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**01 :**
« Je ne l'ai pas fait, Mira ! », a-t-il hurlé en frappant contre les barreaux de la cellule. « Tu dois me croire ! »
J'ai envisagé de lui dire d'arrêter de gaspiller son énergie ; il en aurait bien besoin lorsque les médicaments que je lui avais donnés commenceraient à faire effet.
Le gardien lui a lancé un regard d'avertissement avant de retourner vers les autres quartiers.
« Mira », a-t-il gémis, « tu es tout ce qu'il me reste, s'il te plaît… » Sa voix a commencé à dérailler. « Je sais que nous avions beaucoup de problèmes avec Esmeralda, mais je ne tuerais jamais ma femme. »
« Je sais », ai-je murmuré doucement, « mais tu vas mourir de toute façon. »
Ses yeux se sont agrandis comme des soucoupes. « Mi…ra », a-t-il bégayé, « c'est toi qui as tué Es…meralda— »
« Pas Mira », l'ai-je corrigé. « Emerald. »
Il a coupé sa respiration, reculant en trébuchant. « Non, Emerald est morte… »
Un sourire narquois a étiré mes lèvres. « Alors vois ceci comme ma résurrection, Christopher. »
Ses lèvres tremblaient, ses mains agrippaient sa poitrine. « Non… non… non !!! »
Le gardien s'est précipité à côté de moi, matraque à la main, alors que je sortais d'un pas nonchalant de la cour de la prison.
Je n'ai jamais voulu que ça se termine ainsi. En y repensant, je n'aurais jamais imaginé avoir un jour une raison de haïr Christopher. Notre mariage était un paradis… jusqu'à ce que le serpent ne s'y infiltre en rampant.
…
**RETOUR EN ARRIÈRE**
Des bruits de gémissements ont empli mes oreilles alors que je me tenais près du bureau de mon mari. Par l'entrebâillement de la porte, je pouvais le voir se caresser tout en fixant son téléphone.
Mon cœur a fait une série de pirouettes, mais je me suis forcée au calme. C'était peut-être de la pornographie — j'ai entendu dire que les hommes aiment faire preuve de créativité —, mais une autre pensée est venue contrer celle-ci.
Chris ne m'avait pas touchée depuis trois ans — peu importe à quel point j'avais insisté —, et pourtant il était là, à se toucher lui-même.
Les gémissements de Chris sont devenus plus forts mesure qu'il se caressait plus rapidement. « Allez bébé, montre-moi ces fesses », a-t-il gémi.
Ma tête s'est mise à tourner à toute vitesse, mon déjeuner menaçant de remonter.
À qui parlait-il ? Était-ce un chat en direct ?
Non, je me suis empêchée de penser qu'il pouvait s'agir de vidéos générées par IA.
Je l'ai regardé se traîner vers la salle de bain avant de m'introduire furtivement dans la pièce. M'approchant directement du téléphone posé sur la table, j'ai essayé notre mot de passe.
Mes sourcils se sont froncés lorsque le téléphone a vibré, indiquant un mauvais mot de passe ; Chris et moi partagions le même mot de passe depuis notre mariage. Je n'avais jamais changé le mien, j'imagine que ce n'était pas son cas.
La porte de la salle de bain s'est ouverte rapidement avant que je ne puisse reposer le téléphone.
« Qu'est-ce que tu foutais avec mon téléphone ? », a tonné Chris, le regard étincelant de colère.
J'ai senti une boule au fond de ma gorge — Chris n'avait jamais élevé la voix contre moi, jamais. Ce n'était peut-être pas le bon moment pour lui poser la question.
« Je t'ai posé une question ! »
J'ai avalé ma salive, forçant ce qui me bloquait la gorge à sortir. « Ton téléphone a sonné », ai-je demi-murmuré, « alors j'ai pensé te le donner. »
Son regard m'a balayée avec suspicion. « Donne-moi ce téléphone et ne y touche plus jamais. »
J'ai hoché la tête, le lui tendant avant de sortir.
Traitez-moi de lâche ou comme vous voulez, mais je connais mon mari. Il devait être tendu et avait besoin de se calmer. Après tout, Chris et moi étions mariés depuis 10 ans, il ne m'avait jamais trompée et ne le ferait jamais… du moins, c'est ce que je pensais.
……
Mon cœur s'est emballé lorsque mon regard s'est posé sur la lingerie rouge étalée sur la table du bureau de Chris.
