LOGINIl sourit. Un sourire qui ressemble à une cicatrice. Puis il sort. La porte se referme avec un cliquetis sourd. Le verrou tourne. Lorenzo l'a fermée à clé sans que je le voie faire.Il est sur moi avant que je puisse reprendre mon souffle.Ses mains agrippent mes hanches, me soulèvent de la chaise comme une plume, me plaquent contre la table. Les dossiers volent. Un verre de vin se renverse, le liquide rouge se répand sur l'acajou comme une flaque de sang. Les feuilles blanches boivent la tache pourpre.— Tu es magnifique, grogne-t-il contre ma bouche.Ses lèvres écrasent les miennes. Ce n'est pas un baiser. C'est une dévoration. Sa langue force le passage, prend possession de ma bouche avec une urgence qui me laisse sans défense.
AudeLa table est une mer d'acajou si profonde que je pourrais m'y noyer. Je vois le reflet déformé des lustres de Murano danser sur sa surface, et au-delà, les visages de six hommes qui ne me regardent pas vraiment. Leurs yeux glissent sur moi comme l'eau sur une pierre. Une femme. Une décoratrice. Une chose jolie posée à la droite du maître de maison pour égayer la réunion.Je porte une robe noire. Col montant, manches longues. L'armure de celle qui n'est pas censée exister dans cette pièce. Elena dirait que j'ai l'air d'une nonne. Elle rirait. J'aimerais qu'elle soit là pour voir ça. Pour voir jusqu'où je suis capable d'aller.Lorenzo est à ma gauche. Sa main repose sur mon genou sous la table, un poids brûlant à travers le nylon fin de mes bas. Il parle, sa voix est un fleuve tranquille qui charrie des lames de rasoir. Il négocie. Il construit une alliance avec les familles du Nord, une coalition de prédateurs qui ont flairé l'odeur du sang de Vitale et qui veulent leur part du fe
LorenzoJe me réveille avec le soleil. Il est déjà haut dans le ciel, ses rayons traversent la fenêtre ouverte, viennent caresser le corps d'Aude endormie sur ma poitrine.Je la regarde.Ses cheveux sont en bataille, éparpillés sur mon torse, sur mon bras, sur le tapis. Sa bouche est entrouverte, son souffle léger, régulier. Ses cils noirs frangent ses joues, ses sourcils sont un peu froncés, comme si elle luttait contre quelque chose dans son sommeil. Ses épaules sont nues, la couverture que j'ai jetée sur nous pendant la nuit a glissé, révélant la courbe de ses reins, la ligne de sa colonne vertébrale.Elle est là. Elle est réelle. Elle ne m'a pas quitté.Je pourrais rester des heures à la regarder. Des jours. Des années.Son souffle change. Ses cils battent. Elle ouvre les yeux, et la pre
AudeLa nuit est tombée sans que nous nous en apercevions. Nous avons passé des heures à classer, analyser, projeter. Les documents sont maintenant rangés dans le coffre-fort du bureau de Lorenzo, à l'abri. Les stratégies sont en place. Demain, Marco part pour Paris avec les premières instructions. La machine se met en route.Mais ce soir, il n'y a que nous.Lorenzo a fait monter un plateau de fromages et de fruits, une bouteille de Chianti. Nous avons mangé sur le tapis, sans façon, assis par terre comme deux enfants qui jouent à la dînette. Nos corps se sont rapprochés au fil des heures, instinctivement, jusqu'à ce que je sois assise entre ses jambes, mon dos contre son torse, ses bras autour de ma taille.Il fait doux, la fenêtre est ouverte, les cigares chantent dans la nuit. La lune est pleine, elle éclaire la pièce d'une lumi&e
AudeLa bibliothèque sent le cuir et le vieux bois. C'est ici que j'ai passé mes premières heures à travailler, avant que tout bascule. C'est ici que Lorenzo m'a regardée pour la première fois avec autre chose que de la méfiance. C'est ici qu'on a fait l'amour contre les rayonnages, une nuit d'orage où les mots avaient cédé la place aux corps.Aujourd'hui, la pièce est baignée de soleil. Lorenzo a ouvert les grandes fenêtres, l'air chaud de la Toscane entre, chargé de senteurs de cyprès et de terre sèche. Nous sommes assis sur le tapis persan, nus tous les deux, adossés au canapé. Ses doigts jouent distraitement avec mes cheveux pendant que je vide le contenu de mon sac sur le sol.Le carnet de mon frère. Les photos. Les transcriptions. Les preuves.Lorenzo a apporté son propre dossier, celui que Paolo a
AudeNous franchissons le seuil de la villa, et quelque chose se rompt en lui. À peine la porte refermée derrière nous, il me plaque contre le mur de l'entrée, ses mains sur mes hanches, sa bouche sur la mienne. Il n'y a plus de douceur maintenant. Il y a de la faim. De la rage. De la possession.Sa bouche descend sur ma mâchoire, sur mon cou. Je sens ses dents qui mordent doucement, sa langue qui apaise la morsure. Mon corps se cambre contre lui, mes doigts tirent sur sa chemise, arrachent les boutons qui sautent et roulent sur le sol.— Lorenzo...Mon souffle est déjà haché, mon cœur tambourine dans ma poitrine. Il grogne quelque chose que je ne comprends pas, ses mains remontent sous mon pull, effleurent la peau de mon ventre. Le contact est électrique, brûlant, presque douloureux tant il a manqué.Il arrache mon pull par-dessus ma tête, me
LorenzoSa bouche s’ouvre. Ses lèvres se referment autour du gland. Un étau de soie et de chaleur. Je vois des éclats de lumière blanche derrière mes paupières closes.— Cette fois, ce serait pire.Elle m’avale. Plus profondément. Sa gorge s’ouvre, se contracte autour de moi dans un mouvement fluid
LorenzoSa bouche s’ouvre. Ses lèvres se referment autour du gland. Un étau de soie et de chaleur. Je vois des éclats de lumière blanche derrière mes paupières closes.— Cette fois, ce serait pire.Elle m’avale. Plus profondément. Sa gorge s’ouvre, se contracte autour de moi dans un mouvement fluid
LorenzoJe n’ai jamais su que des mots pouvaient me brûler aussi profondément que des mains. Pourtant, là, allongé sur le dos, les membres encore lourds et tremblants de l’orgasme qu’elle m’a arraché, j’écoute Aude se pencher sur moi. Ses lèvres effleurent le contour de mon oreille comme une menace
LorenzoJe n’ai jamais cru que le fait de perdre un sens pouvait rendre les autres aussi… aiguisés. Pourtant, quand Aude a noué ce bandeau de soie noire sur mes yeux, j’ai senti mon souffle se bloquer. Pas par peur. Par une excitation si brute, si pure, qu’elle ressemble à une douleur. Ses doigts e







