Mag-log inIl avait toujours cru que, brisé par la tristesse, Xavier avait tout cédé. Tout abandonné. Pouvoir, biens, espoir.
Et apprendre aujourd’hui qu’il pouvait encore être détenteur d’un autre patrimoine, capable de les extirper du chaos, le rendait fou de rage.Si cela s’avérait vrai, alors ces six longues années passées à œuvrer dans l’ombre à tirer les ficelles, à pousser cette famille vers la ruine n’auraient servi à rien.Et ça, il ne pouvait pas se le permettre. Pa— Elle… Elle est où, Ava… ? déclara Paul d’une voix brisée, chaque mot lui arrachant un effort visible. Ses lèvres tremblaient encore, comme si parler était un combat contre l’épuisement.— Ne parle pas trop, mon cœur. Les médecins ont été clairs : tu dois te reposer, murmura Flavia en caressant doucement sa main. Pour Ava… elle doit être dans les environs. Elle arrive, mon amour.Sa voix était douce. Trop douce.Paul la fixa longuement. Il connaissait cette femme par cœur le moindre battement de ses cils, la plus légère inflexion dans son ton. Et là… quelque chose sonnait faux. Un détail infime. Une ombre dans son regard.Elle lui cachait quelque chose. Il en était certain.Mais il était trop faible pour mener un interrogatoire. Et trop heureux d’être encore en vie pour briser cet instant fragile.Alors il se contenta de hocher la tête, esquissant un sourire rassurant. Un sourire pour lui dire : je suis revenu.Un souri
— Non, frère… tu plaisantes, j’espère ? — Pas du tout. Elle ressemble trait pour trait à Ximena. Je te jure, on dirait sa jumelle. Mais c’est impossible… J’ai grandi avec Ximena. Elle n’avait ni sœur jumelle, ni enfant caché, ni secret de famille. Rien. Et pourtant… Alfred, je me demande comment deux personnes peuvent se ressembler à ce point. — Tu connais cette théorie qui dit qu’on a tous cinq ou six sosies quelque part dans le monde ? Je crois que tu viens de croiser celui de ton ex-fiancée… paix à son âme. Un silence lourd s’installa. — Tu sais ce qui est le plus triste dans cette histoire ? — Non. Dis-moi, mon frère. — C’est qu’elles ont le même démon. La drogue. Et je ne veux pas qu’Ava finisse comme Ximena. Pas encore. Pas une deuxième fois. S’il te plaît, Alfred… aide-moi. La voix de Kevin tremblait à peine, mais Alfred le connaissa
— Je t’ai interdit de m’appeler comme ça ?Xavier la fixa longuement. Un silence lourd. Presque coupant. Puis il lâcha, d’une voix tendue :— Combien de temps comptes-tu continuer ainsi, Seraleonne ? Oui, je t’ai menti sur mon identité. Mais à part ça ? À part t’avoir caché que j’étais détenteur de millions aujourd’hui dilapidés par ce vaurien que j’appelais mon meilleur ami… qu’est-ce que tu me reproches encore ?Ses yeux brillèrent d’une colère contenue.— Le manque de confiance que tu as manifesté à mon égard.Il passa une main nerveuse dans ses cheveux.— Bébé… si je ne voulais pas que tu saches qui je suis vraiment, je ne t’aurais jamais fait entrer dans cette société. Je ne t’aurais jamais exposée à mon ancien monde, à l’homme que j’étais. Dire que je n’ai pas eu confiance en toi… c’est dur. Très dur. Je dirais plutôt que… j’ai manqué de temps, mon cœur.Elle haussa les sourcils.— De temps ?— Ou
Il avait toujours cru que, brisé par la tristesse, Xavier avait tout cédé. Tout abandonné. Pouvoir, biens, espoir.Et apprendre aujourd’hui qu’il pouvait encore être détenteur d’un autre patrimoine, capable de les extirper du chaos, le rendait fou de rage.Si cela s’avérait vrai, alors ces six longues années passées à œuvrer dans l’ombre à tirer les ficelles, à pousser cette famille vers la ruine n’auraient servi à rien.Et ça, il ne pouvait pas se le permettre. Pas après tout ce qu’il avait sacrifié.— Je dois savoir d’où vient cette soudaine somme d’argent, déclara-t-il d’une voix âpre, chargée de venin.Dès que je connaîtrai sa provenance… je me ferai un plaisir de tout réduire en cendres, comme je l’ai déjà fait avec leur société.Il refusait d’admettre que cette famille puisse encore espérer. Qu’elle puisse, une fois de plus, frôler le salut.Son père, lui, n’avait jamais eu cette chance. Brisé par la faillite, il ne s’
Les portes de la salle de réunion s’ouvrirent presque fracassantes, brisant le murmure ambiant comme un coup de tonnerre.Xavier fut le premier à faire son entrée, le pas ferme, l’allure tranchante, suivi de ses deux secrétaires : Seraleonne et Stelly, qui lui emboîtaient le pas avec un professionnalisme irréprochable.— Merci pour votre présence, déclara Xavier d’une voix autoritaire, qui n’admettait aucune contestation.Seraleonne et Stelly allèrent se placer au fond de la vaste salle, l’une à gauche, l’autre à droite. Carnets de notes grands ouverts, stylos prêts à mordre le papier, elles avaient l’oreille suspendue aux lèvres de leur patron.— Alors, sans plus tarder, passons à l’essentiel. Veuillez vous rasseoir, s’il vous plaît.Employés et associés obéirent aussitôt, reprenant place après s’être levés à son entrée.Xavier croisa lentement les mains devant lui.— Comme vous le savez sûrement, l’entreprise est dans
Le trajet jusqu’à l’entreprise fut, pour Séraléonne, un véritable supplice.Chaque kilomètre pesait comme une condamnation silencieuse. Son cœur battait trop vite, sa gorge était nouée. Elle redoutait ce qu’elle allait voir… ou pire, qui elle allait rencontrer.Xavier reprendrait-il enfin les rênes, tel le patron charismatique et respecté qu’il avait toujours été ?Et surtout… comment elle allait-elle réagir face à lui ? Était-elle réellement prête à travailler sous sa surveillance, à croiser son regard chaque jour, comme si rien n’avait jamais existé entre eux ?Une vérité s’imposait désormais à elle, brutale et implacable :son mystérieux bienfaiteur, l’homme qui lui avait offert ce poste quand elle en avait désespérément besoin...n’était autre que Xavier ? Tout ce temps, elle s’était épuisée à chercher un visage, un nom, une main tendue sortie de l’ombre.Et voilà que cette main appartenait à celui qu’elle aimait.







