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Chapitre 5 – Le premier toucher

Author: Eternel
last update Petsa ng paglalathala: 2026-03-14 17:58:05

Camille

Il s'allonge de nouveau. Je me relève, enlève ma

J'accélère. Le bruit de nos corps qui s'entrechoquent emplit la pièce. La sueur perle sur ma peau. Je sens l'orgasme monter, inévitable.

-- Je vais jouir.

-- Pas encore. Regarde-moi.

Je plonge mes yeux dans les siens. Gris-bleu, intenses, qui me traversent. Et là, dans ses yeux, je vois quelque chose que je n'avais pas vu avant. Une fragilité. Une attente. Comme s'il attendait quelque chose de moi, de cette femme qui le chevauche.

-- Maintenant, Camille. Jouis pour moi.

L'orgasme explose, violent, profond. Je crie son nom, je me cambre, je sens ses mains qui serrent mes hanches. Et lui, en dessous de moi, qui jouit à son tour, remplissant, chaud, profond.

Je m'effondre sur lui, haletante, trempée. Il caresse mon dos, lentement, doucement.

-- Tu vois, murmure-t-il. Tu peux être celle qui prend. Pas seulement celle qui est prise.

Je relève la tête, le regarde.

-- C'est ça, ta thérapie ?

Il sourit, ce sourire que j'aime et qui m'effraie.

-- C'est ça, Camille. Te montrer que tu as le choix. Que tu peux être active. Que tu n'es pas juste l'objet de tes pulsions, mais leur sujet.

Je reste allongée sur lui, blottie, comblée. L'horloge tic-tac. Le monde existe encore dehors. Ici, il n'y a que nous.

-- Il faut que j'y aille, dis-je à regret.

-- Oui.

Je me lève, cherche ma jupe. Il reste allongé, nu, magnifique.

-- Camille.

-- Oui ?

-- La prochaine fois, je t'emmène ailleurs.

-- Où ?

Il sourit, mystérieux.

-- Là où tu pourras vraiment explorer ce que tu caches.

Camille

Une semaine. Il a dit une semaine avant la prochaine séance. Sept jours. Mille soixante-huit heures. Je les ai comptées.

J'ai essayé de travailler. Impossible. Mon article sur la crise migratoire attend, les interviews s'empilent, mon téléphone sonne. Je ne réponds pas. Je reste chez moi, en pyjama, à regarder le plafond, à revoir ses mains, sa bouche, son sexe en moi.

Je me touche. Tout le temps. Dans mon lit, sous la douche, sur le canapé. Je cherche à retrouver la sensation, l'orgasme qu'il m'a donné. Mais ce n'est jamais pareil. Mes doigts sont des pauvres substituts. Je pleure parfois, après. De frustration. De manque. De peur.

Je suis accro.

L'évidence me frappe un matin, sous la douche, l'eau brûlante sur ma peau. Je suis accro à lui. Pas à ses séances, pas à sa thérapie. À lui. À sa peau. À sa voix. À son pouvoir.

Et lui, qu'est-ce qu'il ressent ? Est-ce que je suis juste une patiente de plus, un corps de plus dans sa collection ? L'idée me tord le ventre. La jalousie, l'insécurité, la peur de n'être rien.

Je lui envoie un SMS. Juste :

Je pense à toi.

Il répond trois heures plus tard :

Je sais. À jeudi.

Rien d'autre. Pas de "moi aussi", pas de cœur, pas de chaleur. Juste ce savoir froid, cette certitude qu'il contrôle tout, même mes pensées.

Jeudi. Enfin.

Je sonne, le cœur cognant si fort que je l'entends dans mes oreilles. La porte s'ouvre. Il est en jean noir, pull marin, décontracté, presque jeune. Il me regarde, et dans ses yeux, je vois qu'il me voit. Vraiment. Pas juste un corps, pas juste une patiente. Moi.

-- Entre.

Je passe devant lui. Il ne me touche pas. C'est pire que s'il le faisait.

-- Aujourd'hui, pas de cabinet, dit-il. On sort.

-- Où ?

-- Surprends-toi.

Il prend un manteau, m'en tend un. Long, noir, élégant. Je l'enfile. Il sent lui. Encore.

Dans la rue, il marche vite, je trottine à côté. Il ne me prend pas la main. Nous sommes deux inconnus qui marchent. Arrivés devant une porte cochère, il sort une clé, ouvre. Un escalier étroit, sombre. Je monte derrière lui, regardant ses fesses, ses épaules. Quatrième étage. Il ouvre une autre porte.

Un appartement. Petit, spartiate. Un lit, une table, deux chaises. Des murs blancs, nus. Une fenêtre qui donne sur une cour intérieure.

-- C'est chez toi ?

-- Un de mes chez-moi. Personne ne sait que j'ai cet endroit.

Il se retourne vers moi, s'approche. Ses mains se posent sur mes épaules, font glisser le manteau. Il me tourne, défait la fermeture de ma robe. Elle tombe à mes pieds. Je suis en dessous en ensemble de dentelle noire, choisi pour lui.

-- Tu es belle, Camille.

