Share

Décision

Penulis: Dija831
last update Tanggal publikasi: 2026-04-04 12:39:05

À plusieurs centaines de kilomètres de là, l'ambiance était radicalement différente. Dans un bureau feutré de Paris, Adrien Beaumont régnait sur son empire de bois sombre et de verre. La lumière dorée du crépuscule filtrait à travers les stores, découpant des ombres géométriques sur le tapis épais. Face à lui, deux collaborateurs semblaient presque intimidés par son mutisme calculé.

— Reprenons, dit enfin Adrien d'une voix calme mais impérieuse, tout en faisant tourner un stylo de luxe entre ses doigts. Le client de Lyon exige que l'audit soit avancé de soixante-douze heures. Est-ce un objectif réaliste ou une utopie ?

Marc, le vétéran de l'équipe, s'ajusta nerveusement.

— Techniquement, c'est jouable, patron. Mais cela demande de réorganiser toute la chaîne et d'imposer des heures supplémentaires épuisantes à l'équipe de nuit.

— Alors nous paierons le prix fort pour ces heures, trancha Adrien sans sourciller. Je refuse le moindre compromis sur la qualité. Notre réputation est bâtie sur l'excellence et le respect des délais. Qu'ils doublent les effectifs s'il le faut.

Sophie, son assistante, ne put s'empêcher de glisser un commentaire admiratif :

— On se demande parfois si vous dormez, Monsieur Beaumont. Vous avez toujours trois coups d'avance sur tout le monde.

Adrien ne répondit que par un sourire fugace, presque cynique.

— Le sommeil est un luxe que la réussite ne permet pas toujours. Allez, je veux un rapport complet sur mon bureau avant demain huit heures.

Une fois seul, le silence du bureau parut peser sur ses épaules. Il saisit son téléphone et vit un message de sa mère : « N'oublie pas de rentrer tôt. On a quelque chose d'important à te dire. »

Il fronça les sourcils, une moue d'agacement sur le visage.

— Encore une de leurs réunions de crise familiales... murmura-t-il pour lui-même avant de saisir sa veste de costume.

Lorsqu'il franchit le seuil de la demeure bourgeoise, il fut accueilli par un tourbillon d'énergie. Zoé, sa jeune sœur, fonça sur lui avec la fougue d'une enfant.

— Adrien ! Enfin ! Tu travailles trop, tu vas finir par te transformer en dossier Excel !

Il la réceptionna de justesse, riant malgré lui de son enthousiasme débordant.

— Doucement, petite tornade ! Si tu continues, tu vas m'envoyer à l'hôpital avant l'heure.

Depuis la cuisine, leur mère Béatrice.

fit son apparition, essuyant ses mains sur un tablier impeccable.

— Mon fils, tu es enfin là. Tu as l'air épuisé, mais ton visage rayonne de succès.

— C'est l'habitude, maman, répondit-il en déposant un baiser respectueux sur son front. Où est passé le paresseux de service ?

— Ici ! grogna une voix grave venant du salon.

Julien était vautré dans le canapé, les yeux rivés sur son smartphone. Il leva à peine la tête pour saluer son frère.

— Alors, le grand magnat du chiffre ? Tu as fini de sauver l'économie ou il reste encore quelques miettes à ramasser ?

Adrien s'installa dans le fauteuil en face de lui, un sourire moqueur aux lèvres.

— Si je ne le fais pas, ce n'est pas toi qui t'en chargeras depuis ce canapé. Tu pourrais au moins te tenir droit quand le chef de famille rentre.

— Un jour, peut-être. Quand j'aurai fini ce niveau, répliqua Julien avec une nonchalance calculée.

La mère prit soudain une inspiration profonde, son visage reprenant un air sérieux qui coupa court aux taquineries.

— Adrien, assieds-toi correctement. Nous devons discuter sérieusement.

L'instinct de l'expert-comptable se réveilla instantanément.

— Qu'y a-t-il, maman ? Un problème avec la maison ?

Elle échangea un regard complice avec Zoé, qui semblait bouillir d'impatience.

— Ta tante Martine de Nice m'a téléphoné. Sa fille, Clémence Vallet, arrive demain. Elle va s'installer ici pour quelques mois.

— Demain ? répéta Adrien, la surprise laissant place à une irritation visible. Elle vient vivre ici, au milieu de nous, sans prévenir ?

— Pour parfaire ses études et changer d'air, confirma la mère.

Zoé frappa dans ses mains, ravie.

— C'est génial ! Enfin une présence féminine avec qui je pourrai vraiment discuter ! On va bien s'amuser.

Julien haussa les épaules, imperturbable.

— Tant qu'elle ne touche pas à ma console et qu'elle ne fait pas trop de bruit le matin, elle peut bien venir de Mars.

