登入— Entre, dit-il, et son ton coupe net toute hésitation.
Je prends une inspiration et obéis. Le hall est immense, noir et brillant, comme un tombeau de richesse. Des lustres en cristal projettent des reflets sur le marbre, et des œuvres d’art que je n’oserais même pas toucher décorent les murs. Tout ici respire le contrôle et le pouvoir.
— Où suis-je…?
Vittorio s’avance, et à chaque pas, son aura m’enveloppe. Les hommes derrière nous se déplacent silencieusement, ajustant leur position, comme s’ils étaient une extension de lui.
— Tu te demande pourquoi tu n’es jamais venu ici alors que tu a été marié à mon fils pendant tant d’année, n’est-ce pas ? demande-t-il, sa voix glaciale mais parfaitement articulée.
Je secoue la tête.
— Euh.... Matteo… il m’a toujours parlé de vous avec fierté, mais vous êtes… absent. Toujours.
Il incline légèrement la tête, évaluant mes mots.
— Il est mon fils, mais je n’ai jamais été là pour lui. Et maintenant, il est temps que tu comprennes… ce que signifie être proche de moi. Seules les personnes qui me sont entièrement dévouées peuvent accéder à cet endroit et Matteo n’en fait pas parti. Comprends-tu ?
Mon cœur se serre. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui puisse, en quelques mots, me faire sentir à la fois si petite et si exposée.
— Comprendre quoi ? demandé-je, la voix tremblante.
Il s’arrête à quelques pas de moi. Son regard me transperce, et je sens que tout mon être est sous son jugement.
— Comprendre que tu es mienne, Elena.
Un frisson me traverse.
Je déglutis et essaie de détourner les yeux, mais je n’y arrive pas. Ses yeux capturent les miens, m’obligeant à le regarder.
— Et si je refuse ? murmurai-je presque pour moi-même.
— On ne refuse rien à Vittorio De Santis, Elena. Mais ne te méprends pas… ce n’est pas un ordre pour te briser. C’est pour te guider. Pour te montrer à qui tu appartiens.
Je sens mes jambes trembler légèrement. Mon Dieu… je suis réellement entrée dans son monde…
Il se rapproche encore, lentement. Mon souffle se coupe.
— Je veux que tu comprennes une chose, continue-t-il. Ton esprit, ton corps… tout ce que tu es désormais… m’appartient. Et tu apprendras à apprécier ce que cela signifie.
Je détourne le regard vers le sol, incapable de parler. Mon esprit tourne à toute vitesse, essayant de tout analyser, tout comprendre. Mais une partie de moi… une partie interdite… brûle d’excitation.
— Mais… mais pourquoi moi ? je réussis à murmurer.
— Parce que tu es forte, répond-il simplement. Tu as toujours été capable de te tenir droite malgré tout ce que la vie t’a imposé. Et… le pouvoir… mérite une propriétaire qui peut le comprendre.
Je ne comprends rien de son charabia.
— Viens, dit-il enfin, en tournant lentement les talons. Je te montre ta place.
Je le suis, incapable de détacher mes yeux de lui. Chaque pas dans ce palais me semble irréel. Tout est gigantesque, chaque détail calculé pour imposer respect et admiration.
— Ici, tu apprendras ce que signifie le pouvoir, dit-il calmement. Ici, chaque regard, chaque geste, chaque décision… sera sous ton contrôle ou sous mon contrôle. Et très vite, tu comprendras que ces deux mondes… ne font qu’un.
Je me sens perdu et effrayée. Ce matin, j’étais marié à un homme soi-disant riche et tendre qui s’avère être un faux cul et maintenant ... le père qui ... dit me... posséder.
— Et maintenant, Elena… tu commences à apprendre à m’appartenir.
Nous avançons dans un bureau privé du palais. La pièce est immense, mais sombre, presque austère.
Vittorio me fait asseoir derrière un large bureau. Sur celui-ci, plusieurs dossiers en cuir noir sont posés. Chacun d’eux semble peser une tonne, et pourtant, il les manipule avec une aisance froide et parfaite.
— Voici ton divorce avec Matteo, dit-il, avec sa voix glaciale.
Mon cœur rate un battement. Je le regarde, confuse.
— Mais… je… murmurai-je.
— Il ne sera plus un obstacle, Elena. Tout est préparé. Tout ce que tu as à faire, c’est de signer.
Je fixe le papier. Les mots sont simples, clairs… mais ils portent un poids que je n’avais jamais imaginé. Divorce… la fin d’une vie…
Sans réfléchir, je prends le stylo.
— Je… je signe, dis-je, la main ferme malgré le tremblement de mes doigts.
Il me tend le stylo. Je signe. Instantanément, une sensation étrange me traverse : liberté, mais aussi… perte. La fin de sept ans d’illusions. Matteo n’est plus mon mari. Et pourtant, je sens que je ne quitte pas la cage… je la change simplement.
