LOGINLe silence s’installe dans la chambre. Je reste immobile, incapable de comprendre comment ma vie a pu basculer aussi brutalement.
Je suis prisonnière d’un homme qui affirme être mon mari. Une petite fille m’appelle maman et me regarde comme si j’étais revenue d’entre les morts. Et moi, je ne me souviens de rien.
Je finis par m’allonger, épuisée, sans parvenir à trouver le sommeil.
Lorsque je me réveille, la lumière du matin traverse les rideaux. Pendant quelques secondes, j’oublie où je suis. Puis les souvenirs de la veille me reviennent brutalement : mon mariage, l’enlèvement, le voyage jusqu’en Irlande et cette maison remplie de photographies qui racontent une vie dont je ne garde aucune trace.
Je me redresse aussitôt.
Declan est dans la chambre. Il est déjà réveillé et me regarde avec une expression indéchiffrable.
— Tu es enfin réveillée, dit-il.
Je ramène instinctivement les couvertures contre moi.
— Je veux partir.
Son visage se ferme.
— Nous en avons déjà parlé, Evie.
— Non. Tu as parlé et tu as décidé à ma place. Ce n’est pas la même chose.
Il reste silencieux un instant. Avant qu’il puisse répondre, la porte s’ouvre brusquement.
Claire apparaît dans l’encadrement, vêtue de son pyjama, ses cheveux blonds en bataille et ses yeux bleus pleins d’excitation. Lorsqu’elle nous aperçoit, son visage s’illumine.
— Vous avez dormi ici tous les deux !
Je baisse les yeux, mal à l’aise, tandis que Declan répond d’un ton calme :
— Bonjour, princesse. Tu es venue nous réveiller ?
Claire grimpe sur le lit et vient se blottir contre moi.
— Je voulais vérifier que c’était vrai… que maman était vraiment là.
Elle enfouit son visage contre mon cou.
— Tu as bien dormi ? Papa ronfle parfois, mais je peux te prêter mes écouteurs si tu veux !
Je reste sans voix. Son innocence et l’amour immense qu’elle me témoigne me désarment complètement.
— Oui… j’ai dormi, réponds-je enfin.
Ma main se lève presque naturellement pour caresser ses cheveux.
Declan nous observe en silence. Il dépose un baiser sur le sommet de la tête de Claire, puis tourne son regard vers moi.
— Allons prendre le petit-déjeuner. Tous les trois.
Claire pousse un cri de joie et quitte la chambre en courant pour aller se préparer.
Dès que la porte se referme, je me tourne vers Declan.
— Je ne peux pas faire semblant que tout est normal.
— Je ne te le demande pas.
— Tu m’as enlevée à mon propre mariage !
Sa mâchoire se contracte.
— Je sais.
— Alors ne t’attends pas à ce que je sourie comme si rien ne s’était passé.
Il me fixe quelques secondes avant de répondre :
— Claire a attendu six ans que tu reviennes. Elle ne comprend pas ce qui t’est arrivé. Je ne te demande pas de lui raconter des histoires, Evie. Je te demande simplement de ne pas lui faire porter le poids de notre situation.
Je détourne le regard. Il vient de toucher le seul point sur lequel je ne peux pas me défendre.
— Je ne veux pas lui faire de mal, murmuré-je.
— Alors descendons prendre le petit-déjeuner.
Il me laisse quelques minutes pour me préparer. Lorsque nous rejoignons le rez-de-chaussée, Claire est déjà dans la cuisine et aide à mettre la table avec un enthousiasme qui me serre le cœur.
Le petit-déjeuner me semble irréel.
Claire parle sans arrêt. Elle me raconte des anecdotes dont je n’ai aucun souvenir et me montre des dessins qu’elle a réalisés pendant les années où elle croyait que je dormais.
Declan est assis à côté de moi. Même s’il ne dit pas grand-chose, sa présence me rappelle constamment que je ne suis pas libre de partir.
