เข้าสู่ระบบLe lendemain matin, à la demeure des Beaumont, l'ambiance était à l'effervescence. Zoé avait déjà préparé le petit-déjeuner et Julien, pour une fois, était debout.
Adrien entra dans le salon, les traits tirés par le manque de sommeil, mais impeccablement vêtu d'un costume gris anthracite.
— Tiens, le revenant, lança Julien avec un sourire en coin. Tu as l'air d'avoir passé une nuit... productive.
Adrien l'ignora et se tourna vers sa mère qui entrait dans la pièce, le visage rayonnant.
— Adrien, c'est l'heure. Le train de Nice vient d'arriver à la Gare de Lyon. Tu vas m'accompagner pour l'accueillir.
— Maman, j'ai des réunions importantes... commença-t-il.
— Tes réunions attendront, coupa Béatrice avec une autorité inhabituelle. C'est ta famille, Adrien. Et je veux que tu sois le premier visage qu'elle voit en arrivant ici.
Adrien soupira lourdement, ajustant les boutons de ses manchettes avec une nervosité contenue. L'odeur du café et des viennoiseries que Zoé avait préparées lui semblait soudainement insupportable après sa nuit d'excès.
— Maman, sois raisonnable, reprit Adrien d'une voix traînante. J'ai un rendez-vous crucial avec les investisseurs à dix heures. C'est Julien qui devrait y aller. Il ne fait rien de ses journées à part fixer un écran.
Julien leva les mains en l'air, un morceau de croissant à la bouche.
— Oh non, grand frère ! Ne me mêle pas à tes obligations. Moi, je suis en vacances mentales. Et puis, tu sais bien que je risque d'oublier de l'attendre si je croise un pote.
Adrien ignora la provocation et se tourna vers sa sœur.
— Zoé, s'il te plaît, pars avec Julien. Prenez la berline, allez chercher cette Clémence et installez-la. Vous êtes bien plus chaleureux que moi pour ce genre d'accueil familial.
Sa mère, Béatrice, croisa les bras sur sa poitrine, son regard perdant instantanément sa douceur.
— Adrien Beaumont, j'ai dit que tu venais. Ce n'est pas une négociation commerciale. C'est ta cousine, elle arrive dans une ville qu'elle ne connaît pas, et la moindre des politesses est que le chef de famille soit présent.
— Le chef de famille a des factures à payer, maman ! répliqua-t-il, le ton montant d'un cran. Julien et Zoé suffisent largement pour une escorte. Pourquoi faire tout ce cinéma pour une fille que nous n'avons pas vue depuis dix ans ?
Zoé intervint, un sourire malicieux aux lèvres :
— Allez Adrien, n'aie pas peur ! Elle ne va pas te manger. À moins que maman n'ait raison et que tu redoutes déjà de tomber sur quelqu'un d'aussi borné que toi ?
Adrien fusilla sa sœur du regard. La fatigue de sa nuit avec Inès commençait à peser sur ses tempes.
— Ce n'est pas de la peur, c'est de la gestion de temps. Julien, lève-toi et prends les clés.
— Non, trancha la mère d'un ton qui n'admettait aucune réplique. Julien et Zoé resteront ici pour finir de préparer la chambre et le déjeuner. Tu vas monter dans cette voiture, tu vas aller à la Gare de Lyon, et tu vas accueillir Clémence avec le sourire. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ?
Adrien serra la mâchoire si fort qu'un muscle tressaillit sur sa tempe. Il savait qu'il avait perdu.
— Très bien, finit-il par cracher. Mais ne venez pas vous plaindre si l'accueil est glacial. Je n'ai pas d'énergie à perdre en mondanités ce matin.
Il ramassa son téléphone sur la table, lança un regard noir à Julien qui ricanait en silence, et sortit de la pièce à grands pas, laissant derrière lui une tension palpable.
Pov: Julien
J’avoue, la scène valait tout l’or du monde. Voir le grand Adrien Beaumont, le « requin de la finance », celui qui fait trembler ses collaborateurs d’un simple froncement de sourcils, se faire recadrer par maman entre deux tartines de confiture… c’est mon petit plaisir de la semaine.
