تسجيل الدخولQuand j'ouvre enfin les yeux, il me regarde. Son visage est illuminé d'une joie pure, presque enfantine. Il a réussi. Il m'a donné ce que personne ne m'avait jamais donné. Et il en est heureux, simplement heureux, sans orgueil, sans vanité.
— Maintenant, dis-je en posant ma main sur sa joue. Maintenant, viens en moi.
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Je le regarde.Je n'ai jamais pris le temps de regarder un homme dormir. Les nuits que j'ai passées avec d'autres étaient des nuits de travail, des performances où il fallait être parfaite jusqu'au bout, où il fallait partir avant l'aube pour ne pas avoir à affronter la gêne du réveil, les corps qui se découvrent à la lumière crue du jour, les illusions de la nuit qui s'effritent.Ce matin, je reste. Et je regarde.Ses cheveux roux sont une explosion désordonnée sur l'oreiller de fortune, emmêlés par mes doigts, par nos étreintes, par la sueur de la nuit. Quelques mèches retombent sur son front, cachant à dem
Quand j'ouvre enfin les yeux, il me regarde. Son visage est illuminé d'une joie pure, presque enfantine. Il a réussi. Il m'a donné ce que personne ne m'avait jamais donné. Et il en est heureux, simplement heureux, sans orgueil, sans vanité.— Maintenant, dis-je en posant ma main sur sa joue. Maintenant, viens en moi.Il obéit. Il se positionne au-dessus de moi, et je guide son sexe jusqu'à mon entrée. Il est chaud, lourd, vibrant de désir contenu. Il pousse doucement, lentement, me laissant le temps de m'adapter à lui, de l'accueillir, de l'envelopper.Quand il est enfin tout entier en moi, il s'immobilise. Son front tombe contre le mien. Ses yeux sont fe
La lumière des braises caresse ma peau, dessine des ombres mouvantes sur mes courbes, allume des reflets d'ambre dans mes cheveux défaits. Je devrais avoir peur. Je devrais vouloir me cacher. J'ai passé ma vie à être regardée, mais jamais comme ça. Jamais par des yeux qui voient au-delà de la surface.Il me regarde. Longuement. Silencieusement. Ses yeux verts parcourent mon corps comme on parcourt un paysage aimé, s'attardant sur chaque détail, chaque vallée, chaque colline. Il ne dit rien, mais son regard dit tout. Il dit la beauté qu'il voit. Il dit le désir qu'il ressent. Il dit le respect qu'il me porte.— Tu es...Sa voix s'étrangle. Il ne trouve pas les mots. Il secoue légèrement la tête, comme pour dire qu'aucun mot ne serait à la hauteur.Puis il s'agenouille de nouveau.Et il pose ses lèvres sur mon ventre.Le contact est doux, presque révérencieux. Un baiser de pèlerin devant une icône sacrée. Ses lèvres sont chaudes, légèrement rugueuses, et la tendresse de ce geste , lui,
GIULIA---La chandelle s'est éteinte mais les braises du foyer jettent assez de lumière pour dessiner les contours de son visage, pour allumer des reflets d'or rouge dans ses cheveux défaits, pour transformer ses yeux verts en deux éclats de malachite dans la pénombre. Il est agenouillé devant moi, et ce renversement des rôles – lui à mes pieds, moi sur cette chaise de bois brut – est la chose la plus troublante qui me soit arrivée depuis longtemps.Je suis habituée aux hommes agenouillés. C'est leur position naturelle quand ils me courtisent, quand ils me supplient, quand ils promettent monts et merveilles pour une nuit avec moi. Mais Lorenzo n'est pas agenouillé pour supplier. Il n'est pas agenouillé pour obtenir quelque chose. Il
Il se lève, s'affaire avec le bois et le soufflet. Les flammes renaissent, d'abord timides, puis plus assurées, projetant leur lumière dorée sur son visage concentré, sur ses mains habiles, sur sa poitrine nue où la toison rousse semble prendre feu à son tour.Il se tourne vers moi. Il hésite.— J'ai une chemise sèche. Elle sera trop grande pour toi, mais au moins tu n'auras plus froid.Il disparaît derrière un rideau qui cache sans doute un réduit, revient avec une chemise de lin blanc, propre mais usée, pliée avec soin. Il me la tend sans me regarder, comme s'il avait peur que ce geste soit mal interprété.
Je fais un pas vers lui. La pluie redouble, comme si le ciel lui-même voulait participer à cette confession.— Et je meurs aussi parce que je t'aime.Les mots tombent entre nous comme des pierres dans l'eau, créant des rides qui s'élargissent, qui se propagent, qui changent tout.— Je t'aime, Lorenzo. Je t'aime comme je n'ai jamais aimé personne. Je t'aime avec une force qui me terrifie, parce que je ne sais pas comment on fait. Je n'ai jamais appris. J'ai passé ma vie à singer l'amour, à le vendre, à le contrefaire. Mais le vrai amour, celui qui vous prend aux tripes et ne vous lâche plus, celui qui vous fait traverser Rome sous la pluie au milieu de la nuit, cel
RaphaelLe retour au palais est une opération furtive, menée dans les coulisses de la nuit. Giulia, enveloppée dans un manteau sombre et sec que l'un de mes hommes a apporté, grelotte contre moi. Son frisson n'est plus seulement dû au froid ; c'est la réaction du corps après l'adrénaline et la peur
RaphaelLa pièce sent encore son parfum. Un mélange enivrant de jasmin et de défi. Ce n’est plus l’odeur de la jeune fille en cage que j’ai rencontrée il y a des semaines de cela. C’est l’arôme d’un pouvoir naissant, sauvage et décomplexé. Celui d’une reine qui apprend à se servir de sa couronne co
GiuliaLa nouvelle de nos fiançailles se répandit dans Venise comme une marée noire. Elle ne fut pas annoncée par des cris de joie ou des fanfares, mais par un silence lourd, puis par un chuchotement glacial qui glaça les canaux. La Fille de Venise et le Loup des Mers. L’alliance de la soie et du s
GiuliaLe bal des Contarini était fini, mais son poison, lui, travaillait. La proposition de Raphael – cette offre de mariage sauvage, plus proche d’une déclaration de guerre que d’une demande en bonne et due forme – tournait dans mon esprit, un vin âcre dont je savourais l’amertume. Mon père, l’ét