Chaque rire de Claire, chaque « maman » qu’elle prononce fait naître une nouvelle fissure dans la muraille que j’essaie de maintenir autour de moi.
Je ne me souviens pas d’eux.
Mais eux se souviennent de moi.
Et le plus terrifiant, c’est qu’au fond de moi, une petite partie commence à vouloir retrouver ces souvenirs.
Le petit-déjeuner se termine dans un silence tendu que Claire semble être la seule à ne pas remarquer. Elle parle déjà de tout ce qu’elle voudrait me montrer aujourd’hui, ignorant la tempête qui gronde entre Declan et moi.
— Je peux montrer ma chambre à maman maintenant ? demande-t-elle en sautant de sa chaise.
Declan pose sa serviette sur la table.
— Bien sûr, princesse. Mais ensuite, ta mère et moi devrons discuter.
Le mot discuter ressemble à une menace voilée.
Claire me prend par la main et m’entraîne à l’étage. Chaque marche me donne l'impression de m'éloigner momentanément de Declan, même si je sais que ce répit ne durera pas.
La chambre de Claire est un univers à part dans cette maison sombre. Les murs sont couverts d’étoiles phosphorescentes, les étagères débordent de livres et de peluches, et un mur entier est réservé aux dessins fixés avec du ruban adhésif.
— Voici mon mur des souvenirs ! annonce-t-elle fièrement en m’entraînant vers lui. Chaque dessin représente un jour où j’ai attendu ton retour.
Mon cœur s’arrête presque.
Il y en a des centaines. Des dessins d’enfant représentant une femme brune, un homme tatoué et une petite fille blonde. Sur certains, nous sommes à la plage ; sur d’autres, dans un parc. Beaucoup représentent cette maison que je connais à peine.
— Celui-là, c’est quand j’ai eu dix ans, explique Claire en désignant un gâteau couvert de bougies de travers. J’avais demandé que tu reviennes pour mon anniversaire. Papa m’a dit que j’étais exactement comme toi, parce que tu insistais toujours jusqu’à obtenir ce que tu voulais.
Les larmes me brûlent les yeux.
Comment puis-je ne pas me souvenir d’elle ?
— Claire… je ne me souviens de rien de tout cela. Et ça me fait mal. Pas parce que tu ne comptes pas pour moi, mais parce que quelque chose a effacé tous ces souvenirs de ma tête.
Elle me regarde avec un sérieux qui dépasse son âge.
— Papa m’a expliqué que, parfois, quand on souffre beaucoup, notre cerveau cache certaines choses pour nous protéger. Mais je vais t’aider à te souvenir. Je connais toutes nos histoires.
Elle prend ma main et la serre doucement.
Avant que je puisse répondre, quelqu’un tousse discrètement dans l’encadrement de la porte.
— Est-ce que je peux entrer, mes princesses ?
C’est le blond calme que j’ai aperçu dans l’avion : Luka. De près, il paraît d’autant plus dangereux qu’il ne cherche jamais à intimider qui que ce soit. Ses yeux clairs observent tout et son sourire facile ne suffit pas à dissimuler son attention constante.
— Luka !
Claire court vers lui. Il la soulève dans ses bras, la faisant rire.
— Comment va notre artiste préférée ?
— Je montre mon mur à maman !
Le regard de Luka se pose sur moi. Contrairement à celui de Declan, le sien n’a rien de frontal. Il semble plutôt analyser chacune de mes réactions.
— C’est agréable de te voir enfin réveillée, Evie, dit-il avec un sourire qui devrait me rassurer, mais qui me met mal à l’aise.
— Elle ne se souvient pas de nous, corrige immédiatement Claire. Pour l’instant, tu dois l’appeler Beatrice.
Luka incline la tête.
— Beatrice, donc. Declan m’a demandé de te prévenir qu’il devait s’absenter quelques heures pour le travail.
Il marque une pause.
