Inicio / Romance / Je L'ai Ruine Lentement / Chapitre 3 : La Fiancée Parfaite

Compartir

Chapitre 3 : La Fiancée Parfaite

Autor: Obi Praise
last update Fecha de publicación: 2026-10-02 10:24:07

Le dîner de gala avait lieu dans l’un des salons privés les plus exclusifs de Paris.

Élise arriva au bras d’Alexandre exactement à vingt heures. Robe noire longue, dos nu, cheveux relevés en un chignon bas qui laissait découvrir la nuque. Le diamant qu’il lui avait offert la semaine précédente brillait à son doigt comme une promesse. Ou comme une chaîne.

Tous les regards se tournèrent vers eux.

Alexandre Voss et sa future femme. Le couple parfait. Lui, impérial dans son smoking. Elle, élégante, douce, légèrement effacée à ses côtés. Exactement ce qu’il voulait.

Élise sourit.  

Le sourire exact. Celui qui ne montrait que ce qu’il fallait.

— Tu es magnifique ce soir, murmura Alexandre contre son oreille en l’entraînant vers leur table.

— C’est pour toi, répondit-elle simplement.

Il serra légèrement sa taille. Un geste de possession déguisé en tendresse. Elle le laissa faire.

Autour de la table se trouvaient les hommes les plus importants de son monde. Des actionnaires, des partenaires stratégiques, des rivaux déguisés en amis. Élise les connaissait tous maintenant. Elle avait étudié leurs faiblesses une par une.

À sa droite se tenait Théo Voss, le cousin d’Alexandre. Sourire trop large, regard trop fuyant. Endetté. Désespéré. Utile.

Élise engagea la conversation avec lui en premier, d’une voix douce, presque timide.

— Théo, j’ai entendu dire que vous aviez un nouveau projet dans le sud… C’est excitant, non ?

Il se gonfla immédiatement, flatté qu’elle s’intéresse à lui. Alexandre, à sa gauche, posa une main possessive sur la cuisse d’Élise sous la table, comme pour lui rappeler à qui elle appartenait. Elle croisa les jambes, piégeant sa main entre elles, et lui adressa un regard plein de promesse.

Alexandre détendit légèrement la mâchoire. Satisfait.

Pendant le dîner, Élise joua parfaitement son rôle.

Elle riait aux blagues d’Alexandre.  

Elle baissait les yeux avec modestie quand on la complimentait.  

Elle posait des questions intelligentes mais jamais menaçantes.  

Elle touchait le bras d’Alexandre à intervalles réguliers, comme une femme amoureuse qui ne peut s’empêcher de vérifier que l’homme qu’elle aime est bien là.

Personne ne voyait le calcul derrière chaque geste.

Vers le milieu du repas, elle se leva pour aller aux toilettes. Dans le long couloir feutré, elle croisa Madame Lefèvre, membre du conseil d’administration. La femme qui détestait Alexandre en silence depuis des années.

Élise s’arrêta.

— Madame Lefèvre… puis-je vous dire quelque chose ?

La femme plus âgée releva un sourcil, surprise.

Élise s’approcha un peu plus, baissant la voix.

— Je sais que ce n’est peut-être pas mon rôle… mais j’ai remarqué que certaines décisions récentes d’Alexandre vous ont blessée. Mon père m’a toujours appris que les alliances solides se construisent dans le respect. Si un jour vous souhaitez parler… je suis une bonne écouteuse.

Madame Lefèvre la fixa longuement. Quelque chose passa dans son regard. De la méfiance. Puis de la curiosité.

— Vous êtes plus intelligente que ce que j’imaginais, Mademoiselle Moreau.

Élise sourit, douce, presque innocente.

— Je ne suis que la future femme d’Alexandre. Rien de plus.

Elle s’éloigna sans attendre de réponse.

Quand elle revint à table, Alexandre la regarda avec une intensité qui la fit frissonner malgré elle.

— Tout va bien ? demanda-t-il.

— Parfaitement, répondit-elle en posant sa main sur la sienne. Je suis juste impatiente d’être seule avec toi ce soir.

Ses yeux dirent exactement ce qu’il voulait entendre.

Plus tard, dans la voiture qui les ramenait, Alexandre ne put s’empêcher de la toucher. Sa main glissa le long de sa cuisse, remontant lentement sous le tissu de la robe.

— Tu as été parfaite ce soir, gronda-t-il contre son cou. Tout le monde t’adore. Ils pensent que tu es trop douce pour moi.

