Home / Mafia / Dette de sang / Chapitre 5 : Le Siège

Share

Chapitre 5 : Le Siège

Author: Darkness
last update Petsa ng paglalathala: 2025-11-08 19:46:22

Ariana

La voix de Nikos me hante. Elle s’enroule autour de mes pensées, un serpent au venin doucereux. Brava, Cassia. Ces mots ne sont pas un compliment. C’est la caresse du bourreau avant l’estrapade.

Les heures qui suivent la conférence de presse sont un ouragan médiatique. Mon visage aux cheveux de platine est partout. « La confession choquante du top model. » « Le mystérieux criminel qui la traque. » Je suis devenue un spectacle, un feuilleton tragique livré en pâture au monde.

Mon téléphone professionnel est saturé. Lena, hystérique, a lâché prise. L’agence me droppe. Les contrats sont annulés les uns après les autres. Mon empire de gloire s’effondre en temps réel, et chaque effondrement est un coup de marteau qui résonne dans le silence de ma chambre d’hôtel.

C’est la première étape du siège. Me couper de mes ressources. De mon armée.

Je sors de l’hôtel par une issue de service, enveloppée dans une capuche, mes cheveux blonds cachés. Je dois bouger. Rester ici, c’est être une cible statique. La rue est étrangement calme. Trop calme. Les regards des passants me semblent lourds, appuyés. Un livreur à vélo ralentit en passant près de moi. Son regard glisse sur moi, trop long, trop intense. Est-ce un fan ? Un de ses hommes ? La paranoïa n’est plus une maladie, c’est un état de survie.

Je me réfugie dans une bibliothèque publique, perdue au milieu des rayonnages poussiéreux. L’odeur du vieux papier est un répit éphémère. J’allume un ordinateur public, les doigts tremblants. Je dois savoir. Je dois comprendre à quoi je fais face.

Je tape « Nikos Laskaris ». Rien. Comme prévu. Les hommes comme lui n’existent pas sur le web grand public. Je creuse plus profond, dans les recoins obscurs du net, utilisant des vieilles connaissances, des mots de passe achetés autrefois avec son argent à lui. Des fragments émergent. Une société écran au Panama. Une affaire de contrebande d’antiquités en Grèce, classée sans suite. Des rumeurs. Des chuchotements. « Impitoyable ». « Élégant ». « Aime les chats, déteste la trahison. »

Une photo, floue, prise de loin. Un homme en costume blanc sur un yacht, tournant le dos à l’objectif. La nuque forte. Les épaules larges. C’est tout. C’est lui. Ce dos m’est plus familier que mon propre reflet. Pendant un an, c’est cette silhouette qui a dominé mon existence, ma peur, mes nuits.

Soudain, la fenêtre de l’ordinateur se fige. Puis elle devient noire. Des lettres vertes, semblables à du code, défilent à l’écran.

JE T'AI DIT QUE JE CONNAISSAIS TES MOUVEMENTS.

Le souffle coupé, je recule si violemment que la chaise grince sur le sol. Des têtes se tournent vers moi. Je débranche frénétiquement l’ordinateur. Trop tard.

Ils sont dans les systèmes. Ils sont partout.

Je fuis la bibliothèque, le cœur battant à tout rompre. Je marche au hasard, prenant le métro, changeant de ligne sans logique. À chaque station, je scrute les visages qui montent et qui descendent. Personne ne me suit. Ou alors, ils sont si bons que je ne les vois pas.

La nuit tombe. Je me retrouve dans un parc, sur un banc, grelottante de fatigue et de froid. Je n’ai nulle part où aller. Tous les refuges sont compromis. Les hôtels demandent une carte d’identité. Les amis… je n’en ai plus. Je suis seule. Terriblement seule.

Mon téléphone anonyme vibre. Une nouvelle pièce jointe. Une vidéo cette fois.

Je la regarde, le cœur serré. C’est une séquence de surveillance, muette. On y voit Lena, mon agent, quitter son agence, le visage défait. Deux hommes en costume sombre l’abordent. Ils ne la touchent pas. Ils lui parlent simplement, calmement. Son visage devient cireux, ses yeux s’écarquillent de terreur. Elle hoche la tête, plusieurs fois, très vite. Puis les hommes s’éloignent, et elle reste là, paralysée sur le trottoir, comme une poupée désarticulée.