Je me suis avancée vers le sous-vêtement rouge froissé pour l'observer de plus près. S'il était neuf, il aurait une étiquette, un prix ou quelque chose du genre.
J'ai plaqué mes mains sur ma bouche, tremblant de tout mon corps ; il n'y avait pas d'étiquette, seulement une trace d'une substance blanche et collante, du sperme probablement, au niveau de l'entrejambe.
Avait-il eu un rapport ici ou l'avait-il rapportée de chez elle ? L'image de Chris et d'une autre femme baisant sur la table en sous-vêtements rouges pendant que j'étais occupée à apprendre des recettes pour l'impressionner m'a traversé l'esprit.
Je me suis forcée à respirer. Il y avait peut-être une explication à tout cela. Chris avait été un mari fidèle toutes ces années, je ne devais pas douter de lui sans lui donner une chance de s'expliquer.
C'était au même endroit que je l'avais surpris en train de se toucher.
Le son strident de l'alarme incendie a redonné de la force à mes membres et je me suis précipitée vers la cuisine.
J'avais préparé un gâteau pour fêter son anniversaire avant de venir chercher du papier aluminium dans son bureau, n'en trouvant nulle part ailleurs.
J'ai ouvert le four d'une main tremblante, soupirant à la vue du gâteau — il m'avait fallu trois heures pour le faire — en espérant qu'il soit encore commestible.
J'ai aperçu mon reflet sur la vitre du micro-ondes, cherchant ce que Chris voyait désormais en moi.
Mes cheveux foncés pendaient librement, descendant presque plus bas que ma taille, mes yeux verts me fixant en retour.
N'étais-je plus aussi attrayante qu'avant ? Étais-je devenue ennuyeuse au lit ?
Je ne pouvais pas totalement me blâmer là-dessus : Chris était toujours trop fatigué pour se coucher avec moi, même quand j'essayais de faire des avances.
Que peut faire d'autre une pauvre femme ? Le traîner et forcer son sexe à entrer en moi ?
J'ai poussé un long soupir alors que le bruit de son klaxon dans le garage atteignait mes oreilles. Quoi qu'il en soit, j'obtiendrais des réponses aujourd'hui.
Il a ouvert la porte, le visage plissé par une grimace. « Qu'est-ce que tu es encore en train de faire brûler, bordel ? »
J'ai grincé des dents à son ton de voix, qui devenait de plus en plus fort chaque jour.
Peut-être devrais-je encore laisser passer.
« Un gâteau », ai-je murmuré, « pour ton anniversaire. »
Au lieu d'y voir de l'amour, ses yeux se sont remplis de haine. « Tu appelles ce poison un gâteau ? »
Mes mains ont agrippé les côtés de mon tablier. Venait-il de qualifier ma cuisine de poison ?
Il y a quelques années à peine, il me suppliait de cuisiner en disant que j'étais la meilleure.
« Est-ce que tu m'écoutes seulement ? », a-t-il aboyé, me tirant de mes pensées.
« Hein ? »
Il m'a regardée comme on regarderait une créature insignifiante. « J'ai dit : ramasse mes affaires. »
J'ai hoché la tête, allant ramasser son manteau qu'il avait jeté par terre avec sa mallette.
Pas de surprise ici, je ramasse toujours derrière lui. C'est mon mari.
Au lieu de les déposer dans notre chambre commune, je suis allée directement dans le bureau, les jetant sur le lit et attrapant la lingerie rouge entre mon pouce et mon auriculaire.
Elle parlerait d'elle-même.
Je l'ai jetée sur la table, attendant qu'il la remarque. Il l'a remarquée, levant lentement les yeux vers les miens.
« Qu'est-ce que ça veut dire ? », a-t-il foudroyé du regard, s'arrêtant de boutonner sa chemise.
J'ai haussé les épaules. « Dis-le-moi, toi. Je l'ai trouvée dans ton bureau. »
« Tu es entrée dans mon bureau sans ma permission ? Pourquoi ? »
« Là n'est pas la question, Chris », ai-je presque crié, me surprenant moi-même. « J'ai vu ça sur la table de ton bureau et je sais que ce n'est pas ma taille, alors j'exige des réponses. »
Il a lâché un rire laid, s'endossant contre sa chaise. « Alors c'est ça ? Tu es jalouse pour un morceau de sous-vêtement ? »
« À qui est-ce ? »
« Clairement pas à toi. »
« Quoi ? »
« Tu ne peux manifestement pas rentrer dedans, Emerald. »
J'ai senti mes genoux fléchir sous moi. Je n'avais peut-être pas bien entendu.