Adrien resta silencieux, l'esprit déjà en train d'analyser les complications à venir.

— Et elle est comment, cette cousine ? Une petite fille timide perdue dans la grande ville ?

Sa mère eut un sourire énigmatique.

— Têtue, fière, extrêmement sûre d'elle. En vérité, Adrien... elle est ton portrait craché au féminin.

Adrien se redressa, presque offensé par la comparaison.

— Maman, c'est exactement le genre de profil dont nous n'avons pas besoin ici. Elle va monter la tête à Zoé et transformer cette maison en champ de bataille.

Zoé fronça les sourcils, outrée.

— Hé ! Je ne suis pas une enfant qu'on influence ! Et puis, un peu de répondant ne te ferait pas de mal, grand frère.

— Ou alors... intervint sa mère avec un air de défi, tu as peur de tomber sur quelqu'un qui te tienne tête ? Adrien Beaumont, ton ego commence à prendre trop de place dans ce salon.

— Moi ? Peur ? ricana-t-il. C'est ridicule. Qu'elle vienne. Mais je vous préviens : si elle cherche à imposer ses lois, elle comprendra vite qui dirige ici. Pour ma part, je l'ignorerai royalement.

Julien laissa échapper un rire sonore.

— Deux tempéraments de feu sous le même toit... Je vais préparer le pop-corn, ça va être épique.

Adrien se leva brusquement, récupérant ses clés.

— J'ai entendu assez de bêtises pour ce soir. Je sors. Hugo et Salif m'attendent en club.

Sa mère croisa les bras, une lueur de reproche dans les yeux.

— Adrien Beaumont, quand cesseras-tu de courir les nuits parisiennes et de papillonner à gauche et à droite ? Tu as l'âge de te stabiliser. Marie-toi, trouve une femme de valeur !

Il s'arrêta net devant la porte, un sourire amer aux lèvres.

— Maman, tu sais ce que je pense des femmes de nos jours. Elles voient le compte en banque avant l'homme. Tout n'est que matériel. Je préfère ma liberté à un contrat basé sur l'intérêt.

— Tu te trompes lourdement, répliqua Zoé. Tu ne vois que ce que tu as envie de voir.

— Un jour, conclut sa mère avec tristesse, tu comprendras que les plus grands trésors ne s'achètent pas avec des chèques.

Adrien haussa les épaules, ferma la porte derrière lui et s'engouffra dans la nuit.

Lanjutkan membaca buku ini secara gratis
Pindai kode untuk mengunduh Aplikasi

Bab terbaru

  • Entre fierté et passion    la Demeure Beaumont

    Pov: Adrien Le vacarme de la Gare de Lyon s'est transformé en un bourdonnement lointain, comme si le monde entier venait de passer en sourdine. Je suis resté là, planté sur mes chaussures à huit cents euros, avec le sentiment ridicule d'avoir été pris de court.Moi, Adrien Beaumont, l'homme qui anticipe les krachs boursiers et les trahisons d'associés, je me retrouve désarmé par une gamine de vingt-trois ans qui descend d'un train de province.Ce n'est pas ce qui était prévu.Dans mon esprit, Clémence devait être une petite chose insignifiante, peut-être un peu trop bavarde, avec des manières de villageoise qu'il me serait facile d'écraser de mon mépris. Mais la femme qui se tient devant moi... elle a une présence qui m'insupporte autant qu'elle me fascine. Son trench-coat tombe parfaitement, ses yeux ne cillent pas. Elle ne me regarde pas comme un « grand cousin » ou comme un « riche expert-comptable ». Elle me regarde comme si elle lisait à travers mon costume sur mesure.« Je vous

  • Entre fierté et passion    La rencontre

    Le trajet vers la Gare de Lyon, au cœur de Paris, se fit dans un silence de plomb. Adrien était au volant de sa luxueuse berline allemande, les mains crispées sur le cuir du volant. À ses côtés, sa mère, Béatrice, fixait la route, le visage serein mais l'esprit aux aguets.La voiture glissait sur les quais de Seine. Le paysage parisien défilait : les immeubles haussmanniens, le reflet du soleil sur le fleuve et l'agitation matinale de la capitale.— Tu pourrais au moins détendre tes traits, Adrien, finit par lâcher sa mère sans détourner les yeux. On sent ton agacement à des kilomètres.Adrien laissa échapper un rire sec, presque nerveux.— Qu'est-ce que tu attends de moi, maman ? Que je saute de joie ? J'ai passé une partie de la nuit sur des dossiers... (il mentit par omission, masquant son escapade avec Inès) et maintenant, je dois jouer les chauffeurs pour une gamine dont j'ai à peine un souvenir flou.— Ce n'est pas une gamine. C’est la fille de Martine. Elle a ton sang. Et d'apr

