Home / Romance / ENTRE LE PÈRE ET LE FILS / CHAPITRE 7 : PREMIER RENDEZ-VOUS

Share

CHAPITRE 7 : PREMIER RENDEZ-VOUS

Author: Déesse
last update publish date: 2026-09-26 04:38:47

Leandro

Je l'attends devant la fontaine de la Piazza Santa Maria in Trastevere, les mains enfoncées dans les poches de mon manteau, le regard fixé sur l'eau qui jaillit et retombe en cascade, inlassablement, comme si elle cherchait à épuiser le monde, comme si elle voulait noyer le temps, comme si elle tentait de laver les péchés de cette ville qui en compte tant. Il est dix-sept heures. Elle avait dit dix-sept heures. Je suis arrivé à seize heures trente, parce que je ne tenais plus en place,
Continue to read this book for free
Scan code to download App
Locked Chapter

Latest chapter

  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 16 : LA PREMIÈRE MAIN TENUE

    ZairaJe rentre chez moi en courant. Je grimpe les escaliers quatre à quatre. Je claque la porte. Je m'adosse au mur. Je ferme les yeux. Je respire. Sa main. Sa main dans la mienne. Sa main sur ma peau. Sa main qui tremblait. Sa main qui me tenait. Sa main qui ne voulait plus me lâcher. Je n'arrive pas à y croire. Je n'arrive pas à réaliser. Je n'arrive pas à comprendre. J'ai touché un homme. Moi. Zaira. La fille qui a peur des hommes. La fille qui fuit les hommes. La fille qui déteste les hommes. J'ai touché un homme. Et je n'ai pas eu peur. Et je n'ai pas fui. Et je n'ai pas détourné la tête. J'ai touché un homme. Et j'ai aimé ça. Et j'en veux encore. Et j'en veux plus. Et j'en veux toujours.Je m'assois par terre. Dans l'entrée. Sans enlever mon manteau. Sans allumer la lumière. Je fixe le mur d'en face. Les fissures. Les ombres. Les souvenirs. Et je pense à lui. À Leandro. À sa main. À sa chaleur. À sa douceur. À sa force. Sa main, c'était comme une promesse. Une promesse de sécur

  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 15 : DEUXIÈME RENDEZ-VOUS 2

    Ses mots me touchent. Ses mots me bouleversent. Ses mots me ressemblent. Moi aussi, je voudrais être écrivain. Moi aussi, je voudrais vivre dans une petite maison. Loin de Rome. Loin du bruit. Loin de tout. Moi aussi, je voudrais être libre. Simplement libre.— Et tes peurs ? demandé-je encore.— Mes peurs ? J'ai peur de mon père. J'ai peur de le décevoir. J'ai peur de ne pas être à la hauteur. J'ai peur de ne pas être digne de son héritage. J'ai peur de ne pas être digne de son nom. J'ai peur de ne pas être digne de tout ce qu'il m'a donné. J'ai peur de ne pas être digne de tout ce qu'il attend de moi. J'ai peur de ne pas être digne de tout ce qu'il m'a donné.Il s'arrête. Il me regarde. Ses yeux clairs sont pleins de larmes. De peur. De doute. D'espoir.— Et j'ai peur de te perdre. J'ai peur de te faire du mal. J'ai peur de ne pas être à la hauteur. J'ai peur de ne pas être digne de toi. J'ai peur de ne pas être digne de tout ce que tu es.Je le regarde. Longuement. Intensément. Je

  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 14 : DEUXIÈME RENDEZ-VOUS

    ZairaJe lui ai envoyé un message. Trois mots. Simples. Courts. Effrayants. « On peut se voir. » Il a répondu immédiatement. « Quand tu veux. Où tu veux. » J'ai proposé le jardin des Orangers, sur l'Aventin. Un endroit calme. Un endroit beau. Un endroit où je me sens en sécurité. Il a accepté. Sans hésiter. Sans poser de questions. Sans rien demander en retour. Et aujourd'hui, je suis là. Je l'attends. Le cœur battant. Les mains tremblantes. L'esprit en déroute.Le jardin des Orangers est un lieu magique. Perché sur la colline de l'Aventin, il domine Rome de sa beauté tranquille. Les allées sont bordées d'orangers chargés de fruits, les bancs de pierre sont ombragés par des pins centenaires, l'air embaume le citron et le romarin. On entend les cloches des églises, les rires des enfants, les pas des promeneurs. C'est un havre de paix. Un refuge. Un secret. Mon secret. Je viens ici quand je suis triste. Quand je suis perdue. Quand je ne sais plus où j'en suis. Je m'assois sur le banc fa