— Bien, dit-il, satisfait. Passons à l’essentiel.
Il ouvre un second dossier, plus épais, plus intimidant encore.
— Ceci est un contrat de mariage, Elena.
Je fronce les sourcils.
— Mais… je viens de divorcer, murmurai-je.
Il incline légèrement la tête, un sourire presque imperceptible au coin des lèvres.
— C’est exactement pour cela. Tu n’es plus mariée à mon fils, mais tu vas entrer dans une union plus… solide. Une union où tes règles, tes désirs… tout ce que tu es, doit se plier aux miennes. En échange, je t’offre protection, guidance, et ce que tu n’as jamais eu : sécurité et pouvoir.
Je sens mes mains devenir moites. Mon esprit tente de résister, mais mes yeux restent fixés sur lui. Chaque mot qu’il prononce est un ordre déguisé en proposition, et je le sais.
— Protection… pouvoir… murmurai-je, presque pour moi-même.
— Exactement, dit-il calmement. Et si tu signes… tu t’engages pleinement à moi. Corps, esprit, intellect… et au-delà.
Je prends le stylo. Mon cœur bat si fort que j’ai l’impression qu’il va sortir de ma poitrine. Mais je signe.
— Très bien, dit-il, refermant le dossier avec un claquement sec. Tu viens de prendre une décision qui change tout.
Il s’approche.
— Maintenant, Elena, il est temps que tu comprennes ce que signifie réellement m’appartenir. Pas par peur. Mais par choix. Et tu verras… ceux qui choisissent de m’obéir… trouvent un pouvoir qu’ils n’auraient jamais imaginé.
Je frissonne, incapable de détourner le regard.
— Et Matteo… ? murmurai-je, à mi-voix.
— Matteo n’existe plus dans ce jeu, dit-il simplement. Ce qui compte désormais… c’est toi et moi. Et ce que nous allons construire ensemble.
Je me rends compte alors que je suis entrée dans un monde où mes choix sont limités, mais où mon esprit et mon corps sont stimulés d’une manière que je n’avais jamais connue.
Il me regarde, satisfait, et j’entends dans sa voix cette certitude :
— Bienvenue, Elena. Tu es mienne. Maintenant, tout commence ici.
Je restai longtemps immobile après le départ de Vittorio.La porte venait de se refermer derrière lui mais j’avais encore l’impression que sa présence occupait entièrement la pièce. Mon cœur refusait toujours de ralentir correctement et ma peau brûlait encore à l’endroit où il avait retenu mon poignet.“Je refuse de devenir un homme qui profite d’une femme brisée.”Pourquoi cette phrase me bouleversait-elle autant ?Je laissai échapper un souffle fatigué avant de passer une main dans mes cheveux.Tout était devenu incompréhensible.Quelques semaines plus tôt encore, ma vie semblait parfaitement tracée. J’avais un mari. Un avenir. Une place dans le monde. Matteo et moi formions ce couple que tout le monde admirait.Et maintenant… je me retrouvais dans la forteresse d’un Don de la mafia italienne après avoir presque embrassé son père.Mon Dieu.Je fermai les yeux quelques secondes avant de me diriger lentement vers les immenses fenêtres du salon. Les montagnes italiennes disparaissaient
Je restai immobile près du canapé tandis que Sofia quittait discrètement la pièce derrière les hommes. Dès que la porte se referma, le silence devint encore plus oppressant.Vittorio me regardait toujours. Ce regard me troublait bien plus que je ne voulais l’admettre.Comme s’il réfléchissait déjà à plusieurs coups d’avance pendant que moi, j’essayais encore de comprendre ce qui était en train de se passer.— Qui sont exactement les Russo ? demandai-je finalement.— Une famille qui oublie parfois sa place.La simplicité de sa réponse me fit presque frissonner.— Ils ont attaqué un de vos ports…— Oui.— Et plusieurs hommes sont morts.— Oui.Il répondait avec un calme dérangeant.Comme si la violence faisait partie de son quotidien au point de ne plus provoquer la moindre émotion chez lui.Je le fixai quelques secondes avant d’oser poser la question qui me brûlait les lèvres.— Et maintenant ?Cette fois, un léger silence passa.Puis Vittorio leva enfin les yeux vers moi.— Maintenant
La voiture roulait depuis longtemps déjà lorsque j’ai aperçu les premières lumières au loin.Je regardais silencieusement le paysage défiler derrière la vitre teintée sans réussir à calmer le chaos dans ma tête. La ville avait disparu depuis plus d’une heure et les routes traversaient désormais des collines sombres où seuls les phares du convoi semblaient encore exister.Personne ne parlait.Les hommes installés à l’avant restaient parfaitement silencieux tandis que deux autres véhicules noirs nous suivaient à distance régulière. Tout respirait l’organisation, la discipline, le contrôle absolu.Et cela ne faisait qu’accentuer cette sensation oppressante qui grandissait en moi depuis plusieurs jours.Je n’étais plus dans mon monde.Depuis le soir où j’avais accepté l’offre de Vittorio De Santis, tout semblait irréel, comme si j’avançais dans une existence qui appartenait à quelqu’un d’autre.À côté de moi, Vittorio parcourait calmement plusieurs documents qu’un homme lui avait transmis
Je restai immobile plusieurs secondes après son départ.Le bruit des entraînements avait repris autour de moi, les coups, les respirations lourdes, les ordres brefs échangés entre les hommes… mais tout me semblait soudain étouffé, lointain parce que mon esprit était encore bloqué sur ses derniers mots.“Le jour où je te toucherai, tu ne devras plus penser à un autre homme quand tu fermeras les yeux.”Je déglutis difficilement.Pourquoi est-ce que cette phrase me bouleversait autant ?Je devrais le détester.Tout chez Vittorio aurait dû me faire peur. Son pouvoir. Son contrôle. Cette violence silencieuse qui semblait exister partout autour de lui.Et pourtant…Quand il s’était approché de moi, mon corps avait réagi avant même que ma tête puisse réfléchir.Cette idée seule suffisait à me mettre en colère contre moi-même.— Madame ?Je sursautai légèrement avant de tourner la tête.Bianca venait d’entrer dans la salle.— Monsieur De Santis m’a demandé de vous raccompagner.Évidemment !!!
