LOGINchapitre 4
LE POINT DE VUE DE D'ETHAN
— Ethan, tu n'aurais pas vu la nouvelle servante, par hasard ?
Mon cœur s'arrête une seconde.
— Quelle nouvelle servante ? demandé-je en m'efforçant de garder une voix neutre.
— Oh, désolée, je t'avais pas informé. J'ai embauché une nouvelle servante. Elle devrait déjà être là depuis un moment mais je ne la vois pas.
La fille dans ma douche. C'est elle. La nouvelle servante. C'est pour ça qu'elle est dans cette chambre, elle s'est trompée de chambre.
— Elle s'appelle comment ? demandé-je.
— Lila, je crois.
Merde.
— Pourquoi "merde" ? demande ma mère.
— Non, pardon.
— Enfin, je vais appeler Shoneetha pour voir si elle l'a vue. Sinon j'appellerai directement Lila sur son portable.
— Bah non, elle est sûrement sur la route à l'heure qu'il est.
— Je vais quand même l'appeler pour voir.
Mon cœur bat très vite. La sueur coule sur mes tempes. La climatisation tourne mais je transpire comme si j'étais en plein soleil. Je veux arracher le téléphone des mains de ma mère, mais ça paraîtrait suspect.
Elle appelle.
La tonalité résonne.
— Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur de Lila...
Ma mère raccroche. Je me calme enfin. La fille a écouté la conversation. Elle a éteint son téléphone. Elle est intelligente.
— Voilà, en plus son téléphone est éteint.
— Elle va sûrement venir d'une minute à l'autre.
— Mais voyons, Ethan, pourquoi tu ne me laisses pas entrer ?
La poignée tourne. Ma mère essaie d'ouvrir la porte.
— Maman, à demain.
— Tu caches quelque chose.
— Bah rien.
Elle essaie encore d'ouvrir. Je bloque la porte de mon corps, barrant le passage.
— Au fait, mes affaires sont dans le désordre, dis-je rapidement. J'aimerais pas que tu me gronder encore une fois.
— Ethan, tu as vingt-deux ans et tu n'arranges pas ta chambre. Tu trouves ça normal ?
— Voilà, c'est exactement ce que je voulais éviter.
J'entends ma mère soupirer. Ses pas s'éloignent dans le couloir.
Je reste là, debout contre la porte. Ma respiration est rapide, saccadée. Mes doigts tremblent.
La fille est dans ma douche. Elle a tout entendu. Elle sait que je suis le fils de sa patronne.
Je pousse un long souffle.
Je me tourne vers la salle de bain.
La porte de la douche est fermée.
— Lila, dis-je doucement.
Silence.
— Lila, je sais que tu es là. Elle est partie.
Ses yeux apparaissent. Grands, brillants, remplis de peur et de confusion.
On se regarde.
Je ne sais pas quoi dire. Elle non plus.
La lumière rouge danse entre nous.
— Pourquoi t'as fait ça ? demandé-je.
Elle sort de la douche, ses vêtements froissés, ses cheveux en désordre. Elle baisse les yeux.
— Quoi ?
— Pourquoi tu t'es laissé faire ? Pourquoi tu m'as sucé ? On se connaît même pas.
— J'ai pas pu résister, murmure-t-elle. C'était plus fort que moi. Ton corps... et ça...
Elle regarde ma bite qui commence à peine à se détendre.
— Merde.
Je passe une main dans mes cheveux.
— Merde, on se connaît même pas.
— Je sais, dit-elle.
Elle lève les yeux vers moi.
— Pourquoi t'étais dans cet état quand je suis arrivée ?
— Parce que c'est pas ta chambre ici, dis-je en soupirant. La chambre d'amis, c'est juste après cette pièce. C'est la première porte à droite après la mienne .
Ses yeux s'écarquillent.
— Désolée.
— Mais t'as l'air de ne pas trouver ça bizarre, dis-je en la regardant fixement. Tu trouves un inconnu et tu couches avec lui.
— Je t'ai dit, j'ai pas pu résister. C'était plus fort que moi.
— Donc t'es habituée ?
