LOGINLe matin du grand jour, Elsa se réveilla avant le soleil. Une lumière grise et pâle filtrait à travers les rideaux, et la ville n'était encore qu'un murmure lointain, étouffé par les murs épais de l'appartement. Elle resta allongée un long moment, les yeux ouverts, à écouter les battements de son cœur. Il battait vite. Trop vite. Elle sentait chaque pulsation résonner dans ses tempes, dans sa poitrine, dans ses doigts crispés sur les draps.Elle avait dormi par intermittence, des heures entrecoupées de rêves confus où elle revoyait les visages d'Alexandre, de Marcus, de James, où elle se voyait debout devant un tribunal vide, incapable de parler, incapable de faire entendre sa voix. Elle avait eu peur, comme elle n'avait pas eu peur depuis longtemps. Mais elle s'était relevée, comme elle l'avait toujours fait, et elle s'était préparée à ce combat.Elle se leva, prit une douche, laissa l'eau chaude couler sur ses épaules pour dénouer les tensions. Elle choisit une robe qu'elle avait ga
La lumière déclinante du soleil couchant filtrait à travers les grandes baies vitrées du café, projetant des reflets dorés sur la table en marbre où Elsa et Maître Fontaine étaient assises. L'endroit était calme, discret, loin du tumulte des journaux et des regards indiscrets. Elsa tenait une tasse de thé entre ses mains, mais elle n'y avait pas touché. Ses yeux étaient fixés sur l'avocate, une lueur d'espoir mêlée d'impatience dans le regard. Elle avait attendu ce moment pendant des mois. Des mois à espérer, à douter, à craindre que la justice ne soit jamais rendue.— Alors, dit-elle, la voix légèrement tremblante. On est prêts ?Maître Fontaine ouvrit son dossier, en sortit une liasse de papiers et de photos. Elle les disposa sur la table avec la précision d'un joueur d'échecs. Chaque image semblait raconter une histoire, chaque document une preuve supplémentaire. Elsa retint son souffle.— On est prêts, Elsa. Plus que prêts.Elle désigna une photo : Alexandre, sortant d'un bar, le
Alexandre franchit le seuil de la maison de sa mère avec cette sensation désagréable d'être observé, évalué, jugé. La demeure familiale, imposante et froide, l'accueillait comme elle l'avait toujours fait : avec un silence pesant et une lumière tamisée qui semblait figer le temps. Les murs étaient couverts de tableaux anciens, des portraits d'ancêtres au regard sévère qui semblaient le scruter à chaque pas. Il traversa le hall, ses pas résonnant sur le marbre, et se dirigea vers le salon.Marguerite était entourée de ses amies. Trois femmes d'un certain âge, élégantes, les cheveux impeccablement coiffés, les bijoux étincelants. Elles étaient en train de finir leur thé quand Alexandre entra. Elles portaient des tailleurs chics, des perles autour du cou, et leurs conversations étaient toujours ponctuées de rires légers et de regards entendus.— Alexandre, mon chéri ! s'exclama l'une d'elles, une femme aux cheveux argentés, en levant sa tasse de thé comme pour porter un toast. Quel beau
Alexandre rentra chez lui, les clés encore dans la main, le corps lourd de cette fatigue qui ne le quittait plus. La journée avait été longue. Les appels, les réunions, les menaces à peine voilées de ses associés. Son empire s'effritait, pierre après pierre, et il ne trouvait pas la force de le retenir.Il poussa la porte de l'appartement. Le silence l'accueillit, puis un bruit de pas légers. Viviane apparut dans l'embrasure du salon, un sourire aux lèvres. Elle portait une robe légère, ses cheveux flottaient sur ses épaules. Elle s'approcha de lui, posa ses bras autour de son cou.— Tu es rentré tard, dit-elle d'une voix douce.— J'avais du travail.— Tu es fatigué. Viens, je t'ai préparé un verre.Il la suivit dans le salon, s'assit sur le canapé, prit le verre qu'elle lui tendait. Elle s'assit à côté de lui, sa main sur sa jambe, ses doigts traçant des cercles sur le tissu.— Tu veux en parler ? demanda-t-elle.— Non.— Je suis là, Alexandre. Pour toi.Il la regarda. Elle était bel
Le lendemain matin, Elsa se rendit à l'académie. L'édifice lui parut soudain étrange, comme si une ombre s'était posée sur ses murs. Le hall, habituellement vibrant de rires et de voix, était plongé dans un silence pesant. Seuls quelques employés circulaient, le regard fuyant. L'ambiance était celle d'un navire après la tempête : calme, mais fragile.Elle franchit les portes de son bureau, posa son sac. Un message l'attendait sur son répondeur. La voix de l'inspecteur chargé de l'enquête était posée, mais il y avait dans ses mots une gravité qui fit frémir Elsa.— Madame Duval, je suis désolé de vous déranger, mais je voulais vous informer que les caméras de surveillance de l'académie n'ont enregistré aucun signal le soir du spectacle. Elles étaient éteintes. Cela semble être un acte délibéré. Je vous tiendrai au courant de la suite de l'enquête.Un frisson d'angoisse la traversa. Les caméras éteintes. Ce n'était pas un hasard. Quelqu'un avait tout planifié. Quelqu'un qui connaissait
La lumière du matin filtrait à travers les rideaux, douce et pâle, comme une caresse hésitante. Elsa était assise sur le canapé, les genoux repliés contre sa poitrine, une tasse de thé froid entre les mains. Elle n'avait pas dormi. Les images de la veille défilaient encore dans sa tête, en boucle, comme un film qu'elle ne pouvait pas arrêter. Le visage de James, sa fuite, son cri. La salle en émoi, les parents choqués, les chuchotements. Et cette vidéo, ces voix, ce baiser volé.Elle entendit la clé tourner dans la serrure. Marcus entra, les bras chargés de sacs en papier d'où s'échappait une odeur de croissants chauds et de café frais. Il portait un sourire doux, mais ses yeux étaient inquiets.— Salut, dit-il en posant les sacs sur la table basse.— Salut, répondit-elle d'une voix faible.Il s'approcha d'elle, se pencha, et l'embrassa sur le front. Ses lèvres étaient chaudes, rassurantes. Elle ferma les yeux, une seconde, et laissa la chaleur de ce geste l'envahir.— Tu as mal dormi
Le Dr. Vasquez me fit entrer directement dans son bureau, sans attendre. Sa secrétaire n’eut même pas le temps d’annoncer mon arrivée. Elle m’attendait, debout derrière son bureau, les mains posées sur le dossier du fauteuil face à elle. Elle avait ce regard des gens qui ont quelque chose de diffic
je ne sais pas exactement combien de verres j’ai bus. Assez pour que le monde prenne cette texture légèrement floue qui rend les choses supportables. Assez pour que mes joues soient trop chaudes et mes pensées un peu trop libres. Assez pour que, quand je croisais mon reflet dans les surfaces sombre
Victoria la soeur d'Alexendre arriva deux heures en retard dans une robe vert émeraude qui proclamait sans ambiguïté qu’elle était la vraie maîtresse de cet espace. La soie ruisselait sur ses épaules nues, ses talons claquaient sur le marbre avec l’assurance de quelqu’un qui n’a jamais eu à demand
J'ai appris très tôt que sourire coûte moins cher que d'expliquer pourquoi on ne sourit pas.Le soleil se couchait sur Manhattan et moi j'étais là, debout devant la baie vitrée du penthouse, une tasse de thé froid dans la main droite.Je m'appelle Elsa Duval. Vingt-huit ans. Épouse d'Alexandre Duva







