MasukSofia Valente
Je me redresse, encore secouée par l’incongruité de la situation. Mes poings se serrent, mon souffle s’accélère.
— Où… où sommes-nous vraiment ? demandai-je, la voix tremblante mais tranchante. Je veux des réponses !
L’homme que j’ai giflé se lève lentement, sans un geste brusque, mais chaque mouvement pèse comme un défi silencieux. Son sourire cruel me glace le sang.
— Nous sommes dans mon jet, pour les États-Unis, Sofia, dit-il calmement. Tout est déjà en route.
Le monde vacille autour de moi. Je recule instinctivement, mes mains tremblantes.
— Quoi ?! hurle-je, la panique me traversant d’un coup. C’est impossible ! Tu ne peux pas…
Je tente de me lever pour frapper, pour lui faire face, pour reprendre le contrôle, mais une douleur soudaine éclate à l’arrière de ma tête. Mes jambes flanchent, et je retombe lourdement sur le lit, un cri m’échappant malgré moi.
— Espèce de… enfoiré ! lâche-je entre colère et frustration, les dents serrées. Je… je vais te faire payer !
Il rit, un son bas, amusé, presque hypnotique.
— Sofia… calme-toi. Tu as intérêt à oublier ta vie passée. Chaque relation, chaque liberté… tout cela n’existe plus. Maintenant… tu es à moi.
Je serre les poings sur le drap, mon esprit tourbillonne de révolte et d’horreur. Comment peut-il dire cela avec tant de certitude, comme si mes pensées, mes souvenirs et mes choix étaient désormais sous son contrôle ?
— À toi ?! hurle-je, les yeux brûlants de rage. Tu n’as aucun droit ! Espèce de connard ! Je ne suis pas à toi !
Il s’avance lentement, chaque pas mesuré, son regard perçant le mien. La pièce semble se rétrécir autour de nous, chaque mouvement de sa part accentuant ma vulnérabilité.
— Oh, Sofia… tu vas comprendre que résister n’a aucune valeur. La gifle… ton audace… tout cela n’a été qu’un début. Et toi… tu vas apprendre, lentement, que chaque geste, chaque souffle, chaque pensée sera observé… et dirigé.
Mon corps tressaille sous la tension, la colère et la peur s’entremêlant. Je veux hurler, me débattre, fuir… mais je sens déjà le piège invisible qui m’enserre. Tout ce que j’ai connu, tout ce que j’ai construit, est suspendu dans l’attente de sa volonté.
Je me redresse à nouveau, malgré la douleur, et le défie du regard.
— Jamais… je ne serai à toi, crie-je. Même si tu crois contrôler chaque détail, je résisterai. Espèce de salaud !
Il sourit, un sourire froid et calculateur, satisfait de ma rébellion.
— Oh, Sofia… c’est exactement ce que je veux entendre. La résistance, la colère, l’indépendance… tout cela m’excite, tout cela me fascine. Mais tu apprendras bientôt… que je définis les règles. Et chaque erreur, chaque défi, chaque mouvement… a un prix.
Je sens mon cœur battre à tout rompre. La peur et la rage se mêlent à une frustration brûlante. Chaque mot qu’il prononce, chaque sourire, chaque pause calculée… tout me pousse à bout.
— Espèce de connard ! craché-je entre mes dents. Tu crois pouvoir me briser ? Je te vomis, espèce de sale enfoiré !
Il incline la tête, un sourire cruel aux lèvres, comme s’il lisait mes pensées et savourait mon indignation.
— Oh, Sofia… c’est exactement ça. Ta colère, ta fierté, ta révolte… chaque insulte, chaque défi… me nourrit. Mais souviens-toi, petite insolente : chaque mot que tu prononces, chaque mouvement que tu fais… appartient déjà à quelqu’un d’autre.
Le silence retombe dans le jet. Le ronron discret des moteurs accompagne cette tension électrique. Je sens que chaque seconde qui passe me rapproche d’un monde où je n’ai plus aucune maîtrise, et pourtant je refuse de céder. Ma rage devient un feu silencieux, un défi que je lui lance sans relâche.