— Jamais, répond-elle vivement. C'est ma première fois.
Je la regarde, incrédule.
— Ta première fois de baiser ? Ou ta première fois de baiser avec un inconnu ?
— Les deux.
— Les deux ? Comment ça les deux ? Tu m'as sucé la bite comme une pro et tu me dis que c'est ta première fois ?
Elle croise les bras, un sourire malicieux aux lèvres.
— Mais t'as pas répondu à ma question. T'attendais une fille ?
Je soupire. Je me tourne vers la table de nuit, j'attrape mon téléphone.
— Bien sûr que j'attendais une fille. J'ai fait appel à une escorte qui devait passer me voir.
J'ouvre mes messages, je cherche la conversation avec Isabelle.
Et là, je vois.
La fille est bloquée. Isabelle m'a bloqué.
— Merde, dis-je en fixant l'écran. En plus de me voler mon argent, elle m'a bloqué.
Lila s'approche, jette un coup d'œil à l'écran.
Je la regarde.
— Désolé, dis-je. Je savais pas que t'étais pas celle que je croyais.
Elle sourit. Un sourire franc, presque amusé.
— Ne sois pas désolé, dit-elle. Qui t'a dit que j'ai pas aimé ?
Elle tend la main.
— Je m'appelle Lila. Enchantée de faire ta connaissance. Je suis la nouvelle servante.
Elle me fait un clin d'œil.
Puis elle ramasse son sac posé près de la porte. Elle l'ouvre, elle sort un petit téléphone. Elle l'allume.
Elle se tourne vers moi, un dernier sourire.
— À demain, Ethan.
Elle ouvre la porte. Elle disparaît dans le couloir.
Je reste là, debout, la bouche entrouverte.
— Mais wahou...
Chapitre 34Point de vue de LilaTrois mois ont passé depuis cette nuit dans le jardin, sous les étoiles, et ma vie a pris une forme que je n'aurais jamais osé imaginer il y a encore quelques mois, quand je rangeais des verres vides dans cette même cuisine, les mains tremblantes.Je referme mon classeur de cours en entendant la porte d'entrée s'ouvrir. Les études de gestion me prennent trois jours par semaine maintenant, et je rentre toujours avec cette satisfaction discrète de quelqu'un qui reconstruit sa vie pierre par pierre, à son rythme, sans plus jamais avoir à choisir entre ses rêves et les factures à payer.— Comment s'est passé ton cours de comptabilité ? demande Ethan en entrant dans le salon, sa cravate déjà desserrée après une journée passée à s'initier, avec une bonne volonté touchante, à la gestion de certaines affaires familiales aux côtés de sa mère.— Ennuyeux à mourir, dis-je en riant, mais je m'en sors.Il m'embrasse rapidement avant de se laisser tomber sur le cana
Chapitre 33Point de vue de LilaLa salle à manger a été transformée pour l'occasion — la longue table dressée avec une élégance que je n'avais encore jamais vue dans cette maison, malgré les semaines passées à y travailler. Des bougies, une nappe blanche impeccable, des fleurs fraîches disposées avec un soin qui ne doit rien au hasard.Je lisse ma robe pour la dixième fois, debout devant le miroir de la chambre d'Ethan, le cœur battant.— Tu es magnifique, dit-il derrière moi, en posant ses mains sur mes épaules. Arrête de t'inquiéter.— Facile à dire pour toi. Tu les connais déjà, tes oncles.— Et ils vont t'adorer, dit-il, en déposant un baiser sur ma tempe. Fais-moi confiance.Quand nous descendons, la famille est déjà en partie arrivée — deux hommes en costume, une femme élégante à leurs côtés, et Madame de Vries qui les accueille avec ce sourire mondain qu'elle maîtrise à la perfection. En nous voyant descendre l'escalier, elle se tourne vers eux avec une fierté que je ne lui co