— Il m’a aussi demandé de veiller à ce que tu restes ici avec Claire. Pas de promenade en ville aujourd’hui.
Le message est limpide : ne tente pas de t’enfuir.
— Je n’ai aucune intention de partir, mens-je, puisque je n’ai guère le choix.
Luka me dévisage une seconde de plus, comme s’il essayait de déterminer si je dis la vérité.
— Très bien. Si tu as besoin de quoi que ce soit, je serai dans le bureau.
Les heures suivantes passent dans un étrange brouillard.
Claire me fait visiter la maison, me montrant chaque endroit qu’elle considère comme sûr : son atelier, la bibliothèque où, selon elle, je lui lisais des histoires, et le jardin qu’elle appelle « notre univers secret ».
Partout, je découvre les traces d’une existence que je ne reconnais pas : un livre annoté dans les marges, une tasse portant le nom de « Sirius », une veste oubliée sur une chaise.
C’est comme si je visitais un musée consacré à ma propre vie.
En fin d’après-midi, Claire vient se blottir sur mes genoux dans le salon. Épuisée par toutes ses explications, elle ferme peu à peu les yeux.
— Avant, tu me caressais les cheveux comme ça jusqu’à ce que je m’endorme, murmure-t-elle. Tout le temps.
Mes doigts continuent instinctivement de glisser dans ses mèches blondes, dans un mouvement régulier et doux.
Et soudain, quelque chose se produit.
Une image surgit sans prévenir : le même canapé, une Claire beaucoup plus petite avec une tétine, mes doigts dans ses cheveux tandis que je fredonne une mélodie dont j’ignore l’origine. La chambre est éclairée par une simple lampe de chevet. L’odeur de la pluie entre par une fenêtre entrouverte.
Et une grande silhouette se tient dans l’encadrement de la porte.
Declan.
L’image disparaît aussi vite qu’un éclair, mais elle me laisse le souffle court.
Je me souviens.
Pas de tout. Seulement de cet instant. De cette sensation d’appartenance, d’affection et de… foyer.
Mon cœur s’emballe, partagé entre la confusion et la peur. Si je continue sur cette voie, quels autres souvenirs vont refaire surface ? Et si je découvre une vérité qui bouleverse tout ce que je crois savoir sur Declan ?
Claire s’endort quelques minutes plus tard. Je reste immobile, ma main posée dans ses cheveux, tandis que la maison semble retenir son souffle autour de nous.
C’est alors que je le sens.
Je n’entends pas de pas. Je sais simplement que quelqu’un est là.
Lorsque je lève les yeux, Declan se tient à l’entrée du salon. Il porte un costume sombre, sa cravate est desserrée et ses cheveux sont encore humides de pluie.
Son regard passe de Claire endormie sur mes genoux à ma main qui caresse ses cheveux, exactement comme dans le souvenir qui vient de me traverser.
Son expression change.
Ce n’est pas son sourire sombre et triomphant. C’est quelque chose de plus vulnérable, et peut-être de plus dangereux parce que c’est sincère.
De l’espoir.
Il s’approche sans bruit et s’agenouille près du canapé, à ma hauteur.
— Tu t’es souvenue de quelque chose, dit-il doucement.
Ce n’est pas une question. Il en est certain.
Je pourrais nier, mais son regard me fait comprendre que ce serait inutile.
— Un fragment, admets-je à voix basse. Rien d’important.
Pour lui, pourtant, cela semble représenter le monde entier.
Il pose doucement la main près de la mienne, sans déranger Claire.
— Pour aujourd’hui, c’est déjà beaucoup, répond-il. Merci d’être restée.
— Je ne suis pas restée pour toi, répliqué-je aussitôt. Je suis restée pour elle.
— Je sais.
Le coin de sa bouche se relève dans un sourire fatigué.
— Tu as toujours fait passer Claire avant tout le reste.
Je baisse les yeux vers notre fille endormie.