Je me suis calé un peu plus profondément dans le canapé, savourant mon café autant que son agacement. Il était là, raide comme la justice dans son costume à trois pièces, les traits tirés (merci la nuit de débauche qu’il essaie de cacher, mais on n’est pas dupes), à essayer de nous refiler la corvée « Gare de Lyon ».
— « Oh non, grand frère ! Ne me mêle pas à tes obligations. Moi, je suis en vacances mentales. »
Franchement, j’ai failli m’étouffer de rire en voyant sa tête. Il me regarde toujours comme si j’étais un parasite parce que je préfère ma console à ses bilans comptables, alors le voir ramer pour essayer de m’envoyer au front à sa place, c’était magique.
Mais le clou du spectacle, c’est quand maman a sorti sa voix de fer. Celle qui ne tolère aucune remise en question, même de la part du « chef de famille » autoproclamé. Adrien a beau brasser des millions, quand maman fronce les sourcils, il redevient le petit garçon qui doit obéir.
Il a fini par craquer, bien sûr. Il est parti en faisant claquer ses talons sur le parquet, furieux, la mâchoire tellement serrée qu’il pourrait broyer des diamants.
— « Deux tempéraments de feu sous le même toit... » j’ai murmuré une fois qu’il a claqué la porte.
Je ne connais pas encore cette Clémence, mais si elle est vraiment aussi « tête de mule » que lui, je sens que je vais passer les meilleurs mois de ma vie. Je vais sortir le pop-corn, m'installer aux premières loges et regarder Adrien perdre ses moyens face à une fille qui ne sera pas impressionnée par son compte en banque.
Bonne chance, frérot. Tu vas en avoir besoin.
Pov: Adrien Le vacarme de la Gare de Lyon s'est transformé en un bourdonnement lointain, comme si le monde entier venait de passer en sourdine. Je suis resté là, planté sur mes chaussures à huit cents euros, avec le sentiment ridicule d'avoir été pris de court.Moi, Adrien Beaumont, l'homme qui anticipe les krachs boursiers et les trahisons d'associés, je me retrouve désarmé par une gamine de vingt-trois ans qui descend d'un train de province.Ce n'est pas ce qui était prévu.Dans mon esprit, Clémence devait être une petite chose insignifiante, peut-être un peu trop bavarde, avec des manières de villageoise qu'il me serait facile d'écraser de mon mépris. Mais la femme qui se tient devant moi... elle a une présence qui m'insupporte autant qu'elle me fascine. Son trench-coat tombe parfaitement, ses yeux ne cillent pas. Elle ne me regarde pas comme un « grand cousin » ou comme un « riche expert-comptable ». Elle me regarde comme si elle lisait à travers mon costume sur mesure.« Je vous
Le trajet vers la Gare de Lyon, au cœur de Paris, se fit dans un silence de plomb. Adrien était au volant de sa luxueuse berline allemande, les mains crispées sur le cuir du volant. À ses côtés, sa mère, Béatrice, fixait la route, le visage serein mais l'esprit aux aguets.La voiture glissait sur les quais de Seine. Le paysage parisien défilait : les immeubles haussmanniens, le reflet du soleil sur le fleuve et l'agitation matinale de la capitale.— Tu pourrais au moins détendre tes traits, Adrien, finit par lâcher sa mère sans détourner les yeux. On sent ton agacement à des kilomètres.Adrien laissa échapper un rire sec, presque nerveux.— Qu'est-ce que tu attends de moi, maman ? Que je saute de joie ? J'ai passé une partie de la nuit sur des dossiers... (il mentit par omission, masquant son escapade avec Inès) et maintenant, je dois jouer les chauffeurs pour une gamine dont j'ai à peine un souvenir flou.— Ce n'est pas une gamine. C’est la fille de Martine. Elle a ton sang. Et d'apr