Chapitre 32Point de vue d'EthanDes coups légers résonnent contre la porte, tirant un instant Lila de son sommeil contre moi. Je me redresse doucement, attrapant un t-shirt qui traîne au pied du lit, et je m'avance vers la porte en la refermant à moitié derrière moi pour ne pas la réveiller complètement.J'entrouvre.Ma mère se tient dans le couloir, encore en tenue de soirée, un sac à main sur l'épaule, l'air de quelqu'un qui vient tout juste de rentrer.— Maman ? Tu es rentrée tôt, finalement.Elle jette un regard rapide derrière moi, vers la chambre plongée dans la pénombre, et je vois immédiatement qu'elle comprend la situation.— Je vois que tu es... occupé, dit-elle, avec un mélange d'amusement et de gêne dans la voix. Je repasserai demain matin.— Maman, attends.Elle s'arrête, une main déjà posée sur la rampe de l'escalier.— Oui ?Un silence gênant s'installe, et je vois qu'elle hésite elle-même à poser la question qui lui brûle visiblement les lèvres.— Tu utilises une prot
Chapitre 31 LE POINT DE VUE DE lila Ses lèvres étaient toujours collées aux miennes, cette violence délicieuse qui nous avait consumés, mais mon corps réclamait bien plus que cette friction de bouches et de langues. Une faim brutale, primitive, s’est emparée de mes entrailles. Sans rompre le baiser, j’ai avancé d’un pas, forçant Ethan à reculer. Il a obéi sans résistance, les jambes un peu molles, jusqu’à ce que ses talons heurtent le bord du lit. D’un coup de rein sec, déterminé, je l’ai poussé. Il est tombé à la renverse, s’affalant sur le matelas immaculé qui gronda sous son poids.Je ne lui ai pas laissé le temps de se redresser. À genoux sur le drap frais, je me suis penchée sur lui, les cheveux défaits tombant en cascade autour de nos visages. Mes doigts ont agrippé le col de sa chemise, le tissu crispé sous ma pression. D’un geste félin, impérieux, j’ai tiré de toutes mes forces. Le tissu a craqué, les boutons ont sauté dans la pièce, ricochant sur le parquet et les murs, tom
Chapitre 30 Point de vue d'EthanL'interrogatoire de la mère de Lila dure près d'une heure — des questions sur ma famille, sur mes études que je n'ai jamais vraiment terminées, sur mes intentions, posées avec une franchise désarmante qui me rappelle furieusement sa fille.— Vous savez cuisiner, au moins ? demande-t-elle à un moment, mi-sérieuse mi-taquine.— Pas vraiment, madame, avoué-je, et Lila pouffe de rire à côté de moi.— Il faudra y remédier, dit-elle avec un sourire fatigué. On ne peut pas nourrir ma fille de plats livrés toute sa vie.Quand l'infirmière entre pour les derniers soins du soir, je comprends que c'est le signal pour nous de partir. Je me lève, salue sa mère avec un respect que je n'affichais avec presque personne avant elle.— C'était un plaisir de vous rencontrer, madame.— De même, jeune homme. Prenez soin d'elle.— Je vous le promets.Dans le couloir, une fois la porte refermée derrière nous, Lila se tourne vers moi, un sourire encore accroché aux lèvres.—
Chapitre 29Point de vue d'EthanJe trouve ma mère dans le salon, un dossier ouvert sur la table basse, ses lunettes de lecture posées sur le bout du nez. Elle lève les yeux quand j'entre, et quelque chose dans mon expression doit trahir l'importance de ce qui va suivre, parce qu'elle retire ses lunettes tout de suite, comme pour me donner toute son attention.— Ethan. Tu l'as retrouvée ?— Oui.— Et ?Je m'assois en face d'elle, les mains jointes, cherchant mes mots pendant une seconde avant de me lancer.— Maman, je veux qu'elle revienne. Pas comme employée. Comme... comme la femme que j'aime.Le silence qui suit s'étire, interminable. Ma mère me fixe, son visage impénétrable comme toujours quand elle réfléchit à quelque chose de sérieux.— Tu es sûr de ce que tu dis ?— Je n'ai jamais été aussi sûr de quoi que ce soit.Elle se lève, va vers la fenêtre, me tournant le dos un moment — ce geste qu'elle a toujours quand elle a besoin de rassembler ses pensées avant de parler.— Tu sais