Vittorio resta quelques secondes devant moi sans détourner le regard. Sa présence suffisait à écraser tout l’espace autour de lui. Même les hommes derrière lui semblaient attendre silencieusement le moindre de ses mouvements.Puis il recula légèrement.— Mange.Je clignai des yeux, surprise par le changement brutal de sujet.— Pardon ?— Tu n’as presque rien avalé depuis hier.Je baissai instinctivement les yeux vers la table. Des assiettes impeccablement dressées occupaient toute la longueur du marbre noir. Fruits frais, viennoiseries, café, plats chauds… assez pour nourrir une dizaine de personnes.Et pourtant, il mangeait presque rien.Je pris finalement la tasse devant moi.— Vous contrôlez toujours tout comme ça ?Il s’assit de nouveau avec ce calme insupportable qui semblait ne jamais le quitter.— Oui.— Ça doit être épuisant.— Non.Je laissai échapper un léger soupir.— Vous avez réponse à tout, c’est incroyable.— Tu apprendras rapidement que dans mon monde, hésiter peut coû
Je n’ai presque pas dormi de la nuit.Même après être retournée dans ma chambre, même après avoir verrouillé la porte derrière moi et être restée de longues minutes sous l’eau brûlante de la douche, les images continuaient de tourner dans ma tête sans me laisser le moindre répit.Cette immense salle blanche et or.Et surtout… Vittorio.Je revoyais encore ses yeux lorsqu’il m’avait aperçue sur le seuil de la porte. Cette colère glaciale qui avait traversé son regard ne ressemblait pas à de la honte. Ce n’était pas non plus de la gêne. C’était pire. Une colère froide, parfaitement maîtrisée, le genre de colère qui ne s’exprime pas par des cris mais par des décisions dangereuses.Je me retournais encore dans le lit lorsque je finis par abandonner définitivement l’idée de dormir. Une faible lumière traversait déjà les immenses rideaux de soie de la chambre, annonçant l’arrivée du matin.Je me redressai lentement.Ma tête me faisait mal. Mon ventre aussi.Chaque partie de mon corps semblai
La porte s’ouvre. Pendant une fraction de seconde, je ne comprends pas ce que je vois. Mon regard glisse sur les draps froissés, sur des silhouettes emmêlées, sur une peau que je reconnais… puis tout devient brutalement clair.L’air quitte mes poumons.Matteo.Mon mari.Son dos se fige. Son corps s
Bip. Bip. Bip.Je grogne et enfouis mon visage dans l’oreiller.— Tais-toi…Bip. Bip. Bip.Ma main tâtonne à l’aveugle sur la table de nuit. Je rate le réveil une première fois, puis une deuxième.— J’arrive… marmonné-je.Je finis par appuyer dessus. Le silence retombe. Enfin. Je reste immobile que
Tout s’embrouille dans ma tête.Épouse-moi.Je ferme les yeux brusquement.— Non…Le mot m’échappe à voix basse, presque comme une prière.C’est absurde. Complètement absurde.Je passe une main sur mon visage, essayant de me ramener à quelque chose de concret, de rationnel.— Ce n’est pas une solut
Quand je rouvre les yeux, tout est silencieux.Le plafond blanc au-dessus de moi me semble étranger. Il me faut quelques secondes pour comprendre où je suis. L’odeur antiseptique, la lumière trop nette, le léger bourdonnement d’un appareil quelque part dans la pièce… tout me revient d’un coup.L’hô