  • Entre fierté et passion    L’obligation familiale

    Le lendemain matin, à la demeure des Beaumont, l'ambiance était à l'effervescence. Zoé avait déjà préparé le petit-déjeuner et Julien, pour une fois, était debout.Adrien entra dans le salon, les traits tirés par le manque de sommeil, mais impeccablement vêtu d'un costume gris anthracite.— Tiens, le revenant, lança Julien avec un sourire en coin. Tu as l'air d'avoir passé une nuit... productive.Adrien l'ignora et se tourna vers sa mère qui entrait dans la pièce, le visage rayonnant.— Adrien, c'est l'heure. Le train de Nice vient d'arriver à la Gare de Lyon. Tu vas m'accompagner pour l'accueillir.— Maman, j'ai des réunions importantes... commença-t-il.— Tes réunions attendront, coupa Béatrice avec une autorité inhabituelle. C'est ta famille, Adrien. Et je veux que tu sois le premier visage qu'elle voit en arrivant ici.Adrien soupira lourdement, ajustant les boutons de ses manchettes avec une nervosité contenue. L'odeur du café et des viennoiseries que Zoé avait préparées lui semb

  • Entre fierté et passion    Le calme avant la tempête

    L'obscurité de la nuit était déchirée par les néons vibrants du club privé. Dès qu'Adrien pénétra dans l'établissement, les basses profondes de l'électro moderne percutèrent sa poitrine. Hugo et Salif l'attendaient déjà, entourés de l'agitation frénétique des fêtards parisiens.— Eh, le patron ! hurla Hugo pour dominer le vacarme. Ce soir, on laisse le cabinet à la porte et on décompresse !Adrien leva son verre, une étincelle de défi dans les yeux.— À la liberté et aux nuits sans fin, les gars !Ils se dirigèrent vers le carré VIP.— Trois whiskys, les plus corsés, commanda Salif au barman qui s'exécuta avec agilité.Adrien balaya la salle du regard, savourant l'anonymat et l'ivresse ambiante.— Vous n'imaginez pas le calme que ça fait... Ici, personne ne me parle de mariage ou de cousine têtue qui débarque de Nice pour envahir mon espace.Hugo ricana en sirotant son verre.— Ta mère ne lâche pas l'affaire, hein ? Elle veut te voir passer la bague au doigt.— Elle a même invité une

  • Entre fierté et passion    Décision

    À plusieurs centaines de kilomètres de là, l'ambiance était radicalement différente. Dans un bureau feutré de Paris, Adrien Beaumont régnait sur son empire de bois sombre et de verre. La lumière dorée du crépuscule filtrait à travers les stores, découpant des ombres géométriques sur le tapis épais. Face à lui, deux collaborateurs semblaient presque intimidés par son mutisme calculé.— Reprenons, dit enfin Adrien d'une voix calme mais impérieuse, tout en faisant tourner un stylo de luxe entre ses doigts. Le client de Lyon exige que l'audit soit avancé de soixante-douze heures. Est-ce un objectif réaliste ou une utopie ?Marc, le vétéran de l'équipe, s'ajusta nerveusement.— Techniquement, c'est jouable, patron. Mais cela demande de réorganiser toute la chaîne et d'imposer des heures supplémentaires épuisantes à l'équipe de nuit.— Alors nous paierons le prix fort pour ces heures, trancha Adrien sans sourciller. Je refuse le moindre compromis sur la qualité. Notre réputation est bâtie s

  • Entre fierté et passion    Commencement

    À Nice, l'air de la petite cuisine était saturé par une vapeur délicieusement odorante. Clémence Vallet était penchée sur une imposante marmite en fonte, maniant sa grande cuillère en bois avec une concentration quasi religieuse. Elle mélangeait le riz d'un geste fluide, veillant à ce que chaque grain s'imprègne de l'huile et du suc des oignons caramélisés. À ses côtés, sa mère, Martine, maintenait une cadence effrénée, le couteau heurtant la planche à découper dans un rythme métronomique.— Clémence, arrête un peu de tourmenter ce riz ! lança Martine sans lever les yeux de ses légumes. Tu vas finir par en faire de la bouillie.Clémence redressa sa silhouette élancée, une mèche de cheveux s'échappant de son chignon. Un sourire malicieux étira ses lèvres, mais son ton resta ferme :— Mais maman, c'est moi qui connais la musique ! Si on ne le travaille pas avec douceur dès maintenant, la texture ne sera jamais parfaite.Martine suspendit son geste, soupira et secoua la tête. Elle ne pou

Bab Lainnya
Jelajahi dan baca novel bagus secara gratis
Akses gratis ke berbagai novel bagus di aplikasi GoodNovel. Unduh buku yang kamu suka dan baca di mana saja & kapan saja.
Baca buku gratis di Aplikasi
Pindai kode untuk membaca di Aplikasi
DMCA.com Protection Status