« Est-ce que… tu me trompes ? », ai-je bégayé, espérant que ce ne soit pas ce que je pensais.
Il m'a fixée droit dans les yeux. « Oui. »
Mon cœur a fait un bond dans ma poitrine, menaçant d'en sortir.
« Pourquoi ? Qu'est-ce que je t'ai fait Chris ? Je t'ai tout don— »
« Oh s'il te plaît, je n'ai pas le temps pour ça », a-t-il tranché. « Je t'ai donné des indices pour te faire comprendre que je ne voulais plus de toi, mais tu es manifestement trop naïve pour le voir ou le comprendre. »
Mes jambes ont fini par céder, me faisant m'effondrer sur le sol. Trop naïve ? Est-ce ainsi que mon mari me voyait ?
La femme naïve qui cuisine, lave et nettoie derrière lui, sans aucune vie propre ?
« Je veux dire, regarde-toi », a-t-il poursuivi. « Tout ce que tu sais faire, c'est cuisiner ton poison et grossir de jour en jour. »
« Non Chris, on peut arranger ça. Je vais faire du sport, je vais travailler sur moi-même, s'il te plaît », ai-je supplié, ravalant mon orgueil.
J'ai aimé Chris toute ma vie, bordel, je l'aime aujourd'hui plus que jamais. Il ne peut pas me quitter.
« Ça ne sert à rien d'essayer », a-t-il persiflé. « Tu me dégoutes, Emerald. »
J'ai essayé de le supplier à nouveau, mais ma bouche était si sèche que c'était comme si j'avais hurlé pendant des heures.
Mon mariage de 10 ans venait de s'effondrer et je ne pouvais rien faire pour le sauver.
Mon regard s'est tourné vers la table à manger, la lingerie n'y était plus. Il avait dû la prendre en sortant.
Je l'ai imaginé en train de la renifler pendant qu'il restait dans son bureau. J'avais vraiment dû être stupide pour trouver des excuses à son indifférence au quotidien.
Ou peut-être étais-je tout simplement profondément amoureuse de lui.
J'ai rampé vers la table, me forçant à avaler le gâteau à demi brûlé, en savourant le goût de vanille cramée jusqu'à ce qu'il atteigne le fond de ma gorge et me fasse vomir.
Mes mains tremblantes ont réussi à atteindre la trousse à pharmacie. J'ai jeté 6 comprimés d'ibuprofène dans ma bouche et je me suis allongée sur le sol.
Sans même prendre la peine de nettoyer le désordre que j'avais fait par terre.
Je veux mourir.
Chapitre 22Cueillir des fleurs n'était pas mon truc, en fait rien de romantique n'était vraiment mon truc, mais je devais le faire pour Stella.J'hésitai entre les lys et les roses, je ne voulais pas que ça ressemble à un enterrement. Je voulais juste être gentille et ajouter un peu de couleur à la pièce.La vendeuse de la boutique n'était pas là et son assistante était une jeune fille bien plus intéressée par la lecture de ses messages sur son téléphone que par le service des clients.Je pourrais voler un bouquet de fleurs et elle ne remarquerait rien.J'ajustai le poids du sac fourre-tout — dans lequel je transportais un repas fait maison pour Stella — sur mon autre épaule.De là où je me trouvais, je pouvais voir le studio d'Ethan, bien que la dernière chose que je voulais était de le croiser à nouveau.Mes yeux parcoururent les pissenlits mais ils paraissaient trop vifs, j'envisageais de tous les mélanger quand une main ferme m'attrapa les épaules.Je me retournai pour voir le vi
Chapitre 21« Peux-tu m'apporter un verre de jus depuis le frigo ? », demanda Esmeralda tout en faisant défiler son téléphone, les jambes croisées sur le tabouret.Elle n'était même pas encore à deux semaines de grossesse et elle me donnait déjà des ordres.Vivre avec elle était devenu un enfer pour moi, chaque phrase qu'elle prononçait s'accompagnait d'un « maintenant que je suis enceinte » ou d'un « en tant que femme enceinte ».Oh, s'il te plaît, tais-toi. Tout le monde dans cette maudite maison sait que tu es enceinte.Avais-je vraiment besoin de supporter toutes ces bêtises pour obtenir ma vengeance ? Trancher la veine sous sa mâchoire semblait une meilleure façon de sortir de ce dilemme, mais cela me renverrait en prison.Je serrai les dents et me traînai jusqu'à la cuisine pour aller chercher le jus, espérant qu'elle s'étoufferait avec.« Merci », sourit-elle, prenant délicatement le verre de mes mains.Elle le recracha immédiatement après y avoir goûté, « qu'est-ce que c'est ?
