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Chapitre 2 : L'Étreinte de l'Ombre

Penulis: Darkness
last update Terakhir Diperbarui: 2025-11-08 19:43:44

Ariana

La nuit n’en finit pas. Je suis tapie dans un angle mort de l’appartement, le dos contre le mur froid, les yeux rivés sur la ligne sombre de la rue, en contrebas. La voiture noire est toujours là. Immobile. Mençante. Une tache d’encre sur le bitume.

Mon téléphone, celui que le monde connaît, explose de notifications. Mon agent, des journalistes, des amis de façade. Des voix dans le vide. Je n’y touche pas. Je ne regarde que l’autre, le brûlot anonyme posé à terre, à l’autre bout de la pièce. L’objet de ma terreur.

Le mot grec danse devant mes yeux. Tendresses. La cruauté de Nikos est un art. Il ne frappe pas. Il caresse, pour mieux marquer la chair. Cette feuille de laurier… c’était le premier cadeau qu’il m’avait offert. « Pour ta beauté, Cassia. Immortelle, comme le laurier. » Je l’avais laissée sur l’oreiller, un adieu silencieux, un retour de son présent empoisonné. Il l’avait prise pour ce que c’était : un crachat.

Le jour se lève, lent, hésitant. Les premières lueurs grises dessinent les contours du loft. La voiture, elle, ne bouge toujours pas. Ils veulent que je sache. Ils veulent que je cuise dans ma peur.

Je ne peux pas rester ici. C’est la première règle. Quand on est traqué, on ne reste pas dans son terrier. Il faut bouger. Devenir un fantôme, à nouveau.

Mon corps est raide, ankylosé par les heures passées à guetter. Je me lève, les jambes flageolantes. Je passe la douche brûlante, l’eau ne lave rien, elle ne fait que réveiller les nerfs à vif. Je m’habille mécaniquement : jean, baskets, sweat à capuche, lunettes de soleil. Une tenue de fuite. Je fourre quelques affaires essentielles dans un sac à dos – du cash, un autre passeport, une clé USB avec tous mes dossiers. L’argent de Nikos, une fois de plus, qui me sert à fuir Nikos. L’ironie est un couteau qui tourne dans la plaie.

Je descends par l’escalier de service, l’oreille tendue, le cœur battant la chamade. La porte de derrière donne sur une ruelle. Je jette un regard furtif. Rien. Le souffle me revient, un instant.

Je marche vite, la tête baissée, noyée dans le flot matinal de New York. Chaque reflet dans une vitrine est une menace. Chaque homme en costume sombre, un sbire de Nikos. La paranoïa est un venin qui envahit tout.

Mon premier arrêt est une petite agence de location de voitures, discrète, dans le West Village. Je paie en liquide, sous un faux nom. La routine.

— Vous partez en voyage, mademoiselle ? me demande l’employé, jovial.

— Quelque chose comme ça, je murmure.

Quelque chose comme une course pour ma vie.

Je prends le volant de la berline anonyme, les mains moites. Où aller ? L’aéroport ? Trop prévisible. La gare ? Surveillée. Je roule sans but, au hasard des rues, scrutant sans cesse mes rétroviseurs. Suis-je suivie ? Cette camionnette blanche… cette moto… Mon esprit transforme chaque véhicule en prédateur.

La fatigue me gagne, lourde, toxique. Je dois m’arrêter. Me poser. Penser. Je trouve un motel sordide en périphérie, le genre d’endroit où l’on paie cash et où l’on ne pose pas de questions. La chambre sent le renfermé et le désinfectant. Je verrouille la porte, pousse un meuble devant, et m’effondre sur le lit, les yeux grands ouverts sur le plafond taché.

La solitude est un poids immense. Je n’ai personne à appeler. Personne à qui me confier. Ma gloire est une prison dorée. Mes amis sont des relations. Mon agent ne pensera qu’aux contrats annulés. Et lui… mon contact à Monaco, le seul qui savait… La pensée est un coup de poing dans le ventre. S’il a parlé… s’il m’a vendue…

Mon téléphone personnel vibre.

Je sursaute, le corps parcouru d’un frisson glacial. Je le regarde, posé sur la table de nuit, comme un serpent prêt à mordre. Je ne veux pas le toucher. Je ne veux pas voir.

Il vibre à nouveau. Insistant.

Je me traîne jusqu’à lui, la main tremblante. Je le saisis. Le même numéro masqué.

Ce n’est pas une photo, cette fois.

C’est un message texte. Court. Brut.

Tu cours déjà. C’est bien. J’aime quand la proie donne du sens à la chasse. Mais souviens-toi, Cassia. Je t’ai apprise à courir. Je connais chaque mouvement avant même que tu ne le penses.

Le souffle me manque. La pièce tourne autour de moi. Il sait. Il sait que j’ai quitté l’appartement. Il sait que je suis dans une voiture de location. Il sait que je cours.

Je connais chaque mouvement.

Mes yeux se posent sur la vieille télévision à tube cathodique de la chambre. Sur le miroir trouble au-dessus du lavabo. Sur la prise électrique près de la porte. Est-ce qu’il me regarde ? En ce moment même ? La technologie était son jeu. Il avait des caméras partout, dans sa villa. Des micros. Il adorait ce sentiment de contrôle absolu.

Je me lève d’un bond, arrache le câble de la télé, cherche frénétiquement un objectif, un minuscule point noir qui me regarderait. Rien. Mais le sentiment persiste. L’étreinte de son regard est partout.

Je me recroqueville dans un coin, le dos au mur, serrant mes genoux contre ma poitrine. Le mannequin star, réduit à l’état de bête traquée dans un motel minable. Les larmes que je refoulais depuis la veille jaillissent enfin, silencieuses, brûlantes. Ce ne sont pas des larmes de tristesse, mais de rage impuissante. La rage de la souris qui sent les griffes du chat se refermer, inéluctables.

Il ne veut pas me tuer. Pas encore. Il veut m’user. Me briser. Me réduire à l’état de cette fille terrorisée que j’étais quand je l’ai connu. Il veut me prouver que tout ce que j’ai bâti, ma carrière, mon nom, ma force, n’était qu’un château de cartes construit sur son argent et sa volonté.

La nuit tombe à nouveau. Je n’ai pas bougé. La faim me tenaille, mais la peur est plus forte. Dehors, les bruits de la ville ont changé. Un klaxon. Des rires lointains. Le ronronnement d’un moteur qui ralentit… puis qui s’arrête, juste devant le motel.

Mon sang se fige dans mes veines.

Je rampe jusqu’à la fenêtre, écarte à peine le rideau d’un doigt.

Une autre voiture noire. Différente de la première. Plus grosse. Elle se gare de l’autre côté de la rue.

Ils m’ont retrouvée.

Le message n’était pas une simple intimidation. C’était un constat. Un rappel de mon impuissance.

La partie de chasse est ouverte. Et le chasseur vient de montrer qu’il pouvait me trouver n’importe où.

Je recule dans l’obscurité, le corps parcouru de tremblements incontrôlables. La fuite est inutile. Se cacher est impossible.

Il ne reste qu’une seule option. La seule qui ait un sens face à un homme comme Nikos Laskaris.

Il ne reste plus qu’à attendre.

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