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Chapitre 169 : La panique

last update Tanggal publikasi: 2026-08-23 20:29:17

— Élisa

La fièvre arrive sans prévenir, au milieu d'une nuit que je croyais ordinaire. Je me réveille en sursaut, le corps brûlant, la gorge sèche, les draps trempés de sueur. Je crois d'abord à un simple refroidissement, à une fatigue passagère, à ce que ma thérapeute appelle les contrecoups. Mais la fièvre ne passe pas. Elle monte, descend, remonte, s'installe dans mes os comme une vieille locataire qui refuse de partir. Et avec elle viennent les migraines, des coups de boutoir derrière les y
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  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 169 : La panique

    — ÉlisaLa fièvre arrive sans prévenir, au milieu d'une nuit que je croyais ordinaire. Je me réveille en sursaut, le corps brûlant, la gorge sèche, les draps trempés de sueur. Je crois d'abord à un simple refroidissement, à une fatigue passagère, à ce que ma thérapeute appelle les contrecoups. Mais la fièvre ne passe pas. Elle monte, descend, remonte, s'installe dans mes os comme une vieille locataire qui refuse de partir. Et avec elle viennent les migraines, des coups de boutoir derrière les yeux, si violents que la lumière du jour devient insupportable. Puis viennent les nausées, des vagues de dégoût qui me plient en deux au-dessus de la cuvette des toilettes, qui me laissent vide et tremblante. Et enfin, les insomnies. Ces nuits entières où je fixe le plafond, les yeux ouverts, le corps épuisé mais l'esprit en ébullition, incapable de trouver le repos.Je ne raconte pas tout à Caroline. Je ne veux pas l'inquiéter. Elle a déjà tant porté, tant supporté. Je ne veux pas ajouter mon ef

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 168 : L'attaque 2

    Je prends une grande inspiration. L'air froid me brûle les poumons, mais il me ramène aussi à moi-même, à ce que j'ai appris, à ce que je suis devenue. Je me redresse, je le regarde droit dans les yeux, et je dis, d'une voix que je veux ferme :— Je ne détruis rien, Adrien. Je témoigne. Je raconte. Je vis. Ce que tu appelles ta vie, c'était ma prison. Et je ne retournerai pas dans ta tête. Plus jamais.Il me fixe, interdit. Ses lèvres tremblent. Il ouvre la bouche pour répondre, mais aucun son ne sort. Et puis il fait quelque chose que je n'attendais pas. Il baisse la tête. Il se met à pleurer. Des larmes coulent sur son visage, se mêlent à la pluie, et il ne les essuie pas. Je reste devant lui, pétrifiée, sans compassion, sans haine, sans rien. Un vide immense s'ouvre dans ma poitrine. Pas de triomphe. Pas de soulagement. Juste la conscience aiguë que cet homme est enfermé dans son propre théâtre, qu'il joue sa propre tragédie, qu'il est incapable de voir autre chose que lui.— Je ne

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 167 : L'attaque

    — ÉlisaLa sortie de la galerie ressemble à une scène que j'ai déjà vécue en rêve. Il fait nuit, une nuit de novembre, froide et coupante comme une lame. Les trottoirs luisent sous la pluie fine qui tombe sans discontinuer depuis des heures. Je viens de passer la soirée à l'inauguration d'une exposition collective, une de ces soirées où je dois faire semblant d'être encore une critique d'art, où je dois sourire à des gens qui murmurent dans mon dos, où je dois boire du champagne tiède en écoutant des phrases creuses sur la lumière et la matière. Je suis fatiguée. Pas d'une fatigue ordinaire, pas de celle qui se répare avec une nuit de sommeil. Une fatigue ancienne, profonde, qui s'est logée dans mes os et n'en sort plus.Je serre mon manteau contre ma poitrine, je baisse la tête pour éviter la pluie, et je commence à marcher vers la station de métro. La rue est presque vide à cette heure, seulement quelques silhouettes pressées qui se hâtent vers des taxis ou des portes cochères. Je n

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 166 : La déposition de Caroline

