MasukSANAA
Il dégrafe ma robe avec impatience, la fait tomber au sol en un voile fragile qui ne protège plus rien.
Je suis nue devant lui, vulnérable, offerte, mais aussi forte, brûlante.
Ses yeux noirs m’avalent, me consument.
Il me déshabille du regard, mais aussi avec ses mains qui sculptent mon corps, caressent chaque courbe, chaque creux.
Je m’allonge sur le lit, ses lèvres posées sur les miennes dans un baiser à la fois tendre et bestial, un mélange d’attachement et de possession.
Sa bouche s’écrase contre la mienne dans un baiser vorace, sauvage, presque féroce.
Plus de mots. Plus d’attente.
Il n’y a que l’urgence du désir, celle qui gronde depuis la première seconde où nos regards se sont croisés.
Ses mains s’emparent de ma taille, glissent sous ma robe, remontent brutalement jusqu’à mes hanches.
Il agrippe ma culotte, la déchire sans hésiter. Le tissu glisse le long de ma jambe, sans cérémonie.
Je halète.
— Tu sais ce que tu fais ? grogne-t-il contre ma gorge qu’il mord à pleine dents.
Je n’ai pas le temps de répondre.
Il me soulève comme si je ne pesais rien, mes jambes se referment autour de sa taille.
Son sexe dur me presse entre les cuisses, chaud, lourd, affamé.
Je suis déjà trempée, offerte, tendue à l’extrême.
Il retire son pantalon d’un geste impatient, dégage sa chemise, torse nu, magnifique, animal.
Il grimpe sur moi, ne me laisse pas respirer.
Ses doigts plongent en moi sans douceur, explorent, fouillent.
Je gémis, je me cambre, je m’ouvre à lui sans défense.
— Tu es déjà prête, murmure-t-il contre ma bouche, enfonçant un doigt de plus.
Je mords ma lèvre. Mon bassin s’agite tout seul, le cherche, le veut, le supplie sans honte.
Et quand il me pénètre enfin, c’est un choc.
Un hurlement intérieur.
Un coup de tonnerre.
Il me prend d’un coup sec, profond, sans attendre que je m’habitue.
Je hurle. Il sourit.
Il recommence.
Ses hanches claquent contre les miennes dans un rythme brutal, incontrôlé.
Le lit grince, cogne contre le mur.
Mes jambes s’enroulent autour de lui, mes ongles griffent son dos.
Je n’ai plus de pensée, plus de pudeur, plus de contrôle.
— Encore, râlé-je dans un souffle.
Il m’obéit.
Il me retourne, m’attrape par les hanches, me pénètre à nouveau en me maintenant fermement.
Je gémis, ma tête s’enfonce dans l’oreiller.
— Tu l’aimes comme ça ? Tu l’aimes me sentir te remplir ?
— Oui… oui, putain, continue…
Je suis en feu.
Il me claque les fesses, m’attrape les cheveux, me tire vers lui pour m’obliger à le regarder pendant qu’il me baise plus fort encore.
Nos corps deviennent une seule chose.
Il me fait jouir d’un coup de reins violent, je crie, je pleure de plaisir, mon corps entier se tend puis se fracasse.
Mais il continue.
Il me chevauche encore, m’emmène plus loin, vers une deuxième vague, plus dévastatrice.
Je suis en larmes, dévastée, tremblante.
Et quand enfin il jouit, c’est en moi, profond, avec un grognement rauque, primitif, presque animal.
Il s’effondre sur moi.
Nos souffles se mêlent.
La sueur perle entre nos corps.
Le silence est lourd, dense, chargé de ce que nous venons de vivre.
Il glisse sa main dans mes cheveux, caresse doucement ma nuque.
— Tu es vivante, souffle-t-il contre ma peau.
Je ferme les yeux.
Oui , je le suis vraiment.
Je sens en moi une renaissance, un feu qui ne s’éteindra plus.
Je ne suis plus la femme froide et lisse d’hier.
Je suis une femme brûlante, vivante, sauvagement libre.
Et tout ça, c’est lui qui l’a réveillé.
