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Je suis tombée amoureuse d’un homme ingérable
Je suis tombée amoureuse d’un homme ingérable
Author: Zwina

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Author: Zwina
last update Last Updated: 2026-01-08 11:25:40

— « Mademoiselle Leïla… veuillez accepter nos plus sincères condoléances. »

Elle s’effondra à genoux. Ses larmes coulèrent comme des braises, brûlant ses joues, mais la douleur dans son cœur était encore plus violente, plus cruelle. Sous le choc, ses jambes ne la portaient plus. Un cri jaillit du plus profond de son être, un cri chargé d’une peine prête à lui déchirer le cœur :

— « Paaaapaaaa…

Ô mon Dieu… paaaapaaaa… nooon… »

À côté d’elle, sa mère hurlait et pleurait avec une douleur déchirante :

— « Nooon Mahmoud… nooon… nooon… ce n’est pas vrai… nooon Mahmoud ! »

Les infirmières accoururent pour secourir sa mère, qui s’était évanouie, tandis que Leïla restait figée au milieu de la salle, incapable de comprendre ce qui se passait. Les souvenirs de sa vie avec son père défilaient devant ses yeux : sa tendresse, leurs rires, leurs sorties, leurs soirées passées ensemble… Tout passait comme un rêve.

On dit que la mère est la personne la plus proche de sa fille. On dit aussi qu’elle est la confidente de ses secrets. Mais cela ne s’appliquait pas à Leïla.

Leïla était l’âme et l’esprit de son père. Elle l’aimait sincèrement, plus que sa propre mère. C’était lui qui la choyait, qui la rendait heureuse, qui la comprenait d’un simple regard — qu’elle soit en colère, joyeuse ou triste. Il était plus qu’un père à ses yeux. Elle en était jalouse, même envers sa mère. Il était son premier et son dernier amour. Même les choses qu’elle aurait dû confier à sa mère, elle les racontait à son père.

Une seule chose l’étonnait pourtant : ses parents ne s’entendaient jamais. Les disputes entre eux étaient constantes, mais elle n’avait jamais cherché à en connaître la raison. Peut-être était-ce justement cela qui l’avait rapprochée autant de son père.

— « Madame Leïla, votre mère a fait une grave crise nerveuse. Elle devra rester ici deux jours. »

La voix de l’infirmière interrompit ses pensées.

Mais Leïla ne semblait pas l’entendre. D’une voix brisée, elle murmura :

— « Je veux voir mon père… »

L’infirmière l’accompagna jusqu’à la salle où reposaient les corps. Elle souleva le drap qui recouvrait son visage. Leïla se jeta contre lui, l’enlaça de toutes ses forces, tandis que ses larmes coulaient comme des cascades :

— « Papa, s’il te plaît, lève-toi… Je suis ta fille, papa… Ne me laisse pas seule, je t’en supplie… »

Sa voix monta peu à peu, jusqu’à devenir un cri déchirant :

— « Paaaapaaaa… aaaah… paaaapaaaa… ne me laisse pas… paaaapaaaa ! »

Sans que Leïla ne s’en rende compte, un homme élégant se tenait derrière la vitre. Il la fixait intensément, une large sourire dessiné sur les lèvres…

Leïla El Yousfi, fille du plus grand homme d’affaires de la ville d’Anbar.

Si vous demandez qui est Leïla, on vous dira : cette magnifique jeune femme dont la moitié de la ville est amoureuse. Oui… Leïla était d’une beauté à rendre fou, comme si elle disait à la lune : recule et laisse-moi prendre ta place. Peau blanche comme une bougie, grands yeux bleus couleur de la mer, longs cils semblables à des voiles, un petit nez et une bouche encore plus petite, pulpeuse et rosée. Ses cheveux — magnifiques — étaient très longs, noirs comme la nuit. Son corps était harmonieux, sans le moindre défaut, comme dessiné au crayon.

Avec une telle beauté et la richesse de sa famille, on pourrait croire qu’elle était arrogante, orgueilleuse, voire immorale. Mais la vérité était tout autre. Leïla avait reçu une excellente éducation, elle était humble et aimait tout le monde. Elle n’avait jamais eu de relation amoureuse, car son père était son premier et son dernier amour. Âgée de vingt-trois ans, encore étudiante, très intelligente, elle possédait une grande expérience dans les affaires de son père, qu’elle admirait profondément et dont elle rêvait de suivre les traces. Elle savait cuisiner, un savoir qu’elle avait appris de Saliha, la femme qui travaillait chez eux.

Elle errait dans les rues, perdue, un corps sans âme. Son âme était partie avec son père et ne reviendrait jamais. Ses larmes coulaient comme des torrents brûlants, des braises consumant ses joues. Son état faisait peine à voir ; quiconque la croisait aurait pu la croire folle. Ses jambes trébuchaient, incapables de la porter plus longtemps. Elle s’effondra dans une salle quelconque — seulement des larmes… et aucun son. Depuis sa sortie de l’hôpital, elle semblait fuir la réalité, comme si ce qu’elle vivait n’était qu’un rêve dont elle voulait se réveiller. Mais la vérité était bien plus cruelle : c’était un cauchemar qui avait détruit sa vie, et elle priait pour en sortir.

(Flash-back)

Elle était assise chez elle, les jambes appuyées contre le mur, un magazine entre les mains, profitant du calme. Soudain, elle entendit sa mère pleurer. Elle pensa d’abord à une dispute habituelle avec son père. Mais cette fois, elle l’entendit crier :

— « Mahmoud… ! »

Prise de peur, Leïla courut vers la chambre. Elle trouva sa mère étendue sur le sol, en larmes, effondrée. Leïla leva les yeux… et aurait préféré ne jamais le faire.

Elle vit son père pendu.

Oui… son père s’était suicidé.

Ils appelèrent les secours et furent tous emmenés en pleurs, sans rien comprendre. Pourquoi ? Comment avait-il pu faire cela ? Des questions dont seul son père connaissait les réponses… mais il était parti, et ne reviendrait jamais.

Ces instants défilaient devant ses yeux comme une série ou un film.

Mais le problème, c’est que ce n’était pas de la fiction…

C’était la réalité.

Une réalité amère, que l’on refuse d’accepter ou même de croire.

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