Home / Romance / Intense 1 / CHAPITRE 1 : ASCENSEUR 1

Share

Intense 1
Intense 1
Author: Darkness

CHAPITRE 1 : ASCENSEUR 1

Author: Darkness
last update Last Updated: 2025-12-03 20:34:04

LEON

Le déclic sourd du mécanisme qui s’arrête est le premier son. Puis le silence. Un silence épais, étouffant, qui s’abat d’un coup dans cette boîte métallique suspendue. La lumière vacille, pâlit, et se stabilise dans une lueur jaunâtre et malade. Je relève la tête du sol où je fixais mes mains. Mes mains, justement. Les cicatrices encore roses, tendues sur les articulations, me rappellent à chaque mouvement que mon corps n’est plus tout à fait le mien. Un accident, disent-ils. Une seconde d’inattention. Maintenant, il y a un avant et un après, tracé à vif sur ma peau.

Je ne suis pas seul.

L’odeur arrive en premier. Un mélange de fleur coupée, sucrée, et de quelque chose de plus acide, de l’adrénaline peut-être. Je tourne lentement la tête. Elle est dans l’angle opposé, adossée au miroir, comme pour s’y fondre. Une femme. Robe noire, épaules nues. Elle a les mains plaquées contre la paroi derrière elle, les doigts écartés. Et sa bouche. Elle a les lèvres rouges. D’un rouge violent, imparfait, comme si elle venait de frotter son doigt dessus pour en effacer une partie. La trace carminée dépasse le contour, elle lui donne un air à la fois dévasté et farouche.

Nos regards se croisent dans le reflet du miroir. Elle baisse immédiatement les yeux, mais je l’ai vue. Une lueur sombre, rapide. De la panique ? De la colère ? Je ne sais pas.

Je pousse un juron que j’étouffe dans ma gorge. « Putain. »

Je cherche le bouton d’alarme, le presse. Un son faible, ridicule, résonne quelque part, loin. Personne ne répond. L’air devient immédiatement plus chaud, plus lourd. Je retire ma veste, et le frottement de la laine de mon pull contre ma chemise produit une décharge crépitante d’électricité statique. Le son est anormalement fort dans le silence.

Je la vois tressaillir.

Son regard se pose sur mes mains, sur les cicatrices que je ne cherche plus à cacher. Puis il remonte, s’attarde sur ma bouche, sur mon cou. Je sens mon pouls battre à la base de ma gorge, et j’ai l’impression qu’elle le voit battre. Que son regard suit ce rythme affolé.

Son propre pouls, je le vois maintenant. Une veine bat à la tempe, doucement, puis plus vite. Une autre, délicate, palpite sur le côté de son poignet, là où la peau est si fine qu’on devine les os. Elle croise et décroise ses chevilles. Le mouvement fait frémir l’ourêt de sa robe sur ses genoux.

L’espace, qui n’était déjà pas grand, semble se contracter à chaque seconde. Je ne peux plus respirer sans que l’air que j’expire ne semble se heurter à elle. Elle remplit tout. Son parfum, le bruissement léger de sa respiration, la chaleur qui émane d’elle.

C’est physique. Une traction violente, magnétique, au centre de mon corps. Une attirance qui n’a rien à voir avec la beauté, ou si peu. C’est une reconnaissance. Une alchimie dangereuse et immédiate. Je la détaille, avide. La courbe de son cou, la clavicule saillante, l’ombre entre ses seins. Je pense à la pression de mes doigts sur cette peau. Je pense à la marque que mes dents pourraient y laisser.

Je vois ses yeux noircir. Elle fixe ma bouche, elle aussi. Ses lèvres entrouvertes laissent passer un souffle court. Elle a compris. Elle ressent la même chose. Cette tension insoutenable, ce fil tendu à se rompre entre nous.

La lumière clignote une fois, deux fois, et s’éteint. Nous sommes plongés dans un noir absolu, pesant.

