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Chapitre 3 : L'Arrogance 2

Penulis: Darkness
last update Terakhir Diperbarui: 2025-12-03 20:26:24

JADE

Son ton est doucereusement méprisant. Il fait rouler mon prénom dans sa bouche comme on examine un échantillon douteux. La colère, vive et brillante, commence à remplacer la confusion dans mes veines.

— Vous êtes d’une vanité grotesque, rétorqué-je, la voix sifflante. Vous pensez que tout tourne autour de vous ? Que j’ai planifié un baiser sous une panne de courant pour faire avancer ma carrière ?

Un sourcil à peine se lève, arrogant.

— Les coïncidences sont rares. Et les femmes ambitieuses, fréquentes. Le noir total était une toile de fond plutôt dramatique, je dois admettre. Efficace.

C’en est trop. L’insulte, la déformation de cet instant qui m’a tant obsédée, la réduction de mon art et de ma personne à une manœuvre calculatrice… La braise de la colère devient un brasier.

— Écoutez-moi bien, Docteur Moréac, dis-je en avançant d’un pas à mon tour, refusant de me laisser intimider par sa stature. Je n’avais pas la moindre idée de qui vous étiez. Je ne le sais toujours pas, d’ailleurs, à part que vous êtes un arrogant imbu de sa personne, persuadé que l’univers gravite autour de votre petit nom et de votre costume trop cher.

Il ne recule pas. Au contraire, une lueur étrange, presque admirative, passe dans son regard gris. Je continue, emportée par la fureur.

— Votre baiser n’était pas une stratégie. C’était une erreur. Une faiblesse momentanée due à l’orage et à l’ennui. Vous pensez être une prise de choix ? Vous n’êtes qu’un homme triste, debout dans l’ombre de sa femme, qui croit se donner de l’importance en jouant les cyniques. Votre vie doit être d’un vide sidéral pour imaginer que quiconque voudrait y prendre part.

Je m’arrête, haletante, les joues en feu. La pièce est silencieuse, à part le bourdonnement feutré de la climatisation. Je m’attends à de la fureur, à ce qu’il m’ordonne de partir.

Il ne fait rien de tel.

Un lent sourire, cruel et fascinant, étire ses lèvres. Un sourire qui ne touche pas ses yeux.

— Très bien, dit-il d’une voix basse, voilée. Voilà qui est plus intéressant que les simagrées habituelles.

Il fait un dernier pas, éliminant la distance restante. Je peux voir les minuscules éclats d’argent dans son iris, les fines rides à la commissure de ses yeux. Son parfum, le même, citron et pierre, m’enveloppe, en contradiction totale avec ses mots venimeux.

— Alors expliquons-nous, puisque vous êtes si franche. Vous avez embrassé un « homme triste » dans le noir par ennui. Par faiblesse. Admettons. Mais qui, de nous deux, a passé trois jours à ressasser cette « erreur » ? Qui est venue ici aujourd’hui, le pouls peut-être un peu trop rapide, en espérant obscurément recroiser le chemin de cette… déception ambulante ?

Son accusation est un coup de poing dans le ventre. Parce qu’elle est vraie. Atrocement vraie.

— Vous délirez, soufflé-je, mais ma voix manque de conviction.

— Vraiment ? Sa main se lève, lentement, et il effleure du bout des doigts une mèche de mes cheveux qui a glissé sur mon épaule. Un contact électrique, brûlant. Je sursaute comme mordue. Son sourire s’accentue. Regardez. Vous tremblez. Pas de colère, Jade. De l’excitation. La même qui vous a poussée vers moi dans l’obscurité. Vous n’avez pas cherché à séduire un nom ou une position. Vous avez cherché à craquer la carapace. Et ça vous obsède, parce que vous avez senti, pendant une seconde, qu’elle pouvait céder.

Je suis incapable de parler, pétrifiée par la justesse diabolique de ses mots, par la chaleur de ses doigts si près de ma peau. La haine et le désir se mélangent en un cocktail toxique et enivrant.

— Je vous hais, chuchoté-je, les dents serrées.

— C’est un bon début, murmure-t-il en penchant la tête, son souffle chaud effleurant mon oreille, me faisant frémir malgré moi. Bien meilleur que l’indifférence. Et infiniment plus honnête que vos prétendues motivations artistiques.

La porte de la salle de réunion s’ouvre brusquement. L’assistante réapparaît, souriante.

— Madame Moréac est désolée pour ce contretemps, elle…

Elle s’interrompt, voyant notre proximité, l’énergie palpable, violente, qui émane de nous. Adrien se redresse, ramenant sa main à lui comme si de rien n’était. Son masque de politesse distante est déjà de retour.

— Ma femme est retardée, c’est cela ? Je viens d’en informer Mademoiselle Jade. Je lui expliquais justement le fonctionnement des acquisitions.

Son mensonge est fluide, parfait. Il me jette un dernier regard. Un défi. Un rappel. Vous voyez ? Je sais mentir. Je sais jouer. Et vous êtes déjà dans mon jeu.

— Oui, en effet, dit l’assistante, un peu incertaine. Elle vous recevra dans son bureau dans dix minutes.

— Parfait, dis-je, forçant ma voix à la neutralité, détournant les yeux de lui pour fixer un point sur le mur. Je vais l’attendre là.

Adrien incline légèrement la tête, une courtoisie de prince.

— Au plaisir, Mademoiselle.

Puis il sort, laissant derrière lui un sillage de trouble et de colère. Je reste seule au milieu de la pièce ensoleillée, tremblante, le cœur battant la chamade, le sang bruissant à mes oreilles. Il a tout retourné. Il a fait de ma colère une preuve de mon désir, de mon insulte une confession.

Je me hais un peu. Mais je le hais encore plus. Et cette haine, je le sens avec une certitude effrayante, est le carburant le plus dangereux qui soit.

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