Je ne me souviens toujours pas de la femme que j’étais, ni de l’homme que Declan prétend avoir été pour moi. Mais, pour la première fois depuis mon arrivée, un souvenir vient de franchir le mur qui sépare mon passé de mon présent.
Et je ne sais pas encore si je dois m’en réjouir ou le redouter.
La pièce où l’on m’a enfermée n’a pas de fenêtres.Elle est petite, construite en pierre, avec un lit étroit, une table et une unique ampoule suspendue au plafond, qui clignote de temps à autre. L’air sent l’humidité et quelque chose de métallique que je préfère ne pas identifier. On a remplacé les menottes par une chaîne attachée à ma cheville gauche, reliée à un anneau de fer fixé au mur. Je peux faire quelques pas, mais pas beaucoup plus.Cela fait des heures qu’on m’a sortie du château.Richard n’est pas monté dans la voiture avec moi. Il est resté sur place pour s’occuper des dégâts laissés par notre petite escapade. On m’a emmenée ici, dans une vieille maison isolée, quelque part dans les Highlands. Je ne sais pas exactement où. Je n’ai rien pu voir pendant le trajet. On m’a bandé les yeux.Et maintenant, je suis là. Seule. Avec une chaîne à la cheville et une assiette de nourriture à laquelle je n’ai pas encore touché.La porte s’ouvre.Richard entre comme s’il venait rendre vi
Declan CallahanDeclan vit toute la scène se dérouler comme au ralenti.Evie avait dit qu’elle acceptait.Elle l’avait regardé de ses yeux qu’il connaissait si bien et lui avait dit qu’elle partirait.Puis on lui avait passé les menottes aux poignets.Declan sentit tout son corps se figer.— Evie… murmura-t-il d’une voix rauque, presque inaudible.Mais elle ne se retourna pas.Richard marchait devant elle, comme s’il défilait. Ses gardes encerclaient Evie de tous les côtés. Elle fut escortée hors du bureau sans opposer la moindre résistance. Sans regarder Declan. Sans regarder Harvey. Sans regarder personne.Quelque chose se brisa en lui.Il fit un pas en avant.— Evie !Une main se referma fermement sur son bras.Declan tourna la tête et aperçut Harvey à ses côtés. Son visage était grave, son regard brun déterminé.— Non, dit Harvey à voix basse. Ne la suis pas.Declan sentit la colère lui monter dans le cou.— Lâche-moi, gronda-t-il.Harvey ne le lâcha pas.— Si tu y vas maintenant,
Deux semaines plus tôt — dans la vieille maison.Après une longue réunion au sujet de l’opération, Declan était sorti pour parler avec Luka. Harvey m’avait entraînée dans la bibliothèque avant de refermer la porte derrière nous.Il était resté silencieux quelques secondes avant de prendre la parole.— Je te connais, Evie. Si les choses tournent mal… si Richard décide d’utiliser quelqu’un que tu aimes comme monnaie d’échange… tu voudras te livrer. Je te connais suffisamment pour le savoir.J’avais croisé les bras, sur la défensive.— Où veux-tu en venir ?Harvey avait fait un pas vers moi. Sa voix était basse, sérieuse.— Je veux que tu saches que, si nous en arrivons là, je n’essaierai pas de t’en empêcher. Mais j’aurai un plan. Un plan que nous serons les seuls à connaître. Declan ne doit pas être au courant. Il n’acceptera jamais de te laisser partir.Je l’avais regardé sans répondre.— Quel genre de plan ?— Quand tu partiras, j’interviendrai depuis l’intérieur du système du châtea