Le message qui accompagne la vidéo est court.

Plus d’armée. Plus de revenus. Plus d’amis. Le siège est en place. La forteresse tombe, pierre par pierre.

Je ferme les yeux, un sanglot sec me secouant la poitrine. Il ne me frappe pas. Il démembre ma vie. Méthodiquement. Froidement. Il isole la bête avant de l’abattre.

Je me lève du banc, les jambes flageolantes. Je n’ai plus qu’une seule option. Une idée folle, désespérée. Le genre de chose que seule une bête traquée ose imaginer.

Je dois retourner à la source. Là où tout a commencé.

Je dois aller à Monaco.

C’est un suicide. Sa terre de prédilection. Le lieu de son pouvoir. Mais c’est aussi le seul endroit où je pourrai peut-être, peut-être, trouver une arme contre lui. Une faille. Un souvenir. Quelque chose.

Je trouve un cybercafé miteux, paye en liquide, utilise un ordinateur différent. Je réserve un vol pour Nice, puis un train pour Monaco, sous un faux nom. Le dernier de mes faux noms. Le dernier de mon argent.

En sortant du cybercafé, une voiture passe lentement près du trottoir. Une Mercedes noire. Les vitres teintées sont baissées. Et à l’intérieur, je le vois.

Pas Nikos. Un de ses hommes. Un visage anguleux, des yeux froids. Il ne me regarde pas. Il regarde droit devant lui, un léger sourire aux lèvres.

Il passe, et la voiture disparaît dans la circulation.

Le message est clair. Nous savons.

Ils savent où je suis. Ils savent ce que je fais. Ils me laissent avancer, comme un pantalon dont ils tiendraient les ficelles.

Le siège n’est pas seulement autour de moi. Il est dans ma tête. Et alors que je me dirige vers l’aéroport, une pensée me glace plus que tout :

Et si tout cela, si mon idée de fuir à Monaco, faisait aussi partie de son plan ?

Patuloy na basahin ang aklat na ito nang libre
I-scan ang code upang i-download ang App

Pinakabagong kabanata

  • Dette de sang   Chapitre 82 : Le Doute 1

    CassiaLa chambre est silencieuse. Alexandre est parti depuis une heure, appelé par une urgence dont il ne m'a rien dit. Je suis seule face au grand miroir en pied qui trône dans un coin de la pièce.Je me regarde.La femme dans le miroir me regarde aussi. Elle a mes yeux, ma bouche, mes cheveux défaits. Elle porte ma robe de chambre, celle qu'Alexandre m'a offerte la semaine dernière, en soie bleue, trop luxueuse pour une fille des montagnes comme moi.Mais est-ce vraiment moi ?Je m'approche du miroir, jusqu'à ce que mon souffle embue la surface froide.

  • Dette de sang   Chapitre 81 : La Taupe 4

    Elle éclate d'un rire sans joie, un rire qui ressemble à un aboiement.— Non, Cassia. Tu ne joues pas. Tu joues à l'amour. Et la différence est énorme.— Quelle différence ?— Quand on joue le jeu, on garde le contrôle. On sait qu'on ment. On sait qu'on manipule. On reste maître de ses émotions. Mais toi, tu as perdu le contrôle. Tu es tombée amoureuse. Vraiment. Profondément. Et ça, c'est la pire des défaites.Ses mots me frappent comme des gifles. Je voudrais protester, nier, me défendre. Mais je ne peux pas. Parce qu'elle a rais

  • Dette de sang   Chapitre 80 : La Taupe 3

    Les yeux d'Anton se posent sur moi, intenses, perçants.— Que vous arriviez, Cassia. Il vous attendait. Il savait que vous viendriez un jour venger votre sœur. Et il savait que vous vous tromperiez de cible.Le silence retombe dans la serre, seulement troublé par le goutte-à-goutte de l'arrosage automatique.— Vous travaillez pour Nikos, Anton ?La question sort avant que je puisse la retenir. Directe. Brutale. Définitive.Anton me regarde longuement. Son visage ne trahit aucune émotion.