Et lui… il savoure chaque instant, chaque frisson de peur, chaque regard brûlant de défi. Il m’observe, calculant, orchestrant. Je sais que cette chasse ne fait que commencer, et qu’aucune de mes stratégies ne pourra échapper à son contrôle.
— Tu peux aller te faire foutre , murmurai-je, à mi-voix, à moi-même. Je ne céderai pas. Jamais.
Il incline la tête, un sourire cruel aux lèvres, comme s’il entendait mes pensées.
— Alors sois prête, Sofia. Parce que maintenant… chaque souffle que tu prends, chaque mouvement, chaque pensée, m’appartient. Et moi… je ne perds jamais.
SofiaIl a raison. Mon corps, ce traître, répond à chacune de ses attaques. Une chaleur liquide et coupable inonde mon ventre. Mes hanches se soulèvent d’elles-mêmes, cherchant le contact du sien. La honte et le désir forment un nœud brûlant dans ma gorge.Il me pousse sur le dos. Il ne prend pas son temps. Il n’y a plus de lenteur exploratoire, plus de tendresse révérante. Il y a l’urgence d’une prophétie qui s’accomplit. Il écarte mes cuisses avec ses genoux, ses yeux ne quittant pas les miens. Dans son regard, je lis l’amour, oui, mais un amour qui ressemble à de la haine, un amour qui brûlerait le monde pour garder sa flamme.Quand il entre en moi, c’est avec une poussée qui me fait crier, un mélange de déchirement et de plénitude absolue. Il ne bouge pas tout de suite. Il reste enfoui en moi, à la limite de la douleur, son visage tendu, une veine battant à sa tempe.— Je t’aime, halète-t-il, chaque mot un coup de boutoir contre mon âme.— Et je t’aimerai comme ça. Toujours. Jusqu
SofiaLes jours qui suivent la conflagration sont comme une échappée d’air dans un monde pressurisé. Nous vivons suspendus, hors du temps, dans la bulle de verre et de marbre de sa villa. Il y a des silences, mais ils ne sont plus lourds. Ils sont habités. Habités par le souvenir des nuits passées, par l’écho des gémissements étouffés dans l’oreiller, par l’empreinte de ses mains sur ma peau qui devient une cartographie familière.Mais je ne suis pas naïve. Je sais que cette trêve est une illusion. Un mensonge que nous nous racontons à coups de caresses et de baisers profonds. L’écho de ses paroles « Sei mia. Ma rovina. » résonne encore dans le creux de mon être, plus profond que son corps n’a jamais pénétré.Ce matin-là, le soleil est particulièrement cruel. Il inonde la chambre, traçant des lignes de feu sur les draps en soie froissés, mettant en lumière chaque cicatrice sur son dos, chaque marque d’amour-violence sur mes hanches. Je suis déjà réveillée, allongée sur le côté, à le r
SofiaQuand il entre en moi, c’est d’une poussée unique, profonde, qui me remplit à la perfection. Nous restons ainsi un instant, figés, haletants, ajustés l’un à l’autre comme deux pièces d’un puzzle maudit. Puis il commence à bouger.Le rythme est différent. Plus animal, plus direct. Chaque poussée m’atteint au plus profond, frappant un point de plaisir si intense que des larmes me montent aux yeux. Ses mains quittent mes seins pour se poser sur mes épaules, m’ancrant à lui, tandis que son souffle brûlant s’échappe contre mon cou.— Dimmi che sei mia.Il grogne à mon oreille, chaque mot accentué par une poussée plus profonde.Je ne peux pas parler. Mon monde s’est réduit à la sensation de son corps contre le mien, en moi. Je secoue la tête, les cheveux collés à mon visage par la sueur.— Dimmelo !Il insiste, sa voix une corde rauque tendue à l’extrême.La tension en moi monte, une spirale implacable.— Je… je suis…La phrase se brise dans un cri alors qu’il frappe en moi avec une p
