LOGINJe me figeai. Des questions fusaient dans mon esprit.
Réagir ou pas ? Je fis marche arrière, le regard confus. Je m'approchai d'elle. Même si elle ne voulait pas me regarder, moi je le faisais. — Maman, l'appelai-je. Elle ne répondit pas. — Maman, m'as-tu dit quelque chose tout à l'heure ? lançai-je sans attendre une seule minute. Elle décroisa ses mains et, progressivement, ses yeux se figèrent dans les miens. Je sentis comme un éclair qui me transperçait la poitrine tant son regard me fusillait. — Rebecca, dit-elle. — Oui maman, répondis-je avec plus de retenue. — Écoute-moi très bien. Le ton de sa voix devint subitement plus intimidant. Mes sourcils se froncèrent et une question me revenait constamment à l'esprit : pourquoi étais-je venue la confronter ? Tout mon corps frissonna. Je suis restée suspendue à ses lèvres. — J'ai le droit de dire ou de penser tout ce que je veux. Je ne sais pas ce que tu crois avoir attendu, mais j'espère que ça t'a fait suffisamment comprendre que je ne te porte pas à cœur ! déclara-t-elle avec une froideur sans précédent. Ma poitrine se serra et mon cœur s'emballa aussitôt. Puis elle me lâcha sèchement : — Retourne en cuisine ! C'est ta place ! Une vive montée de colère et de tristesse s'empara de moi. Je ne pus détourner mon regard du sien. Je voulais tellement qu'elle comprenne que ses paroles me blessaient. Les larmes avaient envahi mes yeux. J'étais confuse. Comment pouvait-elle me dire une chose pareille ? Je la fixai. Il fallait que je lui dise quelque chose. Je ne pouvais plus me contenir après de tels propos venant d'une mère, la mère de mon mari que j'ai toujours respectée. Alors, j'essuyai les larmes au creux de mes yeux. — Ma… ! commençai-je à m'exclamer. Mais juste au moment où je plaçai un mot, mon téléphone vibra. À l'écran de mon téléphone : (Nouveau message) Je l'ouvris et je vis le message. (Oups. Hier soir était la plus belle soirée de ma vie. J'espère qu'il ne t'a pas trop manquée.) Mon cœur se mit à battre très fort de plus belle. Mes doigts se mirent à trembler. — Qu'est-ce que c'est que ça ? m'exclamai-je face à ma belle-mère qui en était complètement indifférente. J'appelai sur le numéro et je lançai l'appel. Ça m'envoya au répondeur. Je regardai de nouveau ma belle-mère, qui reprit sa posture, mains croisées, avec son regard dévié. — Maman ! m'exclamai-je subitement. — Comment peux-tu rester si indifférente ? Comment peux-tu dire de telles choses comme si je n'étais personne ? enchaînai-je ; j'en avais déjà beaucoup trop sur le cœur. Elle se leva immédiatement, le regard agrandi, presque intimidant. — Écoute-moi très bien Rebecca… Je ne suis pas venue ici pour toi ce matin. J'attends mon fils et à son retour je te donnerai une réponse. Quitte devant moi et va t'occuper au lieu de me poser des questions comme si j'étais à un interrogatoire ! Je fis marche arrière, complètement troublée. Mes bras se relâchèrent. J'avais l'impression de parler à un mur, à une personne qui m'était totalement étrangère. Et le plus troublant : je venais de comprendre que ma belle-mère avait définitivement cessé de me respecter en tant que belle-fille. La soirée d'hier et ses propos