20« Ça ne marche pas », siffla Esmeralda en faisant irruption dans ma chambre.Je ne pouvais vraiment pas supporter ses bêtises ce matin-là, surtout pas après avoir vu Stella dans cet état la veille.« Bonjour Esmeralda », levai-je les yeux au ciel, « en quoi puis-je t'aider aujourd'hui ? ».Tant pis pour les politesses ce matin-là, Esmeralda n'en méritait aucune.Elle se laissa tomber sur mon lit, ignorant mon sarcasme, « je devrais déjà être enceinte à ce stade ».« Je pense que tu devrais être patiente, une grossesse ça prend du temps- »« J'essaie d'être patiente mais Chris reste plutôt sobre à propos de toute cette histoire de disparition de Stella, il continue à dire qu'elle est innocente et qu'elle ne ferait jamais une chose pareille. J'ai besoin de quelque chose pour le distraire, pour qu'il me donne toute son attention ».Est-ce pour ça que tu m'as réveillée si tôt, idiote.Je la regardai avec dédain tandis qu'elle continuait de radoter sur son besoin de « l'attention et de
Chapitre 19Chris était assis, plongé dans ses pensées dans le hall, les mains sur son menton. Je connaissais bien ce regard sur son visage. C'était le regard qu'il avait toujours quand il était en plein deuil.Il devait avoir entendu parler de l'histoire de Stella.Je le fixai un moment avec dégoût, je pourrais peut-être profiter de son humeur sobre pour lui soutirer des informations sur Stella.« Salut », dis-je en m'asseyant à côté de lui sur le sol pavé, « quoi de neuf ? ».Il soupira longuement et profondément, m'ignorant.« J'ai entendu parler de l'histoire de Stella, je suis vraiment désolée, c'est une fille tellement gentille, quand on pense qu'elle aurait volé ton patron- »« Elle n'a rien volé ! », lança-t-il, les yeux lançant des éclairs.Je fus surprise par la vivacité de sa réponse pour la défendre, y avait-il vraiment quelque chose entre eux.« Je suis désolé de t'avoir crié dessus, j'ai été stressé aujourd'hui ».« Pas besoin de t'excuser, je suppose que vous étiez plut
18Je faisais les cent pas nerveusement dans le couloir de l'hôpital en attendant que le médecin sorte de la chambre, le vent soufflait, faisant bruisser les feuilles des arbres tandis que la nuit approchait rapidement.Je me frottai la peau, essayant de trouver un peu de chaleur animale tandis que le froid s'infiltrait par la haie brisée de la fenêtre. Je ne pouvais pas me plaindre de l'état de l'hôpital, c'était le mieux que je pouvais faire pour essayer de sauver la vie de Stella.L'amener dans l'hôpital le plus éloigné et le moins cher réduisait les soupçons, tant du côté d'Esmeralda que de la police, étant donné que j'avais dit vouloir l'enterrer, Stella pourrait témoigner contre moi.Joignant mes mains, je priai pour qu'elle soit au moins encore en vie, peu m'importait ce qui s'était passé entre elle et Chris, cette pauvre femme ne méritait pas de mourir.La porte grinça douloureusement tandis que le médecin sortait de la chambre où Stella avait été admise. Son visage était cris
« Chapitre 17 »J'entourai mes bras autour de moi pour me réchauffer tandis que j'errais dans la rue, espérant que le temps s'accélérerait pour que je puisse rentrer à la maison.La peur de voir Chris et Esmeralda se livrer à des effusions romantiques m'avait poussée à rester dehors aussi longtemps ; je n'étais peut-être pas capable de contrôler mes émotions, mais le froid finirait sans doute par me ramener à l'intérieur.« Mira », appela une voix familière, et je pestai intérieurement contre ma malchance du jour.Affichant un sourire de circonstance, je me tournai vers lui. « Bonjour, Ethan, comment vas-tu ? »Il haussa les épaules, les mains profondément enfoncées dans les poches de son manteau. « Je traîne un peu, j'essaie de me remettre au travail. Et toi ? »Je maudis à nouveau ma malchance ; la pire chose qui pouvait m'arriver maintenant, c'était que quelqu'un s'intéresse à ma vie. J'avais tant besoin de passer inaperçue.« Et si on allait discuter quelque part au chaud ? »Je p







