LOGINElle avait posé son regard sur lui, il en avait été tout troublé.
— Je travaille, monsieur Hunter.
— Appelle-moi Hunter.
Il ne cessait de le lui répéter.
— Amelia me l’a interdit. Lâchez-moi, s’il vous plaît, j’ai énormément de travail. Je dois ensuite étendre le linge.
— Et après ton travail, tu acceptes de sortir ?
— Après le linge, je devrais nettoyer la buanderie.
Hunter avait grimacé ; il n’avait pas fait entrer Kaylee dans sa maison pour cette raison, mais pour la voir tous les jours. D’ailleurs, il adorait la regarder dès qu’il le pouvait.
— Et après ?
Elle avait récupéré son bras et continué ses corvées.
— Je déjeunerai dans la cuisine avec les autres employés de la maison.
Hunter avait soupiré.
— Dis-moi ce que je dois faire pour que tu acceptes de sortir déjeuner avec moi à treize heures.
Elle lui avait lancé un regard.
— Rien, je n’accepterai pas.
Et sur ses mots, elle s’était éloignée avec les assiettes à la main.
Hunter était resté sans voix, il pensait qu’elle aurait accepté, qu’elle aussi éprouvait des sentiments ; il avait remarqué que Kaylee devenait rougissante en sa présence. S’était-il trompé ?
Lorsque Kaylee était revenue, il n’avait pas bougé.
— Vous n’avez pas des choses à faire, monsieur Hunter ? avait-elle demandé.
— Merde ! avait-il grincé en regardant sa montre. Dis-moi d’abord que tu acceptes. Je viendrai te chercher à ta pause déjeuner.
Elle l’avait regardé.
— Que diraient vos parents en nous voyant ensemble ?
— Tu n’auras qu’à sortir par-derrière, je t’attendrai devant la propriété avec ma voiture. Et je te raccompagnerai.
— Je… Je ne peux pas, avait-elle dit en continuant de débarrasser.
En vérité, Kaylee mourait d’envie d’accepter son invitation. Depuis leur rencontre, elle n’était pas insensible à l’héritier des Stone. Il la faisait sourire, il était toujours très gentil avec elle, mais Amelia n’avait de cesse de l’avertir de rester éloignée de lui, lui rappelant qu’il était l’héritier de la maison et elle, une domestique.
Elle comprenait très bien où elle voulait en venir et elle savait qu’Amelia avait raison. Pourtant, dès qu’elle le voyait, c’était extrêmement compliqué de suivre ces instructions. Encore plus lorsque c’était l’héritier lui-même qui venait vers elle…
— Pourquoi pas ? Je t’invite.
— Je ne peux pas, je suis une domestique et vous, vous êtes l’un des patrons de la maison. S’il vous plaît, n’insistez pas.
Hunter le savait, mais ce qu’il éprouvait à l'égard de Kaylee lui faisait refuser cette réalité. Pour lui, elle était uniquement une jeune femme qui le troublait et l’attirait.
— Je suis juste moi, et je t’invite. Je vais insister et qu’importe, si j’arrive en retard à l’université. Même si ça sera problématique, car j’ai un examen très important, avait-il dit en la regardant.
Elle l’avait fixé à son tour. Il avait décidé d’en rajouter pour la faire davantage réagir, pour qu’elle accepte.
— Si je le rate, mes parents vont me renier. Et puis, j’ai tellement révisé pour cet examen… (Il avait marqué une pause pour ajouter :) Mais ta réponse est plus importante que tout.
À cette phrase, Kaylee avait oublié les paroles d’Amelia. Ce qu’elle avait ressenti soudainement avait été plus fort que la raison : Hunter venait clairement de lui dire qu’elle passait avant le reste et cela l’avait troublée et lui avait plu énormément. Comment pouvait-elle résister ? Elle qui n’avait jamais connu un tel sentiment, une telle déclaration.
— Je… Je viendrai, mais allez à votre examen, avait-elle dit.
— Tu me le promets ?
— Oui. Je serai là.
Il s’était penché vers elle, avait posé ses lèvres non loin des siennes, attrapé un pain au chocolat sur la table, croqué dedans et s’était éloigné, tout en souriant.