Sa voix est douce, presque tendre. Puis il passe derrière moi, défait mon soutien-gorge d'un geste expert. Mes seins se libèrent. Il les prend dans ses mains, les pèse, les caresse. Ses doigts pincent mes tétons, doucement d'abord, plus fort ensuite. Je gémis.

-- À genoux.

L'ordre. Enfin. Je tombe à genoux sur le parquet froid. Il est debout devant moi, je vois ses chaussures, ses jambes. Il ne bouge pas.

-- Qu'est-ce que tu es prête à faire pour moi, Camille ?

-- Tout.

-- Tout, c'est trop vague. Dis-moi.

-- Je suis prête à t'obéir. À faire ce que tu veux. À être ce que tu veux.

-- Même si ça fait mal ?

Je lève les yeux vers lui. Son regard est dur, intense.

-- Surtout si ça fait mal.

Il sourit. Pas le sourire doux, l'autre. Celui du prédateur.

-- Alors lève-toi. Va t'allonger sur le lit. À plat ventre. Les bras écartés.

J'obéis. Le lit est dur, drap froid. Je pose ma joue sur le tissu, j'écarte les bras, j'attends.

Il s'approche, je l'entends ouvrir quelque chose. Une ceinture ? Une lanière ? Je ne vois pas.

-- Tu as peur ?

-- Oui.

-- Tu veux arrêter ?

-- Non.

Le premier coup claque sur mes fesses. La douleur est vive, brûlante. Je crie. Puis la sensation se transforme, la chaleur se diffuse, le plaisir arrive par vagues.

-- Encore ?

-- Oui.

Deuxième coup. Plus fort. Je mords le drap. Troisième, quatrième. Je ne compte plus. La douleur et le plaisir se mêlent, deviennent une seule chose. Je gémis, je pleure, je jouis presque.

Il s'arrête. Ses mains caressent la peau brûlante, doucement, apaisant.

-- Retourne-toi.

Je me retourne. Il me regarde, debout au pied du lit. Puis il se déshabille, lentement. Je vois son corps pour la première fois en entier. Magnifique. Musclé sans excès, poilu juste ce qu'il faut, et son sexe dur, tendu vers moi.

Il s'allonge sur moi, son poids m'écrase. Sa bouche cherche la mienne, l'embrasse enfin. Un vrai baiser, profond, tendre. Sa langue explore, la mienne répond. Ses mains caressent mes seins, mon ventre, mon sexe.

-- Je vais te prendre, Camille. Je vais te prendre comme tu en as envie. Comme dans tes rêves.

Il entre en moi d'un coup, brutal. Je crie, de surprise, de douleur, de plaisir. Il bouge en moi, fort, rapide, profond. Chaque coup me cloue au lit, me défonce, me comble. Je ne contrôle rien, je ne veux rien contrôler.

-- Regarde-moi.

Je le regarde. Ses yeux sont fous, intenses, perdus. Il n'est plus le docteur, plus le contrôleur. Il est un homme qui baise, simplement, sauvagement.

-- Je t'ai, Camille. Je te tiens. Tu es à moi.

-- Oui.

-- Dis-le.

-- Je suis à toi.

-- Encore.

-- Je suis à toi. À toi. À toi.

L'orgasme me prend par surprise, violent, sans prévenir. Je crie, je me tords, je l'agrippe. Il jouit en même temps, un râle profond, son corps qui se tend, qui se vide en moi.

Il reste en moi, haletant, son front contre le mien. Longtemps. Puis il roule sur le côté, m'attire contre lui. Je blottis ma tête au creux de son épaule. Il caresse mes cheveux, doucement.

-- Ça va ?

-- Oui.

-- C'était...

-- Oui.

Il rit doucement. Je lève les yeux vers lui.

-- Quoi ?

-- Rien. Juste... tu es différente.

-- Différente de qui ?

Il hésite. Puis :

-- Différente des autres.

Mon cœur se serre. Les autres. Il y en a d'autres. Je le savais, mais l'entendre, c'est autre chose. Je me raidis. Il le sent.

-- Camille. Regarde-moi.

Je lève les yeux.

-- Ce que j'ai avec toi, c'est différent. Je ne sais pas pourquoi. Mais c'est différent.

-- Je veux te croire.

-- Alors crois-moi.

Il m'embrasse. Doucement, tendrement. Et je choisis de le croire. Parce que je n'ai pas le choix. Parce que je suis déjà trop loin.

-- Reste, dit-il. Ce soir. Reste avec moi.

-- Et la thérapie ?

-- La thérapie, c'est nous. Maintenant.

Je reste.

Dans la nuit, lovée contre lui, je l'écoute respirer. Je sens son cœur battre. Je touche son cou, sa mâchoire, ses lèvres endormies. Je suis à lui. Complètement. Et je ne sais pas si c'est la plus belle ou la pire chose qui pouvait m'arriver.

Au matin, il n'est plus là. Juste un mot sur la table :

Séance annulée. À bientôt. Franck.

Je reste seule dans cet appartement inconnu, nue, marquée, abandonnée. Et je pleure. De joie ? De peur ? Je ne sais pas. Je ne sais plus rien.

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