LOGINMon érection est là, constante, presque douloureuse. Mais je ne bouge pas. Je ne la touche pas. Je ne fais pas un geste vers elle. Je reste immobile, les bras le long du corps, offert à son regard.
— Qu'est-ce que tu fais, Gabriel ?
Sa voix est un murmure enroué, presque méfiant. Elle ne comprend pas. Elle ne peut pas comprendre — pas encore. Flore ne connaît que la guerre, la domination, la compétition. E
Ma voix est étrangère à mes propres oreilles douce, fragile, suppliante. La voix de la femme que j'ai toujours cachée sous l'armure, la voix de celle qui aime et qui a peur, qui désire et qui espère.Il acquiesce, sans un mot. Il écarte légèrement les cuisses, m'invitant à me placer entre elles. Je me glisse au-dessus de lui, nos ventres se touchant, nos poitrines s'écrasant l'une contre l'autre. Mon sexe humide se pose sur le sien, sans le prendre encore, juste pour sentir sa chaleur, sa dureté, sa vie contre ma chair.Je plonge mes yeux dans les siens. Ses pupilles sont dilatées, énormes, mangeant l'iris brun. Son souffle est rapide, mais contrôlé. Il ne me précipite pas. Il ne me force pas. Il attend, les mains posées à plat sur le matelas, comme pour me prouver qu'il ne cherchera pas à m'imposer quoi que ce soit.Alors, doucement, sans me presser, je descends sur lui.Son sexe me pénètre avec une lenteur incroyable, millimètre par millimètre. Je le sens s'enfoncer en moi, combler
Mon érection est là, constante, presque douloureuse. Mais je ne bouge pas. Je ne la touche pas. Je ne fais pas un geste vers elle. Je reste immobile, les bras le long du corps, offert à son regard.— Qu'est-ce que tu fais, Gabriel ?Sa voix est un murmure enroué, presque méfiant. Elle ne comprend pas. Elle ne peut pas comprendre — pas encore. Flore ne connaît que la guerre, la domination, la compétition. Elle ne connaît pas le don de soi, la vulnérabilité, la nudité de l'âme.— Je t'offre tout, Flore. Mon corps. Mes cicatrices. Mes défauts. Tout ce que je n'ai jamais osé te montrer. Tout ce que je cachais derrière l'autorité, le pouvoir, les maîtresses.Ma voix est rauque, étranglée par une émotion que je ne contrôle plus. Je fais un pas vers elle, puis un autre, toujours nu, toujours
Ce sont les premiers mots d'amour que je lui dis. Vraiment. Sans honte, sans peur, sans retenue. Ils sortent de ma poitrine comme une évidence, comme une vérité que j'ai toujours sue et que je peux enfin prononcer.— Je t'aime aussi, Mélie. Depuis le premier jour. Depuis le premier regard. Depuis que tu es entrée dans ce bureau et que tu m'as offert ce café.Il rit doucement, un rire ému qui ressemble à un sanglot. Je ris aussi, et nos lèvres se retrouvent, se cherchent, s'embrassent encore.Mes mains s'attaquent aux boutons de sa chemise. J'en défais un, puis un autre, puis un troisième. Je veux sentir sa peau sous mes doigts, son torse contre mes seins, son cœur qui bat contre le mien. Lui aussi, il défait mon chemisier, avec des gestes maladroits et pressés, ses doigts tremblant d'impatience.Le taxi ralentit à un feu rouge, s'arr
MélieLe taxi attend devant l'entrée du parking, son moteur diesel ronronnant doucement dans la fraîcheur du soir. Un véhicule banal, une Peugeot noire aux sièges en tissu gris, mais pour moi, c'est un char d'or, un tapis volant, un vaisseau spatial. C'est le véhicule qui va m'emporter loin d'ici, loin de lui, loin de tout.Raphaël tient ma main, nos doigts entrelacés, serrés comme si nous risquions de nous perdre dans la foule. Mais il n'y a pas de foule. Juste le bitume mouillé, les lampadaires qui s'allument un par un dans la grisaille du soir, et le bruit lointain de la circulation sur les grands boulevards.Nous marchons vers le taxi, nos pas synchronisés, nos épaules qui se touchent. Ses affaires sont dans un sac de sport posé à l'arrière, à côté de mon petit sac à main. Les miennes tiennent dans une valise à
Elle éclate en sanglots, un hoquet rauque qui secoue ses épaules. Son visage se tord dans une grimace de douleur, de frustration, de honte. Et je sens mon cœur se serrer dans ma poitrine. Ce n'est pas de la compassion. Ce n'est pas de la pitié. C'est quelque chose de plus sauvage, de plus primitif, de plus possessif.Elle est à moi. Dans sa gloire comme dans sa chute. Dans sa puissance comme dans sa faiblesse. Elle est à moi.Je tends la main. Mes doigts se referment sur sa gorge. Pas brutalement, pas pour lui faire mal. Juste pour sentir son pouls battre contre ma paume, cette vie qui palpite sous sa peau, cette chaleur qui est la sienne, qui est la mienne. Ma prise est ferme, possessive, mais pas serrée. Une affirmation, pas une agression.— C'est avec MOI que tu es mariée, Flore.Ma voix est un grognement sourd, qui vient du plus profond de ma poitrine. Je plonge mon regard dans
Avant, tout était une conquête. Chaque orgasme était une victoire sur Gabriel, sur Raphaël, sur moi-même. Chaque caresse était un défi, chaque baiser une déclaration de guerre. Le désir était mon arme, ma cuirasse, mon identité. Je jouissais de ma domination, de leur soumission, de ce jeu cruel et magnifique qui était ma vie.Mais aujourd'hui, la guerre est terminée. La meute est repue du scandale, Raphaël est parti avec Mélie, et Gabriel... Gabriel qui a menti pour moi pendant l'interrogatoire, qui a serré les poings jusqu'à en blanchir les jointures, qui m'a regardée avec ces yeux où la haine et l'amour sont indiscernables. Gabriel qui est tout ce qui me reste.Et l'idée de le retrouver ce soir, dans notre appartement vide, m'emplit d'une terreur glacée. Parce que sans la guerre, sans le danger, sans la transgressi







