LOGINMichel Mathieu, héritier d’une lignée controversée et homme d’ambition froide, commet l’irréparable dans un accès de vengeance longtemps prémédité : il élimine un à un tous les membres de la famille de son rival, dans une opération aussi méthodique que sanglante. Ce bain de violence, qu’il justifie par des années d’humiliation, de trahison et de conflits d’héritage, laisse derrière lui un silence glacial. Tous ont péri… tous, sauf une. La femme de l’héritier, jeune épouse étrangère aux querelles anciennes, témoin malgré elle de l’effondrement d’un empire. Michel avait prévu de l’abattre elle aussi. Mais lorsque leurs regards se croisent, quelque chose cède en lui. Un trouble. Un vertige. Le coup ne part pas. Dans le chaos qu’il a lui-même orchestré, Michel tombe amoureux. D’elle. De sa fragilité, de sa force contenue, de ce qu’elle représente : un monde qu’il n’a jamais eu. Elle devient l’exception, l’ombre vivante dans un tableau de morts. Mais peut-on aimer quelqu’un qu’on aurait dû tuer ? Peut-on survivre à un amour né d’un massacre ?
View MoreMichelLe soleil perce enfin à travers les rideaux, comme un souffle de renouveau après des semaines de nuits longues et d’ombres suspendues. Je me tiens près du berceau, observant notre fils dormir. Son souffle régulier, paisible, semble effacer toutes les inquiétudes, tous les calculs du Conseil, toutes les ombres qui rôdent encore.Lucia entre, ses yeux fatigués mais lumineux, et je sens la chaleur de sa main se poser sur la mienne. Elle s’assoit à côté de moi, et ensemble nous regardons notre fils, ce petit être qui porte l’avenir sur ses frêles épaules.— Il est parfait, murmure-t-elle. Plus que tout ce que j’aurais pu imaginer.Je souris, effleurant ses cheveux avant de reporter mon attention sur notre fils. Chaque petit geste, chaque frémissement de ses doigts me rappelle les nuits où nous avons veillé sur lui, où nous avons affronté le Conseil et leurs menaces voilées, où chaque décision semblait peser plus lourd qu’une montagne.— Il est notre promesse, dis-je doucement. Notr
MichelLes semaines s’égrènent, chaque jour une répétition fragile de bonheur et de vigilance. Notre fils grandit, petit et vulnérable, mais déjà doté d’une présence qui illumine la pièce. Chaque sourire, chaque geste me rappelle pourquoi je dois rester ferme, même lorsque le Conseil sourit derrière ses masques.Le matin s’étire doucement, et le bébé, blotti contre Lucia, émet de petits gémissements qui me font fondre. Je sens son souffle chaud sur ma main tandis que je caresse ses cheveux fins. Et pourtant, à chaque instant de tendresse, l’ombre du Conseil flotte dans l’air, invisible mais tangible, comme un parfum froid.Une note glisse sous la porte ce jour-là. Je la ramasse, mes doigts serrant le papier épais, sentant l’autorité derrière l’écriture : Orsini.> « L’équilibre est fragile. Une protection supplémentaire serait judicieuse.Les yeux de Di Nardo veillent déjà, mais la vigilance n’est jamais trop grande. »Je fronce les sourcils. Une protection ? Pour le bébé ? Il ne peut
MichelIls sont arrivés avant l’aube. Cinq silhouettes impeccables dans le hall de notre appartement, silencieuses mais imposantes. Je sens encore la fragilité de la nuit derrière moi, le souffle court de Lucia et les premiers cris de notre fils, et pourtant, le monde extérieur s’invite déjà.— Entrez, dis-je, la voix plus ferme que je ne me sens.Ils franchissent le seuil sans hésitation, chaque pas mesuré, comme si le sol lui-même devait leur obéir. Abello en tête, bien sûr, suivi d’Orsini, Di Nardo, Leone et Severi. Tous impeccables, chacun portant sur son visage la gravité d’un siècle d’observation et de calcul.Lucia se tient dans le salon, notre fils dans ses bras, enveloppé dans une couverture douce. Elle a l’air fatiguée, mais son regard brille d’une lumière que rien ne peut éteindre. Je sens la tension me quitter légèrement. Ici, dans ce cocon fragile, nous avons créé notre monde. Et pourtant… je sais que le leur, extérieur et impitoyable, observe.— Michel… dit Abello, sa vo
MichelLa nuit a été longue, mais pas silencieuse. Chaque contraction, chaque souffle de Lucia résonnait comme un tambour dans mes nerfs, vibrant jusque dans mes mains posées sur la sienne. Je la regarde, figée entre effort et concentration, et mon cœur se serre et se dilate à la fois, comme si chaque battement voulait absorber toute la beauté et la peur du monde.— Michel… je… je ne sais pas si je peux… murmure-t-elle entre deux respirations haletantes.— Tu peux, murmurai-je, le front contre le sien. Tu es incroyable, tu es plus forte que tu ne le crois. Je suis là. Tout le temps.Ses doigts s’accrochent aux miens avec une force désespérée, et je sens chaque parcelle de son corps se tendre et se relâcher à chaque poussée. La sueur sur son front brille sous la lumière blafarde de la chambre. L’odeur douce de sa peau, mélangée à celle du désinfectant et des draps, m’étourdit. Le monde entier pourrait s’effondrer autour de nous, ça n’aurait aucune importance : je suis là, et c’est tout
MichelIl n’y a pas de justice.Seulement des comptes à rendre.Je l’ai toujours su. Depuis la première gifle, le premier mensonge, le premier silence. Ce monde ne récompense pas les innocents. Il broie, il humilie, il recrache. Mais parfois, il offre une lucarne une brèche dans la pierre. Une nuit
Le père de DavidIl y a des moments qui précèdent une tragédie où tout semble figé. Comme si le temps retenait son souffle. Ce soir-là, c’était l’un de ceux-là.Je l’ai vu entrer, mon fils. David. Le regard tendu, la mâchoire crispée. Il portait encore ce costume noir trop grand pour lui. Celui qu’
MichelLa porte d’entrée claque derrière moi. Elle ne grince pas. Elle s’écrase. Comme un couperet.Le silence m’accueille. Dense. Fétide. Plus familier que je ne voudrais l’admettre. Le genre de silence qui colle à la peau, qui s’immisce entre les os. Celui qu’on reconnaît à l’odeur : peur rance,
MichelJe ne sais pas combien de temps je suis resté là, à genoux. Peut-être une heure. Peut-être une vie entière. Le sol est dur, la moquette imbibée d’un sang qui n’est plus chaud depuis longtemps. Il a coagulé autour de mes genoux, collant comme une promesse brisée. Il n'y a plus de larmes. Plus






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