LOGINJulienEmma est plantée là, statue fissurée, son corps un champ de bataille où le calme n'est qu'une illusion fragile. Penché sur mon bureau, elle offre une posture qui hurle le conflit : dos cambré en une courbe hypnotique, reins creusés comme une invitation maudite, épaules raidies par une résistance qui craquelle à vue d'œil. Ses tremblements sont imperceptibles pour un œil distrait, mais pas pour moi : une vibration sourde, continue, comme une corde de violon pincée et abandonnée à sa résonance, remontant de ses cuisses tremblantes jusqu'à sa nuque raidie. La sueur perle déjà, formant des rigoles salées qui glissent le long de sa colonne, trempant le tissu fin de sa chemise collée à sa peau, révélant les contours de ses omoplates saillantes, tendues à rompre.Le néon crache sa lumière impitoyable, un blanc clinique qui éviscère les ombres et dissèque chaque détail avec une cruauté chirurgicale. Il allume les veines bleues sur ses tempes, fait briller les gouttes de transpiration q
Il bouge son doigt en moi, lentement, profondément. Je mords ma main pour ne pas crier. La douleur de mes dents sur ma peau est le seul rempart contre le plaisir qui monte, qui envahit tout, qui menace de me faire perdre la tête.— …l’obéissance.Son doigt trouve un endroit en moi que je ne connaissais pas. Je me cambre. Mes hanches bougent toutes seules, cherchent plus, cherchent encore. Il rit doucement, un rire que je ne lui connais pas, un rire sombre, possessif.— Tu aimes ça, Emma ?— Oui, monsieur Delaunay.— Tu aimes quand ton professeur te touche comme ça ?— Oui, monsieur Delaunay.— Tu penses à quoi, quand tu te touches le soir ?Je ne réponds pas. Je ne peux pas. Le dire à voix haute, c’est trop. C’est avouer tout ce que j’ai imaginé, toutes ces nuits où j’ai fer
Je glisse la craie entre ses fesses. Contre son trou. Elle sursaute, se tend, ses doigts s’agrippent au bureau.— Tu aimes, Emma ?— Je… je ne sais pas, monsieur Delaunay. Je n’ai jamais…— Tais-toi. Tu n’as pas à savoir. Tu as à subir.Je fais rouler la craie contre elle. La poussière blanche marque sa peau, dessine des traits sur ses fesses, dans le creux de ses reins. Elle gémit, étouffe le son dans son bras. Ses hanches bougent toutes seules, cherchant quelque chose, ne sachant pas quoi.Je laisse tomber la craie. Elle claque sur le parquet, se brise. Emma sursaute. Je dégrafe mon pantalon. Je sors ma queue. Longtemps que je n’ai pas bandé comme ça. Longtemps que je n’ai pas désiré comme ça. Elle est dure, tendue, presque douloureuse.J’enfile un préservatif – j’
Je pose mes mains sur ses épaules. Juste pour la stabiliser. Pour me stabiliser. Ses os fins sous le coton. Sa chaleur. Sa peau si douce sous mes doigts. Je glisse ses bretelles le long de ses bras, elle ne résiste pas. Le chemisier glisse, découvre ses épaules, ses clavicules, le haut de ses seins.— Dis-moi ce que tu veux, Emma.— Que vous m’appreniez. Tout. Pas seulement les livres.Mes doigts serrent plus fort. Elle ne recule pas. Elle se rapproche. Son buste contre ma poitrine, ses seins à travers le tissu fin contre ma chemise. Je sens ses tétons durcis, je sens son souffle qui s’accélère.— Tu sais ce que ça veut dire, « tout » ?— Oui, monsieur Delaunay.— Ça veut dire que je décide. Que je commande. Que tu ne dis pas non.Ses yeux s’agrandissent mais elle ne détourne pas le regard. El
Je pose mes mains sur ses épaules. Juste pour la stabiliser. Pour me stabiliser. Ses os fins sous le coton. Sa chaleur. Sa peau si douce sous mes doigts. Je glisse ses bretelles le long de ses bras, elle ne résiste pas. Le chemisier glisse, découvre ses épaules, ses clavicules, le haut de ses seins.— Dis-moi ce que tu veux, Emma.— Que vous m’appreniez. Tout. Pas seulement les livres.Mes doigts serrent plus fort. Elle ne recule pas. Elle se rapproche. Son buste contre ma poitrine, ses seins à travers le tissu fin contre ma chemise. Je sens ses tétons durcis, je sens son souffle qui s’accélère.— Tu sais ce que ça veut dire, « tout » ?— Oui, monsieur Delaunay.— Ça veut dire que je décide. Que je commande. Que tu ne dis pas non.Ses yeux s’agrandissent mais elle ne détourne pas le regard. El
Je suis à un mètre de lui maintenant. Un mètre. Je vois les veines sur ses mains, la cicatrice sur son menton, la pâleur de ses lèvres. Il ne bouge pas. Mais sa poitrine se soulève plus vite.— Tu as raison. Baudelaire ment. Le désir n’est jamais calme. Il est fièvre. Fièvre et tourment.Il a dit « désir ». Il a dit « tourment ». Chaque syllabe résonne dans ma poitrine, dans mon ventre, entre mes jambes. Je fais un pas de plus. Nous sommes face à face. Je sens son souffle sur mes cheveux. Il est plus grand que je ne croyais. Plus près. Plus dangereux.— Alors pourquoi il écrit ça ?— Parce que parfois, on a envie de croire qu’on peut posséder sans souffrir.Sa main. Sa main se lève. Ses doigts effleurent une mèche de mes cheveux. Le contact dure une seconde, peut-êtr
AlessandroLe silence après son départ est pire que le choc de ses mots. Il s’étend, se creuse, devient une fosse béante au centre de la pièce où je reste planté. Le grésillement de la lampe est une moquerie. Quelque part en dessous, la musique de la fête continue, un bourdonnement étouffé, indiffé
ChiaraÀ un moment, dans l’obscurité à peine trouée par les braises mourantes, il s’immobilise. Son poids est sur moi, écrasant, réel. Nos yeux se rencontrent. Les siens sont des puits noirs, dilatés, d’où toute émotion humaine semble avoir été évacuée, ne laissant qu’une intense concentration phys
ChiaraLa journée se déploie, lente et cérémonieuse, comme un rite funéraire. Je suis l’épouse. Je sors de la chambre conjugale après lui, vêtue d’une robe aux tons sombres qui ne flattent rien, simplement appropriée. Mes cheveux sont tirés en un chignon strict, un filet de perles fines y est noué
AlessandroLa danse se termine. Je la raccompagne au bord de la piste. Avant que je puisse l’installer en lieu sûr, Soranzo est déjà là, surgi de nulle part.— Maintenant, contessa. Vous ne pouvez refuser deux fois un hôte aussi pressant.C’est un affront à peine voilé. Un test de ma nouvelle autor