Élise pencha la tête, lui offrant mieux l’accès.

— Et toi ? Qu’est-ce que tu penses ?

Il l’embrassa brutalement, presque avec urgence.

— Je pense que tu es à moi. Et que dans six semaines, plus personne ne pourra te contester.

Élise ferma les yeux et se laissa envahir par la sensation. Son corps répondait. Traître. Brûlant. Alors que son esprit, lui, restait glacé et clair.

Dans l’ascenseur de leur immeuble, Alexandre la plaqua contre le mur et l’embrassa comme s’il voulait la dévorer. Élise agrippa son smoking, gémit contre sa bouche, jouant parfaitement le rôle de la fiancée éperdument amoureuse.

Une fois dans l’appartement, il ne lui laissa même pas le temps d’enlever ses talons.

Il la prit contre la porte d’entrée, puis à nouveau sur le canapé du salon, puis encore dans la chambre. Chaque fois plus intense. Chaque fois plus possessif. Comme s’il sentait, quelque part, qu’elle lui échappait déjà… et qu’il devait la marquer plus profondément.

Élise accepta tout.

Elle cria son nom.  

Elle griffa son dos.  

Elle lui murmura des choses sales et tendres à la fois.

Et pendant qu’il s’effondrait contre elle, le souffle court, le front posé contre le sien, elle passa ses doigts dans ses cheveux trempés de sueur et murmura :

— Je t’aime tellement…

Alexandre ferma les yeux, comme si ces mots étaient une drogue.

— Dis-le encore.

— Je t’aime, répéta-t-elle doucement. Plus que tout.

Il s’endormit peu après, le bras encore passé autour de sa taille, le visage enfoui contre son cou.

Élise resta éveillée longtemps après.

Dans le noir, elle fixait le plafond.

Ce soir, elle avait planté la première graine avec Madame Lefèvre.  

Ce soir, elle avait renforcé l’image de la fiancée parfaite aux yeux de tous.  

Ce soir, elle avait laissé Alexandre s’enfoncer un peu plus dans l’illusion qu’elle lui appartenait entièrement.

Elle tourna la tête et observa le visage endormi de l’homme qu’elle avait juré de détruire.

Son cœur battit un peu trop fort.

Pas d’amour.  

Pas encore.

Juste l’excitation froide et sombre de la chasse.

Elle se colla un peu plus contre lui, posa ses lèvres contre sa tempe et ferma les yeux.

La fiancée parfaite souriait dans le noir.

Et demain, elle recommencerait.

Continúa leyendo este libro gratis
Escanea el código para descargar la App

Último capítulo

  • Je L'ai Ruine Lentement   Chapitre 5 : Ce Qu'il Ne Voit Pas

    Trois jours après le déjeuner, la fissure s’était élargie.Élise le sentait dans chaque silence un peu trop long d’Alexandre. Dans la façon dont il serrait trop fort sa taille la nuit. Dans les coups de téléphone qu’il prenait en s’isolant sur le balcon, la mâchoire crispée, la voix basse et tranchante.Théo avait parlé.Et les rumeurs, même petites, avaient commencé à circuler.Élise, elle, n’avait rien fait d’autre que sourire, préparer ses petits-déjeuners, et glisser ses doigts dans les cheveux d’Alexandre chaque fois qu’il rentrait tendu. Elle était devenue son ancre. Son refuge. La seule chose stable dans un monde qui commençait à bouger sous ses pieds.Exactement comme elle l’avait voulu.Ce jeudi-là, elle avait rendez-vous.Pas avec une amie. Pas avec une vendeuse de fleurs.Avec Madame Lefèvre.Le café était discret, niché dans une petite rue du 7e arrondissement. Élise arriva la première, vêtue d’un manteau beige, d’une robe simple et de lunettes de soleil qu’elle retira e