Kaylee était restée sans voix, sans réaction un long moment. Il venait presque de l’embrasser… Anita était venue la sortir de ses pensées, elles avaient encore beaucoup à faire. Aux alentours de midi, alors que Kaylee terminait ses corvées, elle s’était rendue dans sa chambre pour se changer. Malheureusement, elle avait croisé Amelia dans le couloir et avait dû se rendre avec elle en cuisine. À l’extérieur, Hunter attendait Kaylee, surveillant l’heure sur son téléphone : il était presque treize heures. Lorsque l’heure du rendez-vous avait sonné, il s'était dit qu’elle s’était moquée de lui. Il avait pensé que… Il avait soupiré, désenchanté, et était entré dans la propriété pour se garer. En pénétrant dans la maison, il s’était rendu directement à la cuisine. — Amelia ? Celle-ci déjeunait. Il avait balayé la pièce du regard, Kaylee n’était pas là. — Hunter ? Que fais-tu ici à cette heure ? Tu n’es pas avec tes amis ? As-tu déjà déjeuné ou veux-tu que je te prépare quelque chose ? avait-elle demandé en se levant. — J’ai mangé, je suis rentré pour me reposer. C’était un mensonge. — Alors monte, j’imagine que tu es fatigué à cause de ton examen. — Hum. Ma chambre a déjà été nettoyée par Kaylee ? Amelia avait froncé les sourcils. — Pourquoi cette question ? — Pour rien, je ne voudrais pas être dérangé, et comme c’est elle qui nettoie ma chambre maintenant… Tu comprends ? avait-il demandé, afin de voir s’il n’avait pas éveillé ses soupçons. — Ne t’en fais pas, elle l’a déjà nettoyée. Voyant qu’Amelia ne se doutait de rien, il avait encore demandé : — D’accord, et… personne ne nettoie l’étage ? Je ne veux pas qu’on me réveille en faisant du bruit. — Depuis quand es-tu devenu aussi exigeant ? Il devait trouver une excuse. Ce fut rapide. — Je suis très fatigué, ce matin j’ai eu un examen plutôt difficile. — Je comprends. Ne t’inquiète pas, l’étage est silencieux. Je demanderai à ce que personne ne te dérange. Hunter lui avait lancé un sourire forcé avant de quitter la cuisine, déçu de ne pas avoir eu la réponse à ses questions : où était Kaylee ? Pourquoi lui avait-elle posé un lapin ? Il avait décidé de chercher dans toute la maison et après une dizaine de minutes, il l’avait découverte dans la buanderie en train de repasser des vêtements. — Et notre rendez-vous ? Kaylee avait sursauté et tourné la tête. — Monsieur Hunter ? — Appelle-moi simplement Hunter. Tu n’étais pas censée me retrouver à l’extérieur ? Elle avait reporté son regard sur la table à repasser. — Amelia avait besoin de moi, excusez-moi. Hunter s’était approché et placé derrière elle. — Tutoie-moi. — Je vous dois le respect. Il s’était appuyé contre la machine à laver et avait soupiré bruyamment. — Si j’avais su que ce travail mettrait autant de distance entre nous, je ne te l’aurais pas proposé. Kaylee avait posé le fer à repasser et tourné son regard pour le poser sur Hunter. — J’en avais besoin et je vous en remercie. — J’imagine que tu dis vrai. As-tu déjà déjeuné ? — Oui, pourquoi ? — Parce que je t’attendais et que je n’ai rien mangé. — Je… Je suis vraiment désolée, monsieur Hun… — Répète « monsieur Hunter » et je me fâche. Kaylee avait ouvert de grands yeux, surprise. — Quand nous sommes seuls, tutoie-moi. Je ne le répéterai pas. Elle n’avait pas répondu. Ce n’était pas comme si cette idée ne lui plaisait pas, loin de là, mais elle devait respecter les règles, au risque de perdre son travail. — J’ai faim. Moi qui pensais déjeuner avec toi dans un restaurant… — Je pense que ceKaylee la récupère et se dirige vers la chambre pour la coucher dans son berceau. Penchée au-dessus d’elle, elle la contemple en réfléchissant. Elle ne veut pas quitter Isaac, elle l’adore tel un père. Mais elle comprend aussi que Hunter ait sa vie à New York. Elle songe même à céder, mais elle ne peut pas se montrer ingrate envers Isaac…— Que faire, trésor ? murmure-t-elle, avant de lâcher un soupir.Elle se souvient qu’elle avait quitté Détroit dans le Michigan pour vivre à New York, une ville qu’elle a beaucoup aimée, mais qui l’a brisée. Elle ignore ce qu’elle doit faire.— Mon ange.Dans l’embrasure de la porte, Hunter la regarde depuis quelques minutes. Il s’avance et l’enveloppe de ses bras avant de déposer un baiser sur sa tempe.&n