de ce matin. Mes pensées me pesaient lourd. Je ne pouvais plus l'entendre me dire un mot blessant. Je montai à l'étage, le cœur lourd, espérant recevoir de son fils l'amour et le respect qui avaient disparu chez elle. En arrivant dans ma chambre, mon corps et mon cœur se relâchèrent et mes larmes coulèrent encore et encore. Le pire, c'était que je ne comprenais pas pourquoi tout ça m'arrivait en même temps. Accroupie sur le côté, la tête baissée, je me posais mille questions, essayant de comprendre pourquoi tout ça maintenant quand, soudain, mon téléphone sonna. Je me précipitai pour le prendre et, à l'écran, la mention (Numéro inconnu) me cloua un instant. Je décrochai malgré la confusion. Et là, j'entendis une voix féminine qui riait. — Qui est-ce ! m'exclamai-je, troublée et confuse à la fois. Elle s'arrêta de rire et, l'instant d'après : — Tu sauras bientôt qui je suis, ma pauvre Rebecca ! me répondit-elle avec un brin d'humour dans la voix qui me sidéra. Puis elle raccrocha d'un seul coup sans que je puisse avoir le temps de lui demander quoi que ce soit. Je regardai le numéro, puis celui du message : c'était le même. — Qui est cette personne ? Comment me connaît-elle ? Pourquoi fait-elle tout ceci ? Ça fusait dans ma tête et, dans ma mémoire, je restais braquée sur ce rire, si méprisant. Le dîner raté, l'arrivée de ma belle-mère et ses propos blessants, et ces messages de cette inconnue. Je n'y comprenais plus rien. Je restais blottie, accroupie, attendant impatiemment le retour de mon mari. Des heures plus tard, on frappa à la porte de ma chambre. — David ? pensai-je. Avant d'entendre la voix de ma belle-mère m'ordonner de lui ouvrir. — Rebecca, ouvre cette porte ! s'exclama-t-elle encore et encore avec une plus grande intensité. Je lui ouvris la porte, déstabilisée. — Qu'est-ce qui se passait encore ? me suis-je demandé en lui ouvrant. Face à moi, elle me poussa d'un revers de la main, entrant sans ma permission. Elle parcourut la pièce puis, sur un ton froid, elle me dit : — Prépare tes valises. Tu partiras d'ici dès maintenant ! La nouvelle tomba comme un électrochoc et, cette fois-ci, j'avais l'impression que je ne m'en remettrais pas.Tout me semblait tellement irréel. J’avais l’impression de rêver tant je ne m’étais jamais permis de rêver aussi grand.J’entrais dans la salle ; les regards braqués sur moi. Je ressentais toute cette vague d’amour qui m’inondait d’un seul coup. Je me suis retournée et mon regard a croisé celui d’Eli qui avait déjà un large sourire avec ses yeux luisants d’émotion.Elle me l’avait dit. Elle avait cru en moi alors que moi je ne voulais pas me permettre d’y croire. Elle a été mon roc. Et ensemble, on a réalisé ce rêve pourtant si loin de nous.Je fis face au public ; j’avais enfin trouvé le courage de les regarder dans les yeux et d’apprécier chaque instant de ce moment.À un moment de la soirée, émerveillée déjà par ces applaudissements auxquels j’essayais encore de m’habituer, à ma gauche la première ligne de femmes se leva et toutes m’acclamèrent encore une fois et cette fois-ci, des rires expressifs et des « félicitations » s’entendaient encore plus fort.— Est-ce pour moi tout ça ?