  • Je L'ai Ruine Lentement   Chapter 4 : La Première Fissure

    Le lendemain du gala, Paris s’était réveillée sous un ciel bas et lourd.Élise était déjà debout depuis plus d’une heure quand Alexandre sortit de la douche, une serviette nouée autour des hanches, les cheveux encore humides. Il s’arrêta net en la voyant dans le salon, déjà habillée, un plateau de petit-déjeuner parfaitement dressé sur la table basse.Œufs brouillés juste comme il les aimait. Café noir sans sucre. Jus d’orange fraîchement pressé. Et, posée à côté de son assiette, la petite boîte en velours noir contenant les boutons de manchette qu’elle avait achetés la veille.Alexandre releva un sourcil.— Tu t’es levée tôt.Élise se tourna vers lui avec ce sourire doux qu’elle perfectionnait chaque jour.— Je n’arrivais pas à dormir. J’avais envie de prendre soin de toi.Il s’approcha, l’attrapa par la taille et l’attira contre son torse encore chaud. Elle sentit l’humidité de sa peau à travers le tissu fin de sa blouse.— Tu deviens dangereusement parfaite, murmura-t-il contre sa

  • Je L'ai Ruine Lentement   Chapitre 3 : La Fiancée Parfaite

    Le dîner de gala avait lieu dans l’un des salons privés les plus exclusifs de Paris.Élise arriva au bras d’Alexandre exactement à vingt heures. Robe noire longue, dos nu, cheveux relevés en un chignon bas qui laissait découvrir la nuque. Le diamant qu’il lui avait offert la semaine précédente brillait à son doigt comme une promesse. Ou comme une chaîne.Tous les regards se tournèrent vers eux.Alexandre Voss et sa future femme. Le couple parfait. Lui, impérial dans son smoking. Elle, élégante, douce, légèrement effacée à ses côtés. Exactement ce qu’il voulait.Élise sourit. Le sourire exact. Celui qui ne montrait que ce qu’il fallait.— Tu es magnifique ce soir, murmura Alexandre contre son oreille en l’entraînant vers leur table.— C’est pour toi, répondit-elle simplement.Il serra légèrement sa taille. Un geste de possession déguisé en tendresse. Elle le laissa faire.Autour de la table se trouvaient les hommes les plus importants de son monde. Des actionnaires, des partenaires s

  • Je L'ai Ruine Lentement   Chapitre 2 : Six Semaines

    Le matin suivant, Élise se réveilla avant Alexandre.La lumière grise de l’aube filtrait à travers les rideaux épais. Paris était encore endormie sous une brume fine. Elle resta immobile quelques secondes, le bras d’Alexandre toujours posé sur sa taille, lourd, possessif, comme s’il la réclamait même dans son sommeil.Elle observa son visage détendu. Les traits durs s’étaient un peu adoucis. Les lèvres entrouvertes. Les cils sombres. Il avait l’air… humain. Presque vulnérable.Élise détacha doucement son bras et se leva sans faire de bruit.Dans la salle de bain attenante, elle s’enferma et s’appuya contre le lavabo en marbre. Son reflet dans le miroir la regarda sans émotion. Cheveux légèrement emmêlés, marques légères sur le cou, yeux calmes. Trop calmes.Elle ouvrit le robinet et se lava le visage à l’eau froide. L’eau ruissela le long de sa mâchoire, de son cou, de sa poitrine. Elle releva la tête et se fixa de nouveau.Six semaines.C’était le temps qu’il lui restait avant le mar

  • Je L'ai Ruine Lentement   Chapitre 1 : Le Silence Qui Ment

    Élise Moreau a toujours cru que le silence était une forme de paix.Ce soir-là, elle a compris que c’était juste une autre façon de mentir.Le bureau d’Alexandre sentait le cuir neuf et le scotch vieux. Une lumière basse tombait des lampes en laiton, dessinant des ombres longues sur le parquet sombre. Dehors, Paris pleuvait comme si le ciel voulait tout noyer. Élise restait debout près de la grande baie vitrée, les bras croisés, le dossier noir encore ouvert dans ses mains.Elle avait lu les documents trois fois.Puis une quatrième.Puis une cinquième, juste pour être sûre que ses yeux ne la trahissaient pas.Le contrat de rachat. Les clauses cachées. Les signatures. Les dates. Tout était là, imprimé en noir sur blanc, froid et définitif. Son père n’était mort que depuis onze mois. Et déjà, Alexandre Voss avait tout prévu. L’entreprise Moreau Industries allait passer entre ses mains dans moins de six semaines. Quietement. Légalement. Sans qu’elle puisse rien faire.Parce qu’elle allai

Más capítulos
Explora y lee buenas novelas gratis
Acceso gratuito a una gran cantidad de buenas novelas en la app GoodNovel. Descarga los libros que te gusten y léelos donde y cuando quieras.
Lee libros gratis en la app
ESCANEA EL CÓDIGO PARA LEER EN LA APP
DMCA.com Protection Status