  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 13 : LA VÉRITÉ 2

    Je la regarde. Longuement. Intensément. Je voudrais lui dire que je ne peux pas prouver quelque chose qui n'est pas encore arrivé. Je voudrais lui dire que la confiance, ça se construit. Ça se gagne. Ça se mérite. Je voudrais lui dire que je suis prêt à attendre. À patienter. À me battre. Je voudrais lui dire tout ça. Mais je ne dis rien. Parce que les mots ne suffisent pas. Les mots, elle les a trop entendus. Les mots, ils l'ont trop blessée. Les mots, ils sont devenus pour elle des armes, des pièges, des mensonges. Alors je me tais. Je la laisse décider. Je la laisse choisir. Je la laisse partir ou rester.Elle se lève. Elle prend son sac. Elle me regarde. Ses yeux sont pleins de larmes. De peur. De doute. D'espoir. Elle ouvre la bouche. Elle va dire quelque chose. Et puis, elle se ravise. Elle secoue la tête. Elle tourne les talons. Elle part.Je reste seul. Assis à cette table. Face à ce café froid. Face à ce silence. Face à moi-même. Je ne bouge pas. Je ne pleure pas. Je ne crie

  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 12 : LA VÉRITÉ

    LeandroJe suis arrivé en avance. Une heure en avance. Je ne tenais plus. Je ne pouvais plus rester dans cet appartement trop grand, trop vide, trop silencieux. J'avais besoin d'air. J'avais besoin d'espace. J'avais besoin de sentir que ce moment allait vraiment arriver. Alors je suis venu. Je me suis installé à la même table que la première fois. Celle du coin, près de la fenêtre. Celle qui nous protégeait des regards. Celle qui nous isolait du monde. J'ai commandé un café. Je ne l'ai pas bu. Je le regarde refroidir. Je regarde la porte. J'attends.Elle arrive à dix-sept heures précises. Ponctuelle. Comme la première fois. Mais quelque chose a changé. Elle est plus pâle. Plus tendue. Plus fermée. Ses yeux noirs sont cernés. Ses lèvres sont serrées. Ses épaules sont voûtées. Elle a pleuré. Je le vois. Je le sens. Je le sais. Et mon cœur se serre.Elle s'assoit en face de moi. Sans un mot. Sans un sourire. Sans un regard. Elle pose son sac sur la chaise à côté d'elle. Elle croise les b

  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 11 : LA DÉCOUVERTE

    Fiorenza soupire. Elle s'assoit à côté de moi. Elle me prend la main.— Et alors ?— Comment ça, et alors ?— Et alors, qu'est-ce que ça change ?— Tout !— Quoi, tout ? Tu l'aimes ?— Je ne l'aime pas.— Tu l'aimes. Je le vois. Je l'entends. Tu l'aimes.— Je ne peux pas l'aimer. Il m'a menti.— Il ne t'a pas menti. Il ne t'a rien dit. Ce n'est pas pareil.— C'est pire !— Pourquoi ?— Parce qu'il m'a laissée croire que…— Que quoi ?— Que c'était possible. Qu'on pouvait se connaître. Qu'on pouvait… je ne sais pas. Être ensemble. Mais ce n'est pas possible. On ne vient pas du même monde. On ne vit pas la même vie. On ne peut pas…— Qui a dit ça ?— Personne. C'est évident.— Ce n'est pas évident. Rien n'est évident. Tu as peur. C'est tout. Tu as peur parce qu'il est riche. Tu as peur parce qu'il est puissant. Tu as peur parce qu'il pourrait te faire du mal. Mais tu sais quoi ? Les pauvres aussi font du mal. Les pauvres aussi mentent. Les pauvres aussi trahissent. La richesse n'est pas

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status