    J’ai moi-même fait cette déposition, il y a des mois. Je me souviens de chaque minute, de chaque question, de chaque silence. On m’a demandé de raconter la scène du loft, la porte de la pièce secrète, les vitrines, les bijoux, la main sur ma nuque, le chantage. On m’a demandé des dates, des noms, des preuves. J’ai répondu avec la voix d’une autre, une voix blanche, mécanique, qui récitait des faits comme on égrène des perles noires. Je me souviens que j’ai tenu jusqu’à la fin, et que la fin est venue d’une question toute simple : Qu’avez-vous ressenti à ce moment-là ? Alors, j’ai fondu. Pas de larmes. Pas de cris. Un effondrement intérieur, invisible, qui m’a vidée sur place. Et après, dans les toilettes, j’ai vomi.Je sais donc ce que Caroline traverse. Je sais la vio

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 165 : Le scandale discret 2

    Je lis ces messages dans mon studio, écrasée sur mon canapé, mon téléphone vibrant entre mes doigts. Chaque notification est une lame. Chaque commentaire est une gifle. Je devrais m’arrêter, poser le téléphone, fermer les réseaux. Mais je n’y arrive pas. Je défile, je lis, je relis, je m’enfonce. Je repense à ce que Caroline disait, il y a des mois. Le talent sert souvent de blanchiment moral. C’est exactement ça. On lave le prédateur dans le génie. On rince la cruauté dans la complexité. On essore la vérité dans la passion artistique. Et ce qui reste, c’est une réputation intacte, un monstre blanchi, des victimes éclaboussées par l’eau sale de la rumeur.Clara m’appelle ce soir-là. Elle a vu les messages. Elle est furieuse, plus que moi. Elle veut que je réponde,

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 164 : Le carnet 2

    Caroline pleure. Des larmes silencieuses qui coulent sur ses joues, qu’elle n’essuie pas. Elle fixe le carnet comme on fixe une vieille blessure qui se rouvre. Moi, je ne pleure pas. Je regarde Lefèvre droit dans les yeux et je demande, d’une voix que je veux calme et qui tremble malgré tout :— Mon nom y figure-t-il ?Il hésite. Ce n’est pas bon signe.— Nous n’avons pas trouvé votre nom complet dans le fragment. Mais il y a des initiales. Et des fiches séparées dans des dossiers. On a retrouvé un classeur avec des sous-parties, des dates, des étapes. Votre prénom apparaît dans un planning, pas dans le carnet lui-même. Pas encore.Pas encore. Ces deux mots me glacent. Il y a peut-être un autre carnet. Une autre boîte. Un autre box. Il a tout fragmenté, comme un collectionneur qui disperse ses pièces

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 33 : Le cocon 2

    Je me jette dans ses bras, le mouillant complètement.– Je t'aime aussi. Même quand tu es trop protecteur. Surtout quand tu essaies de ne pas l'être.On reste comme ça, enlacés, pendant que l'eau dégouline de mes vête

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 6 — L’empreinte sous la peau

    ÉlisaJe rentre chez moi en fin d’après-midi.J’ai quitté Adrien plus tard que prévu. Beaucoup plus tard. Le temps s’est dissous entre ses draps, dans ses bras, dans ses silences chargés et ses regards qui me déshabillaient encore même après la nuit.Quand je sors de son immeuble, le jour est déjà

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 5 — La marque du matin

    ÉlisaJe me réveille avant lui.La lumière grise de l’aube glisse sur les draps froissés, sur nos corps encore emmêlés, sur la preuve silencieuse de la nuit que nous venons de traverser.Pendant quelques secondes, je ne bouge pas.Je sens sa respiration régulière contre ma nuque. Son bras lourd aut

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 4 — Jusqu’à l’aube

    ÉlisaJe ne sais pas exactement comment nous quittons la fête.Je me souviens seulement de sa main qui cherche la mienne avec une évidence troublante. De nos doigts qui s’entrelacent comme si le geste avait été répété cent fois auparavant. Des regards autour de nous, curieux, amusés, inconscients d

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