Le lendemain matin, à la demeure des Beaumont, l'ambiance était à l'effervescence. Zoé avait déjà préparé le petit-déjeuner et Julien, pour une fois, était debout.Adrien entra dans le salon, les traits tirés par le manque de sommeil, mais impeccablement vêtu d'un costume gris anthracite.— Tiens, le revenant, lança Julien avec un sourire en coin. Tu as l'air d'avoir passé une nuit... productive.Adrien l'ignora et se tourna vers sa mère qui entrait dans la pièce, le visage rayonnant.— Adrien, c'est l'heure. Le train de Nice vient d'arriver à la Gare de Lyon. Tu vas m'accompagner pour l'accueillir.— Maman, j'ai des réunions importantes... commença-t-il.— Tes réunions attendront, coupa Béatrice avec une autorité inhabituelle. C'est ta famille, Adrien. Et je veux que tu sois le premier visage qu'elle voit en arrivant ici.Adrien soupira lourdement, ajustant les boutons de ses manchettes avec une nervosité contenue. L'odeur du café et des viennoiseries que Zoé avait préparées lui semb
L'obscurité de la nuit était déchirée par les néons vibrants du club privé. Dès qu'Adrien pénétra dans l'établissement, les basses profondes de l'électro moderne percutèrent sa poitrine. Hugo et Salif l'attendaient déjà, entourés de l'agitation frénétique des fêtards parisiens.— Eh, le patron ! hurla Hugo pour dominer le vacarme. Ce soir, on laisse le cabinet à la porte et on décompresse !Adrien leva son verre, une étincelle de défi dans les yeux.— À la liberté et aux nuits sans fin, les gars !Ils se dirigèrent vers le carré VIP.— Trois whiskys, les plus corsés, commanda Salif au barman qui s'exécuta avec agilité.Adrien balaya la salle du regard, savourant l'anonymat et l'ivresse ambiante.— Vous n'imaginez pas le calme que ça fait... Ici, personne ne me parle de mariage ou de cousine têtue qui débarque de Nice pour envahir mon espace.Hugo ricana en sirotant son verre.— Ta mère ne lâche pas l'affaire, hein ? Elle veut te voir passer la bague au doigt.— Elle a même invité une
À plusieurs centaines de kilomètres de là, l'ambiance était radicalement différente. Dans un bureau feutré de Paris, Adrien Beaumont régnait sur son empire de bois sombre et de verre. La lumière dorée du crépuscule filtrait à travers les stores, découpant des ombres géométriques sur le tapis épais. Face à lui, deux collaborateurs semblaient presque intimidés par son mutisme calculé.— Reprenons, dit enfin Adrien d'une voix calme mais impérieuse, tout en faisant tourner un stylo de luxe entre ses doigts. Le client de Lyon exige que l'audit soit avancé de soixante-douze heures. Est-ce un objectif réaliste ou une utopie ?Marc, le vétéran de l'équipe, s'ajusta nerveusement.— Techniquement, c'est jouable, patron. Mais cela demande de réorganiser toute la chaîne et d'imposer des heures supplémentaires épuisantes à l'équipe de nuit.— Alors nous paierons le prix fort pour ces heures, trancha Adrien sans sourciller. Je refuse le moindre compromis sur la qualité. Notre réputation est bâtie s
À Nice, l'air de la petite cuisine était saturé par une vapeur délicieusement odorante. Clémence Vallet était penchée sur une imposante marmite en fonte, maniant sa grande cuillère en bois avec une concentration quasi religieuse. Elle mélangeait le riz d'un geste fluide, veillant à ce que chaque grain s'imprègne de l'huile et du suc des oignons caramélisés. À ses côtés, sa mère, Martine, maintenait une cadence effrénée, le couteau heurtant la planche à découper dans un rythme métronomique.— Clémence, arrête un peu de tourmenter ce riz ! lança Martine sans lever les yeux de ses légumes. Tu vas finir par en faire de la bouillie.Clémence redressa sa silhouette élancée, une mèche de cheveux s'échappant de son chignon. Un sourire malicieux étira ses lèvres, mais son ton resta ferme :— Mais maman, c'est moi qui connais la musique ! Si on ne le travaille pas avec douceur dès maintenant, la texture ne sera jamais parfaite.Martine suspendit son geste, soupira et secoua la tête. Elle ne pou







