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Chapitre 171 : L'inculpation

last update 게시일: 2026-08-24 08:47:00

— Élisa

La nouvelle tombe un mardi matin, par un appel de Lefèvre. Je suis dans ma cuisine, en train de boire un thé, les yeux encore gonflés de sommeil. Le téléphone vibre sur la table, je décroche sans regarder, et la voix de l'officier est différente. Plus grave, plus lente, presque solennelle. Il me demande si je suis seule, si je peux parler. Je réponds oui, le cœur battant. Et il me dit :

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  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 171 : L'inculpation

    — ÉlisaLa nouvelle tombe un mardi matin, par un appel de Lefèvre. Je suis dans ma cuisine, en train de boire un thé, les yeux encore gonflés de sommeil. Le téléphone vibre sur la table, je décroche sans regarder, et la voix de l'officier est différente. Plus grave, plus lente, presque solennelle. Il me demande si je suis seule, si je peux parler. Je réponds oui, le cœur battant. Et il me dit :— Adrien Vance a été mis en examen. Pour harcèlement moral, menaces réitérées, et violences psychologiques. Ce n'est pas encore le procès, mais c'est une étape majeure. Le juge a estimé qu'il y avait des indices graves et concordants.Je ne réponds pas tout de suite. La phrase résonne dans ma tête, se répète, tourne sur elle-même. Mis en examen. Ces trois mots que j'ai attendus

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    — ÉlisaLa fièvre arrive sans prévenir, au milieu d'une nuit que je croyais ordinaire. Je me réveille en sursaut, le corps brûlant, la gorge sèche, les draps trempés de sueur. Je crois d'abord à un simple refroidissement, à une fatigue passagère, à ce que ma thérapeute appelle les contrecoups. Mais la fièvre ne passe pas. Elle monte, descend, remonte, s'installe dans mes os comme une vieille locataire qui refuse de partir. Et avec elle viennent les migraines, des coups de boutoir derrière les yeux, si violents que la lumière du jour devient insupportable. Puis viennent les nausées, des vagues de dégoût qui me plient en deux au-dessus de la cuvette des toilettes, qui me laissent vide et tremblante. Et enfin, les insomnies. Ces nuits entières où je fixe le plafond, les yeux ouverts, le corps épuisé mais l'esprit en ébullition, incapable de trouver le repos.Je ne raconte pas tout à Caroline. Je ne veux pas l'inquiéter. Elle a déjà tant porté, tant supporté. Je ne veux pas ajouter mon ef

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    Je prends une grande inspiration. L'air froid me brûle les poumons, mais il me ramène aussi à moi-même, à ce que j'ai appris, à ce que je suis devenue. Je me redresse, je le regarde droit dans les yeux, et je dis, d'une voix que je veux ferme :— Je ne détruis rien, Adrien. Je témoigne. Je raconte. Je vis. Ce que tu appelles ta vie, c'était ma prison. Et je ne retournerai pas dans ta tête. Plus jamais.Il me fixe, interdit. Ses lèvres tremblent. Il ouvre la bouche pour répondre, mais aucun son ne sort. Et puis il fait quelque chose que je n'attendais pas. Il baisse la tête. Il se met à pleurer. Des larmes coulent sur son visage, se mêlent à la pluie, et il ne les essuie pas. Je reste devant lui, pétrifiée, sans compassion, sans haine, sans rien. Un vide immense s'ouvre dans ma poitrine. Pas de triomphe. Pas de soulagement. Juste la conscience aiguë que cet homme est enfermé dans son propre théâtre, qu'il joue sa propre tragédie, qu'il est incapable de voir autre chose que lui.— Je ne

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    — ÉlisaLa sortie de la galerie ressemble à une scène que j'ai déjà vécue en rêve. Il fait nuit, une nuit de novembre, froide et coupante comme une lame. Les trottoirs luisent sous la pluie fine qui tombe sans discontinuer depuis des heures. Je viens de passer la soirée à l'inauguration d'une exposition collective, une de ces soirées où je dois faire semblant d'être encore une critique d'art, où je dois sourire à des gens qui murmurent dans mon dos, où je dois boire du champagne tiède en écoutant des phrases creuses sur la lumière et la matière. Je suis fatiguée. Pas d'une fatigue ordinaire, pas de celle qui se répare avec une nuit de sommeil. Une fatigue ancienne, profonde, qui s'est logée dans mes os et n'en sort plus.Je serre mon manteau contre ma poitrine, je baisse la tête pour éviter la pluie, et je commence à marcher vers la station de métro. La rue est presque vide à cette heure, seulement quelques silhouettes pressées qui se hâtent vers des taxis ou des portes cochères. Je n

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 166 : La déposition de Caroline

    J’ai moi-même fait cette déposition, il y a des mois. Je me souviens de chaque minute, de chaque question, de chaque silence. On m’a demandé de raconter la scène du loft, la porte de la pièce secrète, les vitrines, les bijoux, la main sur ma nuque, le chantage. On m’a demandé des dates, des noms, des preuves. J’ai répondu avec la voix d’une autre, une voix blanche, mécanique, qui récitait des faits comme on égrène des perles noires. Je me souviens que j’ai tenu jusqu’à la fin, et que la fin est venue d’une question toute simple : Qu’avez-vous ressenti à ce moment-là ? Alors, j’ai fondu. Pas de larmes. Pas de cris. Un effondrement intérieur, invisible, qui m’a vidée sur place. Et après, dans les toilettes, j’ai vomi.Je sais donc ce que Caroline traverse. Je sais la vio

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