— Mesdames et messieurs, sans plus tarder, découvrez une collection audacieuse portée par une créatrice engagée, découvrez son concept : FemmeAttitude.Point de vue de RebeccaJ'avais l'impression que mon cœur avait glissé dans mon estomac en entendant le présentateur introduire ma collection.Je ne tenais plus sur place. J'avais les mains qui tremblaient de froid. Heureusement que M. Ralph ne me lâchait pas.— Tout va bien se passer, me disait-il pour me réconforter.Mon regard resta suspendu sur la salle et là, je vis ma première tenue faire son entrée.— Awww ! murmurai-je, la poitrine serrée.Elle marchait magnifiquement bien. Je m'efforçais de rester concentrée sur la tenue mais je ne pouvais m'empêcher de voir les réactions.Coup de malchance, tout le monde restait stoïque... les regards restaient suspendus comme les miens. Et les photographes, eux, se chargeaient bien de prendre les moindres détails de la tenue.J'avais 10 tenues à mon actif et chacune avait une signification p
Point de vue de Ralph GrahamToutes les lumières sont braquées sur moi ; je revenais au-devant de la scène après un an d'absence.Plus d'inspiration ? Je ne sais pas peut-être que c'est ça ou peut-être pas. Enfin, j'ai arrêté de me poser cette question au fil du temps qui passait.Je savais que ce jour était aussi exceptionnel pour moi que pour Madame Rebecca.C'est son 1er défilé et ce clin d'œil que je lui ai fait était pour la rassurer.Moi, j'en ai connu plusieurs et je me souviens bien de mes débuts, de cette chance qu'on m'avait laissée.En découvrant ses tenues sur les réseaux, ça a été le déclic ; ce regain d'enthousiasme et d'excitation m'est revenu d'un seul coup. Ce qu'elle ignore, c'est qu'elle m'a inspiré cette toute nouvelle collection qui marque mon grand retour.Ralph quitta la scène et rentra dans les coulisses où il retrouva Rebecca clouée face à la scène. Son regard semblait figé, luisant au reflet de la lumière qui s'échappait de la salle. Elle ne clignait pas des
Point de vue de Rebecca :J'entendais le bruit des aiguilles qui tournaient comme si pendant un seul instant tout se figeait autour de moi et chaque particule dans la pièce, je les ressentais vivement...Le battement de mon cœur était devenu plus vif et intense, j'avais l'impression d'étouffer tant la situation me semblait toujours aussi irréelle.Assise dans une pièce arrière face au miroir recouvert d'une lumière étincelante, je contemplais ce visage encore plus embelli d'un maquillage réalisé par son équipe.Je n'avais jamais autant pris de temps pour m'apprêter. C'était la première fois depuis nos débuts avec David que je ne m'étais plus vue ainsi.D'ailleurs, quand j'y repense, je me disais toujours que je n'avais pas besoin de faire tout cet effort car il m'aimerait toujours peu importe ce que je suis.Ces souvenirs me sont revenus à l'esprit pendant ce moment crucial pour moi.Je me regarde et je vois les traces des larmes que j'ai décidé de laisser derrière moi.— Ça suffit ma
Point de vue de Rebecca :Après avoir terminé de me préparer, je pris le chemin des escaliers. À plus que quelques marches qui me séparaient du salon, je le vis, M. Ralph, qui tenait délicatement la petite contre lui en la berçant tout doucement. Un sourire léger a soudainement pris le dessus sans que je ne puisse m'en empêcher. Je me suis arrêtée un instant, quand tout à coup, il ferma les yeux et je vis comme une larme ruisselant.Ma main s’agrippa contre le poteau juste à côté. J'avais en face de moi un autre Ralph. Depuis que nous avons été reçues par lui, ce sourire si charmant illuminait toujours son visage. J'y sentais une profondeur d'âme. Un homme passionné ; un homme qui respirait la bienveillance.D'ailleurs, il n'a pas souhaité que nous soyons logées dans un hôtel tout le long à cause de cette responsabilité qu'il s'était auto-autorisée à supporter. Et le voir tenir la petite avec tellement de bienveillance et le voir si touché, je comprenais désormais cette responsabilité
Sous une nuit blanche, excitations et fatigue s'entremêlent. Ralph se tenait là, debout dans son espace, cette pièce qui englobait tout ce qui comptait pour lui, à vérifier encore et encore chacune des tenues. Le mètre de couture autour du cou, avec une chemise fluide qui laissait entrevoir son torse si imposant avec une chaîne en or. Son regard était concentré, chaque geste pointilleux et soucieux du détail. Il vivait pour ça ; créer et voir ses créations prendre forme. Les heures s'écoulèrent, le rapprochant peu à peu du jour fatidique. Une ombre en approche fit son apparition au pas de la porte d'entrée. — Vous êtes toujours éveillé ? déclara cette voix féminine qui rentra finalement à l'intérieur. D'un seul coup, Ralph leva les yeux en sa direction. Un sourire léger se dessina sur ses lèvres et il s'arrêta ainsi d'avoir le nez plongé sur les tenues. — Oh je vous croyais endormie Rebecca. Avez-vous besoin de quoi que ce soit ? — Oh non ! Ne vous en faites pas ! Je voul