SofiaLe sommeil est profond, mais bref. Je m’éveille quelques heures plus tard dans l’obscurité persistante de la chambre, le corps encore imprégné de sa chaleur, de son odeur , un mélange de savon âpre, de sueur masculine et de cette essence unique qui n’appartient qu’à lui. Ses bras m’enlaçent toujours, une chaîne de chair et de muscle à laquelle je ne cherche pas à me soustraire. Au contraire, je me blottis plus profondément contre son torse, sentant l’écho d’un plaisir endolori dans mon bas-ventre, une douce meurtrissure témoin de ce qui s’est passé.Il ne dort pas. Je le perçois au changement presque imperceptible de sa respiration, à la façon dont ses doigts, qui reposent sur mon ventre, s’animent d’un léger mouvement circulaire.— Tu ne dors pas ?Je murmure, la voix enrouée par le sommeil et… autre chose.— Je te regarde dormir.Il répond, la voix basse et grave dans l’obscurité.— Je n’arrive pas à fermer les yeux. J’ai peur que tout cela ne soit qu’un rêve.Je me tourne dan
SofiaSes baisers deviennent plus insistants, plus profonds. Sa langue trouve la mienne, et c'est une découverte mutuelle, lente, torride. Mes mains, qui étaient restées sagement sur mes genoux, se lèvent d'elles-mêmes. Elles se posent sur ses épaules, sentant la tension du muscle sous le lin, puis remontent pour s'enfoncer dans l'épaisseur de ses cheveux noirs. Il frémit sous mon toucher, et cette réaction , ce grand homme de fer qui tremble sous mes doigts , achève de me consumer.Il se redresse alors, et dans un mouvement fluide, il me soulève du canapé. Je m'enroule autour de lui, mes jambes ceignant ses hanches, mon visage enfoui dans le creux de son cou. Je respire sa peau, je goûte le sel léger à la base de sa gorge. Ses bras me portent comme si je n'étais que brindille, mais son étreinte est infiniment protectrice.La traversée de la villa jusqu'à la chambre est un voyage dans une bulle de désir. Les murs blancs, les œuvres d'art, les grandes baies vitrées sur la nuit ne sont
SofiaLes jours qui suivent notre trêve verbale tissent une nouvelle réalité, fragile comme la soie d’une araignée. L'espace qu'il m'offre n'est pas un vide, mais un territoire à explorer, peuplé de regards nouveaux, de silences différents. Je marche sur la plage, et son empreinte parallèle à la mienne se rapproche imperceptiblement chaque matin. Un jour, je m'arrête, je regarde l'horizon, et je sens son regard sur mon profil. Je ne me retourne pas, mais je ne bouge plus. C'est une invitation silencieuse.Il vient se tenir à mes côtés, sans un mot. Nous regardons la mer avaler le sable, reculer, revenir. Son épaule frôle la mienne. La chaleur de son corps, même à travers le lin léger, est un aimant, une brûlure douce. Je ferme les yeux, respirant l'air salin, et au lieu de la peur, c'est une tension électrique qui monte en moi, un courant qui coule de ce point de contact jusqu'au plus profond de mon ventre.— Le sable est encore froid, murmure-t-il enfin, sa voix plus grave que le gro
SofiaL’impasse dure une semaine. Une semaine de silences pesants, de regards qui se croisent et se fuient dans les couloirs, de repas pris séparément. Une semaine où la porte de ma chambre reste effectivement ouverte, et où je teste ses limites en errant dans les jardins, sous l’œil constant et di
SofiaLe jour gris s’est écoulé, heure par heure lente, dans un silence de plomb. Gina est venue, repartie. Le plateau de nourriture, intact, a été remporté. Je suis restée assise au pied de la fenêtre, à regarder la lumière pâlir, à attendre je ne sais quoi. Une évidence. Une épiphanie. Elle n’est
SofiaLe rugissement des flammes s’éloigne, remplacé par le bourdonnement sourd du moteur et le crissement des pneus sur l’asphalte humide. La chaleur du bras de Léonardo autour de mes épaules est une chose. La froideur qui s’est installée au fond de moi en est une autre, plus réelle, plus persista
LéonardoUn silence. Puis, de l’autre côté, si faible :— Léonardo ?Son nom sur ses lèvres, même peureux, même incrédule, c’est comme une dose d’adrénaline pure dans les veines. C’est la vie qui revient.— Ouvre, mon amour. Tout va bien. Je suis là.Un déclic métallique. Le bruit lourd d’un verrou