Le juron qu’elle laisse échapper alors n’est qu’un souffle rauque. « Mon Dieu. »

Dans l’obscurité, tous les autres sens s’exacerbent. J’entends le froissement de sa robe. Je sens son parfum se rapprocher, m’envelopper. La chaleur de son corps à moins d’un mètre. Mon cœur cogne contre mes côtes. Je suis debout, je ne me souviens pas de m’être levé.

Quand la lumière de secours s’allume, faible et rougeâtre, elle est là. Juste devant moi. Son souffle chaud frappe ma tempe. Son regard est un abîme où je me perds déjà.

Je ne pense plus. Je n’existe plus. Il n’y a que cette attraction, cette nécessité pure et animale. La preuve que je suis vivant, que cette chair marquée peut encore ressentir quelque chose d’aussi violent, d’aussi vrai.

Je me jette sur elle.

Continue to read this book for free
Scan code to download App

Latest chapter

  • Intense 1   Chapitre 22 : Les Ténèbres Éclairées

    AudeJe n’ai jamais cru que l’obscurité pouvait être aussi vivante. Quand Lorenzo a noué ce bandeau de soie noire autour de mes yeux, le monde n’a pas disparu. Il a explosé.Le tissu glisse contre ma peau, d’une fraîcheur soyeuse qui devient vite tiède, épousant la courbe de mes tempes. Le nœud se serre doucement à l’arrière de mon crâne, un pacte silencieux.— Conduis-moi.Sa voix est un murmure, un mélange de défi et de promesse, si proche que son souffle fait frissonner les petits poils de ma nuque. J’inspire profondément. Mes mains, déjà tremblantes, se posent sur son torse.Il est chaud. Pas seulement la chaleur normale d’un corps. Une chaleur électrique, comme si sa peau irradiait une énergie affamée, concentrée. Je sens les contours durs de ses pectoraux sous mes paumes, l’aspérité légère de ses tétons quand mes pouces les effleurent par accident.— Commence par mes lèvres.Je chuchote à peine, et avant que les mots ne soient finis, ses lèvres sont sur les miennes. Ce n’est pas

  • Intense 1   Chapitre 21 : Le Jeu de l’Attente 2

    LorenzoJ’accélère le mouvement de mes doigts. Aller, venir. Avec précision. Avec l’intention de la faire fondre. Elle halète. Son corps est un arc tendu, prêt à se briser sous la tension du plaisir. Mais je ne suis pas prêt. Pas encore. Je ralentis soudain. Je retire presque mes doigts, puis je les replonge, avec une lenteur exaspérante.— Lorenzo !La frustration brise sa voix. C’est délicieux.— Patience, Aude. Je veux te goûter d’abord.Avant qu’elle ne puisse protester, je descends le long de son corps. Mes lèvres brûlent un chemin de son ventre plat jusqu’à l’intérieur de ses cuisses. Elle écarte davantage les jambes, un geste d’abandon total. Ses doigts se perdent dans mes cheveux, les serrant, mais pour me guider, pas pour m’arrêter. J’écarte ses lèvres avec mes doigts, exposant son clitoris gonflé, luisant de son désir. Je le regarde un instant, ce centre palpitant de son plaisir. Puis je le lèche. Lentement. Une première fois, pour le goût. Sucré, musqué, elle.Elle gémit, u

  • Intense 1   Chapitre 20 : Le Jeu de l’Attente 1

    LorenzoLa chambre est baignée dans une lumière dorée, tamisée par les rideaux que j’ai tirés moi-même. Comme si le soleil lui-même hésitait à quitter cette scène, notre scène. Je l’observe, Aude, étendue sur mon lit. Son corps est encore marqué par nos ébats précédents. Des marques roses sur ses hanches, la courbe de sa taille, l’ombre d’une morsure sur l’intérieur de sa cuisse. Ma morsure. Sa peau luit légèrement, perle d’une fine sueur. Ses cheveux, d’un châtain foncé, sont épars sur l’oreiller de soie comme une auréole désordonnée. Elle respire lentement, ses seins se soulevant à chaque inspiration, ses lèvres entrouvertes. Elle n’est pas endormie. Je le sais. Ses doigts frémissent, cherchant le contact perdu, et ses paupières tremblent, trahissant une conscience aiguë, aiguisée, de ma présence.Je m’approche sans un bruit, l’épaisse moquette absorbant mes pas. Le lit s’affaisse légèrement sous mon poids lorsque je m’assois près d’elle. Elle tourne la tête, et un sourire paresseux