Léa Il s'approche. Son corps est une source de chaleur dans l'air frais de la chapelle.— Regarde.Il prend ma main. Sa paume est large, ferme, couverte d'une fine poussière de pigments qui se dépose sur ma peau. Il guide ma main vers la fresque, place ma paume sur la joue d'un ange dont il vient de raviver l'incarnat.— Tu sens ? La peinture respire encore. Après deux siècles.Je sens. Je sens bien plus que la peinture. Je sens le pouls de Mathis battre contre mon poignet, fort et rapide. Je sens le souffle court de mon propre corps. Je sens l'espace minuscule entre nos deux silhouettes, chargé d'une électricité qui ferait crépiter les cheveux.— Je n'ai jamais vu quelque chose d'aussi vivant, je chuchote.Son visage est si proche maintenant. Je vois les éclats d'or dans ses iris gris, les fines rides autour de ses yeux, plissés par la concentration. Son regard descend sur mes lèvres, remonte vers mes yeux.— Ce n'est rien. À côté de la façon dont la lumière touche ta nuque quand tu
Éclats d'éternitéÀ Paris, dans la librairie de la Butte-aux-Cailles, Léa, la libraire, voit son univers bouleversé par l'arrivée de Mathis, un restaurateur de fresques aux mains tachées de pigments. Leur relation se tisse lentement, au rythme de ses visites hebdomadaires, faites de silences éloquents, de regards chargés et de petits gestes discrets , un marque-page glissé, un livre réservé.Une absence imprévue de Mathis, parti à Lyon pour un chantier, plonge Léa dans le doute et la mélancolie. Il lui laisse en secret un dessin de la librairie, premier aveu muet de son attention. À son retour, leurs liens se resserrent. Il lui offre des pastels et un portrait d’elle, et l’invite à découvrir son œuvre : une chapelle où il redonne vie à des fresques oubliées.Mais le chantier touche à sa fin, et avec lui, la menace d’une nouvelle séparation. La veille de son départ pour Avignon, dans l’intimité crépusculaire de la boutique, la tension accumulée pendant des mois éclate en un baiser pas
SONIAJe prends sa main. Je l’écarte de mon épaule et je presse sa paume contre ma bouche. Je respire son odeur. Terre, métal, et nous. Je dépose un baiser au centre, là où les lignes de sa vie forment un chaos. Puis je guide sa main. Plus bas. Sur mon sein. Ma chair se durcit instantanément sous son toucher. Un son étouffé sort de sa gorge.— Pas de douleur, aujourd’hui, je murmure contre ses doigts. Pas de colère. Juste… ça.— « Juste ça » n’existe pas avec nous, il grogne, mais sa main obéit, se fait douce, exploratrice, prenant le poids de mon sein, le pouce frottant lentement le bout jusqu’à ce qu’il soit un point douloureux de plaisir.— Alors invente-le.Je me lève. Nous sommes maintenant face à face, nus jusqu’à la taille, séparés par un souffle. Je vois les battements de son cœur à la base de son cou. Je pose mes mains sur son torse. Je sens les reliefs familiers sous mes paumes. Mon territoire. Mon champ de bataille devenu pays d’accueil.Je commence à défaire la boutonnière
SONIAL’appartement-safehouse sent le renfermé et la poussière. Une lumière grise de fin d’après-midi filtre à travers les stores vénitiens, découpant des raies parallèles sur le parquet et sur son dos. Rafe. Il est debout devant la fenêtre, silencieux, regardant la ville en contrebas. Il porte un jean et rien d’autre. La peau de ses épaules, de sa colonne vertébrale, est un parchemin sous la lumière striée. Je connais ce parchemin. J’en ai tracé les lignes avec mes ongles, mes dents, mes lèvres. Je vois la cicatrice en forme d’étoile près de l’omoplate gauche, souvenir d’un éclat de grenade à Bakhmut. Plus bas, les stries parallèles, encore roses, de notre dernière rencontre dans l’entrepôt désaffecté de la zone portuaire.Nous ne parlons plus beaucoup. Les mots sont devenus des pièges, des engagements que nous ne pouvons pas honorer. « Je te hais » est une litanie vide. « Reste » est une condamnation. Alors nous nous parlons avec la peau. Avec le souffle coupé. Avec le silence qui t
SONIAEt c’est tout. Nous n’avons plus besoin des mots de la haine. Ils ont été consumés dans le feu, laissant une vérité nue, bien plus insupportable. Le désir n’est pas l’opposé de la haine. Il en est le jumeau monstrueux. Ils partagent la même racine : une connaissance aiguë, intime, de l’autre. Une reconnaissance.La peur revient alors. Froide, lucide, se glissant entre nous comme une lame fine. Ce qui vient après ? Les conséquences. Le monde, dehors, avec ses alliances, ses missions, ses trahisons exigées. Il a mon mode d’emploi. Je sens les pièces de mon âme étalées entre nous, vulnérables. Il sait maintenant quelle pression appliquer pour faire jaillir le plaisir, et, par extension, pour faire jaillir la douleur. C’est la même mécanique.Je me redresse, lentement, chaque muscle protestant. Le contact se brise. L’air froid du bunker frappe la peau moite de mon dos, me donnant la chair de poule. Je m’assois à côté de lui, ramenant mes genoux contre ma poitrine, cachant ma nudité,
SONIALe froid du béton commence à se frayer un chemin à travers la chaleur de notre peau. C’est une sensation lointaine, presque abstraite, comme le bourdonnement d’une mouche contre une vitre. Tout ce qui est réel, c’est le poids de son bras autour de mes épaules, la montée et la descente lente de son torse contre mon flanc, le souffle chaud qui remue mes cheveux. Une sueur différente, refroidissante, nous recouvre, mélangée, faisant de nos corps un territoire unique et sali.Je ferme les yeux. Des odeurs nous enveloppent : sueur, sexe, béton poussiéreux, et cette note singulière, métallique et boisée, qui est lui, et lui seul. Rafe. Un nom que je n’ai pas lâché. Une victoire qui a le goût de la cendre.Son cœur ralentit, passant du galop de charge à un battement profond, lourd, comme un tambour sous la terre. Mon propre corps est une scène de désastre après le cataclysme. Chaque muscle hurle, doux et brûlant. Entre mes cuisses, une sensibilité vive rappelle chaque poussée, chaque a







