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Le mot « compromission » tombe comme une pierre dans l’eau stagnante de la pièce. Silas ne bronche pas.
— Prévisible. Le Conseil ?
— Silencieux pour l’instant. Valerius joue sa carte. Mais sans preuve tangible de votre… défection, son influence a ses limites. L’actif est la clé.
Leurs regards se tournent à
AlyssaLe mot « compromission » tombe comme une pierre dans l’eau stagnante de la pièce. Silas ne bronche pas.— Prévisible. Le Conseil ?— Silencieux pour l’instant. Valerius joue sa carte. Mais sans preuve tangible de votre… défection, son influence a ses limites. L’actif est la clé.Leurs regards se tournent à nouveau vers moi, même à travers les kilomètres et la distorsion électronique. Je suis la preuve. La preuve vivante de sa « compromission ».— L’actif reste avec moi, déclare Silas, sa voix laissant percer une nuance de froideur définitive. C’est non négociable.Un silence à l’autre bout du fil. Un silence lourd de sous-entendus, de questions non posées.
AlyssaLe refuge n’est pas une maison. C’est un fantôme de pierre planté dans le flanc d’une colline, noyé dans les brumes permanentes d’une vallée oubliée du nord. Une ancienne station de relais pour télécommunications, abandonnée depuis des décennies, que Silas a transformée en bunker discret. Vue de l’extérieur, c’est une ruine envahie de lierre et de mousse, aux vitres brisées. À l’intérieur, c’est autre chose.Des générateurs au diesel ronronnent quelque part dans les entrailles du bâtiment, fournissant une électricité parcimonieuse. Des rangées d’écrans noirs et de consoles désaffectées côtoient des caisses de matériel militaire, des armes soigneusement huilées, des packs de nour
Le moteur démarre avec un rugissement satisfaisant. Elle règle le siège, ses mains fines sur le volaut large. Elle prend une profonde inspiration.— Où ?— Nord. Pour l’instant. Juste… avance.Elle passe la première, et la Land Rover s’arrache lentement de sa cache, écrasant les fougères. Nous nous enfonçons dans un étroit chemin forestier, à peine plus qu’une piste de gibier.Le trajet est un cauchemar éveillé. Le véhicule tangue et rebondit sur les racines et les pierres. Chaque secousse envoie des vagues de douleur à travers mon corps. Je me tiens la tête, appuyé contre la vitre froide, les yeux mi-clos, mais mon esprit est en alerte maximale. J’écoute. Le moteur. Les bruits de la forêt. Sa respiration, tendue mais réguli&egra
SilasLa douleur est une boussole. Elle pointe vers chaque blessure, chaque muscle déchiré, chaque suture mentale qui menace de céder. La coupure au front coule dans mon œil, un filet tiède et salé que j’essuie d’un revers de main tremblante. Mon épaule lance des élancements aigus à chaque pas, probablement foulée lors d’une des prises. Mais c’est une douleur propre. Celle de la survie.Celle qui brûle en moi, plus profonde, c’est autre chose. C’est la rage froide de voir mon sanctuaire violé. C’est l’humiliation d’avoir été acculé, forcé de jouer le lâche devant elle. Et c’est… autre chose encore. Une sensation de brûlure là où son corps soutient le mien, où sa peau nue sous ma chemise trop grande frotte contre mon bras. Elle est solide. Plus solide que je n’aurais jamais osé l’imaginer. Le poids du cendrier ensanglanté qu’elle a levé sans hésiter pèse dans l’air entre nous, plus lourd que n’importe quel aveu.Nous sortons par la porte-fenêtre éventrée. Le jardin, autrefois un lieu d
AlyssaC’est alors que Cassian applaudit.Un lent claquement de mains, ironique, qui résonne dans le silence soudain.— Bravo, fait-il. Vraiment touchant. Le sauvetage de la demoiselle. Tu lui as appris à être violente, Silas ? Quelle corruption délicieuse.Il se détache enfin du fauteuil et s’avance, contournant les corps à terre avec une élégance dégoûtante. Il s’arrête à mi-chemin entre nous, son regard bleu-glace passant de Silas à moi.— Mais le jeu est terminé. Regarde-toi. Tu es épuisé. Tu saignes. Et tu as une petite amoureuse écervelée à protéger, qui croit qu’un cendrier fait d’elle une guerrière. C’est pathétique.Il s’adresse directement à moi, son sourire s’adoucissant en une expression fausse, presque compatissante.— Ma chère, il va mourir. Ce n’est qu’une question de temps. La seule question est : mourra-t-il rapidement, proprement, ou devra-t-il te regarder mourir d’abord, lentement, sous les yeux de mes hommes, avant de succomber lui-même ?Ses mots sont des lames de
AlyssaLa première règle, lorsque l’enfer se déchaîne, c’est de cesser de penser. La pensée est une roue qui tourne à vide dans la boue, elle entrave, elle paralyse. Il ne reste que l’instinct et la sensation brute, à vif.Le mot de Cassian , Prenez-la est encore suspendu dans l’air, un fragile cristal de menace, quand Silas entre en mouvement.Il ne tire pas sur Cassian. Non. Il pivote d’un quart de tour, son bras se déploie comme un ressort d’acier, et il me lance. Non pas vers l’avant, vers les hommes qui surgissent, mais sur le côté, derrière le lourd canapé en cuir. Je vole, littéralement, les pieds quittant le sol, la chemise de lui qui flotte autour de moi comme une aile brisée. Je m’écrase derrière le meuble, le souffle coupé, les os vibrants. Un abri de fortune, ridicule face à ce qui arrive.Puis, le concert commence.Le Glock de Silas crache sa première détonation. Le son est assourdissant, confiné, il frappe les tympans comme un coup de marteau. Ce n’est pas un son de film