  • Intense 1   Chapitre 19 : Le Banquet des Sens 2

    AudeQuand l’orgasme arrive, il est différent. Liquide, fluide, il se déploie comme une vague chaude à travers tout mon bassin, sans le pic électrique habituel, mais avec une puissance souterraine qui me fait gémir longuement, les doigts crispés sur le marbre. Il ne s’arrête pas, prolongeant les spasmes jusqu’à ce qu’ils deviennent des soubresauts sensitifs presque douloureux.Il émerge enfin de l’eau, les lèvres brillantes, les yeux triomphants. Il se déplace, l’eau clapotant, et me prend par la taille pour me retourner. Je me retrouve à genoux dans la baignoire, face au mur de marbre, les mains appuyées contre la surface lisse et froide.— Maintenant, c’est mon tour, murmure-t-il à mon oreille, sa voix empreinte d’une tension rauque.Ses mains coulissent sur mes hanches mouillées, remontent le long de ma colonne vertébrale. Sa bouche suit, déposant des baisers brûlants entre mes omoplates. Il prend son temps, comme pour me punir ou me récompenser de mon abandon. Ses dents effleurent

  • Intense 1   Chapitre 18 : Le Banquet des Sens 1

    AudeLes jours qui suivent ne sont plus marqués par le soleil mais par la faim. Une faim insatiable, qui habite l’espace entre mes cuisses, le creux de mon estomac, l’écho vide de chaque pièce quand il n’est pas là. Nous sommes devenus des animaux aux aguets dans le musée de pierre.Ce n’est plus dans le salone. C’est partout. La villa est notre terrain de chasse, notre sanctuaire, notre prison dorée. Chaque endroit est un nouveau chapitre de découverte, une nouvelle façon de se consumer.La bibliothèque aux étagères poussiéreuses. La table de chêne massive où nos corps ont remplacé les plats d’argent. L’escalier dérobé où la pierre froide a mêlé sa caresse à celle de ses mains. Le matin dans mon lit aux draps toujours froissés, l’après-midi dans l’orangerie pleine de lumière et du parfum des citrons, la nuit dans la galerie des portraits où les yeux des ancêtres semblent nous observer, indifférents ou scandalisés.Chaque rencontre est plus intense, plus exploratoire, plus consciente

  • Intense 1   Chapitre 17 : La Carte du Corps 2

    AudeMaintenant, il est à ma hauteur. Ses mains remontent le long de mes cuisses, sous ma jupe légère. Sa peau est rêche contre la mienne, si chaude. Il cherche mon regard, une question muette dans le sien. Je réponds en attirant sa tête vers moi pour un autre baiser, profond, languide, pendant que mes doigts s’attaquent aux boutons de sa chemise. Je veux le sentir, lui aussi. La peau contre la peau.Le tissu cède. Je pousse la chemise sur ses épaules, découvrant son torse. Il est comme je l’imaginais : large, sculpté, marqué d’une fine ligne de poils sombres qui descend de sa poitrine jusqu’à la ceinture de son pantalon. Des cicatrices pâles, des histoires non racontées, zèbrent sa peau. Je pose mes paumes à plat sur sa poitrine, sentant son cœur battre comme celui d’une bête traquée.— Aude, gémit-il contre ma bouche.Sa main trouve l’attache de mon soutien-gorge. Un déclic. Le tissu se relâche. Il le fait glisser avec une lenteur exaspérante, exposant mes seins à l’air et à son reg

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status