Le coup de feu de Maeve résonne encore dans les murs de pierre quand le silence tombe sur le bureau.Le corps de son père est effondré à côté de la table renversée. Le sang s'écoule lentement sur le vieux sol, sombre et épais. Maeve reste immobile, l'arme toujours pointée vers l'endroit où il se tenait. Ses mains tremblent. Des larmes coulent sur son visage sans qu'elle tente de les essuyer. Plus de vingt ans de traumatisme viennent de se résumer en un seul coup de feu.Aucun de nous ne parle.Harvey est à côté de moi, l'arme toujours levée, les yeux scrutant la pièce. Declan est près de la porte, couvert de sang et de fumée, sa poitrine se soulevant et s'abaissant rapidement après sa course à travers le château. Les hommes qui sont venus avec nous sont positionnés dans les couloirs, contenant ce qui reste de la résistance.C'est alors que je l'ai senti.Un frisson dans la nuque. La sensation que quelque chose n'allait pas. Comme si l'air avait changé de température.Richard est appar
Le château de Glenfinnan s'éveille dans la violence.Les premières charges explosent sur le côté sud à exactement 03h07 du matin. La détonation est profonde, gutturale, comme si la montagne elle-même avait poussé un cri. Le feu et la fumée s'élèvent contre le ciel encore sombre. Je sens la vibration dans ma poitrine, même si je suis du côté est, en train de grimper la falaise avec Harvey, Maeve et les quatre hommes de notre équipe d'infiltration.Nous montons dans un silence absolu jusqu'au moment des explosions. Après cela, le silence meurt.La première fusillade a lieu au pied de la tour est.Deux gardes apparaissent dans l'étroit couloir de pierre. L'un d'eux lève son arme dès qu'il nous voit. Je tire la première — deux rafales courtes et contrôlées. La première balle atteint son épaule. La seconde entre dans sa poitrine. Il s'effondre contre le mur de pierre, laissant une traînée sombre. Le second tente de se protéger derrière une colonne ancienne. Harvey se déplace rapidement de
La décision de traverser la mer du Nord vient de Declan.Après que Claire a été emmenée vers la cachette sécurisée, la vieille maison devient étrangement silencieuse. Nous ne pouvons plus compter sur les routes terrestres ou aériennes normales. Richard traque nos mouvements. Il l'a déjà prouvé plus d'une fois.— On va prendre un bateau — annonce Declan lors de la réunion du matin. — Mer du Nord. Direct vers la côte est de l'Écosse. Moins d'exposition. Moins de risques d'être vus par les caméras ou les radars qu'il contrôle.Harvey est immédiatement d'accord.— C'est la route la plus sûre maintenant. On loue un bateau discret. Sans enregistrement officiel. Avec un équipage de confiance. On s'approche assez près des Highlands et ensuite on continue par la route avec des véhicules déjà positionnés.Je suis assise à la table, la main sur mon ventre. Le bébé a bougé deux fois aujourd'hui. Une sensation légère, presque comme un petit papillon. Je regarde les deux hommes.— Et Maeve ? — dema
Le SUV fonce dans les rues détrempées de New York comme une bête désespérée fuyant un destin funeste. Sur la banquette arrière, je continue de me débattre, prisonnière sous son poids, mes poignets fragiles écrasés par l’une de ses mains fermement maintenue au-dessus de ma tête.Chacun de mes mouvem
Claire dort profondément. Declan la dépose sur le lit avec une délicatesse qui contredit totalement l'homme qui m'a kidnappée de l'autel. Il ajuste la couette à motifs d'étoiles, écarte une mèche blonde de son visage et reste un instant à la contempler — simplement à regarder sa fille avec une expr
Le baiser se termine lentement, mais Declan ne s'éloigne pas. Son front reste pressé contre le mien, nos respirations se mêlent. Je le sens encore — le goût de la pluie, du désir et de quelque chose de dangereusement addictif.« Tu as rendu le baiser », murmure-t-il, la voix rauque de satisfaction.
Il éteint le téléphone et le range dans sa poche. La pièce reste silencieuse quelques secondes, seulement troublée par ma respiration haletante et la pluie incessante qui frappe contre les fenêtres.Je suis toujours menottée au lit, à moitié nue, mon corps palpitant là où il m'a touchée. La culpabi