  • Dette de sang   Chapitre 79 : La Taupe 2

    Les jours suivants, je deviens une ombre dans la maison. J'observe, j'écoute, je note mentalement chaque détail, chaque comportement suspect, chaque parole qui pourrait être un indice.Nikolas, le chef de la sécurité, est un homme brutal, direct, qui ne cache pas son antipathie pour moi. Il me regarde comme on regarde un parasite, avec un mélange de mépris et de méfiance. Mais est-ce suffisant pour faire de lui une taupe ? Sa haine est trop ouverte, trop visible. Les taupes se cachent dans l'ombre, pas dans la lumière.Elena, la conseillère stratégique, est tout le contraire. Polie, élégante, elle me sourit quand nous nous croisons, me demande poliment comment je vais. Mais ses sourires n'atteignent jamais ses yeux. Elle me jauge, m'évalue, comme si elle cherchait à percer mon masque. Une femme aussi intelligente pourrait facilement jouer un double jeu.Dimitri, le responsable des opérations, est un homme discret, presque effacé. Il parle peu, sourit encore moins. Il passe ses journée

  • Dette de sang   Chapitre 78 : La Taupe

    Le silence s'installe entre nous, lourd de implications. Si la taupe découvre que je suis la sœur de Cassandre, que je suis venue ici pour venger sa mort, que je travaille maintenant avec Alexandre pour détruire Nikos, tout est fini. Nikos saura tout. Et il frappera avant que nous ayons pu lever le petit doigt.— Donne-moi les noms, dis-je.Il ouvre un tiroir, en sort une feuille de papier qu'il fait glisser vers moi sur le bureau. Cinq noms, écrits de son écriture anguleuse et précise.Nikolas Petrov - Chef de la sécuritéElena Vasseur - Conseillère stratégiqueAnton Morea

  • Dette de sang   Chapitre 77: Nuit d'Orage 3

    Le silence retombe entre nous. Alexandre caresse doucement mon bras, un geste apaisant, presque inconscient.— C'est une histoire triste, dit-il.— Toutes mes histoires sont tristes. C'est pour ça que je ne les raconte jamais.— Raconte-les-moi quand même. Toutes. Je veux les connaître. Je veux te connaître.— Pourquoi ?— Parce que je t'aime. Et que l'amour, c'est aussi connaître les histoires tristes de l'autre. C'est les porter avec lui pour que le fardeau soit moins lourd.

  • Dette de sang   Chapitre 31 : L’Heure du Compte 1

    CassiaDes regards se collent à moi. Des regards d’hommes, avides, fascinés. Des regards de femmes, jalouses ou admiratives. Je les absorbe. Ce sont des preuves. Je suis encore là. Je peux encore attirer, troubler, exister par moi-même.Léa crie quelque chose à mon oreille, inaudible. Chloé rit, to

    last updateHuling Na-update : 2026-03-29
  • Dette de sang   Chapitre 30 : La Nuit comme Armure

    CassandreLa porte est close. Le silence de l’écrin blanc et parfait s’épaissit, devient palpable. Il pense m’avoir enfermée ici avec ma rage, qu’elle va tourner en rond, s’user contre les murs lisses. Il pense que la solitude et le luxe vont me travailler, me rendre malléable.Il se trompe.La rag

    last updateHuling Na-update : 2026-03-28
  • Dette de sang   Chapitre 28 : Sous les Lumières 2

    CassandreEt puis, je le sens.Une présence nouvelle dans l’ombre.Un froid dans la nuque qui n’a rien à voir avec la climatisation.Je ne tourne pas la tête.Je continue à fixer l’objectif, mon visage un masque de marbre.Mais du coin de l’œil,je perçois un mouvement dans le coin sombre, près du ca

    last updateHuling Na-update : 2026-03-26
  • Dette de sang   Chapitre 27 : Sous les Lumières 1

    CassandreLe studio est un hangar de lumière et d’ombres. Des hauteurs du plafond, des projecteurs pendent comme des guêpes métalliques, éteints pour l’instant. Des rouleaux de fonds en papier, des paravents, des échelles. L’air sent la poussière et le café froid. Une nervosité créative palpable. E

    last updateHuling Na-update : 2026-03-25
Higit pang Kabanata
Galugarin at basahin ang magagandang nobela
Libreng basahin ang magagandang nobela sa GoodNovel app. I-download ang mga librong gusto mo at basahin kahit saan at anumang oras.
Libreng basahin ang mga aklat sa app
I-scan ang code para mabasa sa App
DMCA.com Protection Status