Gwendolyn sent son cœur se serrer en entendant ces mots.— Je te l’interdis ! Jamais, nous ne serons liés à cette pauvresse et à son vieux père !— N’insultez pas mon père, s’il vous plaît, lance Kaylee. Il n’est plus vivant, respectez-le.Elle ne répond pas, Byron s’excuse à nouveau au nom de sa femme.— Allez-vous vous excuser à chaque insulte prononcée par votre femme ? demande Kaylee. Vous savez, je ne souhaite pas vous manquer de respect, vous êtes les parents de Hunter, mais j’ai besoin de vous dire ce que j’ai sur le cœur : des excuses ne changeront pas le passé ni le mal qui a été fait. Par votre faute, Gwendolyn, dit Kaylee en déviant son regard sur elle, ma fille a été éloignée de son père durant des mois. J’ai
À l’extérieur, Hunter parvient à mettre en place le siège auto.— Que t’a dit Isaac ? demande Kaylee, une fois attachée.— Il m’a ordonné de prendre soin de sa fille et de sa petite-fille au risque de mourir.Kaylee éclate de rire.— Je l’aime énormément.— Il t’aime aussi beaucoup. Mais pas plus que je peux t’aimer. Je suis heureux que vous puissiez enfin passer des journées entières avec moi. Je serai l’homme le plus chanceux du monde.Kaylee sourit en jetant un regard à l’arrière ; Charlotte est calme.— Sur le chemin, j’ai eu l’idée de louer un appartement en attendant que nous emménagions dans une maison. Nous serons plus à l’aise, ce sera plus intime. Qu’en dis-tu ?&mdash
Ariana, toujours devant l’ascenseur, se met à pleurer.— Dwayne, je sais que tu as mal, mais qu’as-tu fait pour cette femme ? Dis-moi.— Je lui ai dit que je l’aimais, papa, que je serais prêt à tout pour elle.— Et quel est ce prêt à tout ? Qu’as-tu fait mis à part continuer à passer ta vie au bureau ? Rien. Tout comme ta sœur, qui insinue que parce que Kaylee savait qu’elle aimait Hunter, elle lui devait quelque chose. Aimer est simple, mes enfants, dit Isaac qui sait que sa fille les entend. Le démontrer, se battre pour lui, c’est là toute la difficulté de l’amour. Dwayne, cet homme n’est pas parfait, pourtant, en découvrant la vérité, il a confronté sa mère pour Kaylee. La personne qui lui a donné la vie, pour une femme. Ariana, Kaylee s’est battue avec sa
À l’heure du dîner, Kaylee se sent stressée en se rendant dans la salle à manger. Isaac l’a comprise, mais comment réagiront Ariana et Dwayne ?Charlotte est à l’étage, elle dort dans son berceau.— Tout va bien ? demande Ariana à Kaylee qui est tendue.Elle lance un regard à Isaac qui secoue la tête pour lui indiquer qu’elle doit leur dire la vérité.— Y a-t-il un problème ? l’interroge à son tour Dwayne.— Je… Je dois vous parler.— Est-ce grave ? la questionne Ariana.— C’est quelque chose d'important…— Dis-nous, tu m’inquiètes. Charlotte va bien ?Elle prend une profonde inspiration.— Charlotte…— Qu’a-t-elle ?— Kaylee ? prononce Dwayne.
Charlotte s’est réveillée, elle est dans les bras de sa mère, sur le point de partir.— Kaylee, je devrais t’accompagner. Nous devrions parler à monsieur Fowler.— Non, je veux le faire seule.— Quand ? Je ne supporte plus que Dwayne t’approche et qu'il te voie comme une possibilité. Tu es à moi, Kay. Tu es ma future femme. D’ailleurs…Il disparaît dans l’une des chambres de la suite et réapparaît un écrin à la main.Il s’agenouille devant elle qui tient leur fille et prononce les fameux mots en ouvrant la petite boîte :— Veux-tu devenir ma femme ?— Hunter ? Qu… Tu…Elle en perd les mots, stupéfaite. Ils en avaient rêvé, ils en parlaient, mais jamais il ne lui avait fait sa demande de manière of







