ce qu’elle doit faire.— Mon ange.Dans l’embrasure de la porte, Hunter la regarde depuis quelques minutes. Il s’avance et l’enveloppe de ses bras avant de déposer un baiser sur sa tempe.&n
Gwendolyn sent son cœur se serrer en entendant ces mots.— Je te l’interdis ! Jamais, nous ne serons liés à cette pauvresse et à son vieux père !— N’insultez pas mon père, s’il vous plaît, lance Kaylee. Il n’est plus vivant, respectez-le.Elle ne répond pas, Byron s’excuse à nouveau au nom de sa femme.— Allez-vous vous excuser à chaque insulte prononcée par votre femme ? demande Kaylee. Vous savez, je ne souhaite pas vous manquer de respect, vous êtes les parents de Hunter, mais j’ai besoin de vous dire ce que j’ai sur le cœur : des excuses ne changeront pas le passé ni le mal qui a été fait. Par votre faute, Gwendolyn, dit Kaylee en déviant son regard sur elle, ma fille a été éloignée de son père durant des mois. J’ai
À l’extérieur, Hunter parvient à mettre en place le siège auto.— Que t’a dit Isaac ? demande Kaylee, une fois attachée.— Il m’a ordonné de prendre soin de sa fille et de sa petite-fille au risque de mourir.Kaylee éclate de rire.— Je l’aime énormément.— Il t’aime aussi beaucoup. Mais pas plus que je peux t’aimer. Je suis heureux que vous puissiez enfin passer des journées entières avec moi. Je serai l’homme le plus chanceux du monde.Kaylee sourit en jetant un regard à l’arrière ; Charlotte est calme.— Sur le chemin, j’ai eu l’idée de louer un appartement en attendant que nous emménagions dans une maison. Nous serons plus à l’aise, ce sera plus intime. Qu’en dis-tu ?&mdash
Ariana, toujours devant l’ascenseur, se met à pleurer.— Dwayne, je sais que tu as mal, mais qu’as-tu fait pour cette femme ? Dis-moi.— Je lui ai dit que je l’aimais, papa, que je serais prêt à tout pour elle.— Et quel est ce prêt à tout ? Qu’as-tu fait mis à part continuer à passer ta vie au bureau ? Rien. Tout comme ta sœur, qui insinue que parce que Kaylee savait qu’elle aimait Hunter, elle lui devait quelque chose. Aimer est simple, mes enfants, dit Isaac qui sait que sa fille les entend. Le démontrer, se battre pour lui, c’est là toute la difficulté de l’amour. Dwayne, cet homme n’est pas parfait, pourtant, en découvrant la vérité, il a confronté sa mère pour Kaylee. La personne qui lui a donné la vie, pour une femme. Ariana, Kaylee s’est battue avec sa







