로그인Arrivé au lycée, il se faufile dans sa classe, prend place à son bureau, et jette un œil vers la porte , rien. . Noah respire un peu plus facilement, mais il sait que ce calme est trompeur. La sonnerie retentit, marquant le début des cours, et pourtant, son attention est ailleurs. Chaque bruit, chaque mouvement dans la classe semble amplifié.
Les heures passent lentement. Les professeurs parlent, écrivent au tableau, posent des questions, mais Noah a du mal à suivre. Son esprit est obsédé par cette cérémonie. Il imagine Adrian au centre de la place, souriant fièrement, Clara à ses côtés, tout le monde applaudit. À la sortie des cours, Noah décide de rentrer à pied, malgré la distance. Il a besoin de réfléchir, d’échapper un instant à l’air oppressant du lycée. Ses pas le mènent vers la place de la ville, et c’est là qu’il remarque quelque chose qui le fait s’arrêter net. La grande place est déjà animée. Des tentes sont dressées, des bancs rangés, des guirlandes accrochées entre les lampadaires. Des ouvriers et des bénévoles s’affairent, balayant, nettoyant, préparant chaque détail. La ville entière semble se mettre en ordre pour un événement important. Et Noah comprend instantanément de quoi il s’agit : la cérémonie d’accouplement d’Adrian. Il reste là, immobile, regardant les préparatifs. Son cœur se serre. La foule silencieuse de la ville, les lampions suspendus, la scène qui sera au centre… tout cela le dépasse, le rend presque minuscule. Il sent une boule se former dans sa gorge, mélange de peur, d’injustice et de résignation. Noah observe les visages autour de lui. Certains sourient, d’autres semblent indifférents. Il se sent étranger dans ce monde où tout est planifié, où tout semble destiné à célébrer quelqu’un d’autre, à le mettre lui dans l’ombre. Adrian sera au centre de l’attention, et Noah… lui ne sera qu’un spectateur, forcé de participer. Il inspire profondément, essaie de calmer la panique qui monte en lui. Il pense à sa mère, à ses mots doux, à la chaleur de sa maison. Il essaie de se rappeler qu’il existe encore un refuge où il est aimé, mais la peur revient aussitôt. La place, les guirlandes, les bancs parfaitement alignés… tout lui rappelle qu’il n’a pas son mot à dire, qu’il n’a jamais eu de choix. Pourtant, en observant les préparatifs, il remarque quelque chose d’étrange : Clara Tyler est là. Elle supervise certains arrangements, souriante, rayonnante. Elle semble si à l’aise dans ce rôle de future fiancée parfaite, et Noah ressent un mélange de colère et d’envie qu’il ne comprend pas encore. Pourquoi ce simple sourire lui fait-il autant mal ? Pourquoi cette proximité entre elle et Adrian le fait-elle frissonner, lui brûle-t-il le ventre ? Il détourne le regard, mais ne peut s’empêcher de continuer à observer. Les habitants placent des fleurs, décorent des lanternes, et Noah sent une tension croissante en lui. Tout semble orchestré pour humilier les omégas comme lui, pour rappeler à tous la hiérarchie, l’ordre établi. Il serre les poings, les jointures blanchissant sous l’effort. Il voudrait crier, protester, mais aucune voix ne sort de sa gorge. Il fait quelques pas sur la place, ses yeux passant sur chaque détail. Les tables alignées pour le banquet, la scène surélevée pour Adrian, les fleurs aux couleurs éclatantes, tout évoque une cérémonie grandiose, trop grande pour lui, trop grande pour qu’il y ait une place pour ses propres sentiments. Noah se sent seul, écrasé par l’ampleur de l’événement à venir. Il pense à son père, à la façon dont il lui aurait parlé, l’aurait rassuré. Mais son père n’est plus là. La protection qu’il pourrait offrir, l’amour qu’il pourrait transmettre, tout cela a disparu avec lui. Maintenant, c’est à lui de survivre dans ce monde hostile, à lui de trouver une force qu’il ne sait pas encore qu’il possède. Il quitte la place avec un dernier regard. Les préparatifs continuent, les rires et les bruits du travail résonnent dans l’air, mais Noah sent que quelque chose a changé en lui. Une détermination lente, une étincelle qui refuse de s’éteindre. Il ne sait pas encore comment, mais il sait qu’il ne peut pas se laisser réduire à ce simple rôle d’oméga impuissant. En rentrant chez lui, le silence de la maison lui semble réconfortant. Sa mère est là, et cette présence douce et constante lui donne un peu de courage. Il entre dans sa chambre, pose son sac, et pour la première fois depuis longtemps, il ferme les yeux en essayant d’imaginer une manière de se protéger, de ne pas se laisser écraser par l’inévitable. La place, les préparatifs, Adrian, Clara… tout cela est réel, mais il sent que quelque part en lui, une part refuse de céder, une part qui veut exister pour lui-même, et non pour les autres. Noah s’allonge sur son lit, les yeux fixés au plafond. Il sait que le mois prochain, la cérémonie aura lieu. Il sait qu’il n’a pas le choix. Mais pour la première fois, il sent qu’il pourrait peut-être trouver une force, un moyen de traverser cette épreuve. Et cette pensée, même minuscule, allume une lueur dans le noir qui l’entoure.L’air du soir emplit la grande maison d’Adrian, chargé de l’odeur du pain chaud et des herbes grillées. La longue table est dressée simplement, sans faste, mais illuminée par des bougies et des rires d’enfants.Noah, assis près d’Adrian, coupe un morceau de viande pour Aiden qui, du haut de ses quatre ans, fait déjà preuve d’une curiosité sans fin. Ses yeux pétillent, un mélange parfait du brun et du blond, et sa petite voix claire s’élève entre deux bouchées pour poser des questions à n’en plus finir.De l’autre côté, Marcus est installé, une main posée sur l’épaule d’Eliza. Elle a ce sourire doux qui semble avoir effacé les années de tension, même si ses yeux portent encore parfois les traces des batailles passées. Entre eux, leur fils Charles, un enfant oméga de trois ans, joue avec un morceau de pain, les joues rondes et rougies par la chaleur des bougies.Les conversations s’entrecroisent : Marcus raconte ses voyages, Noah évoque l’avancée des projets d’élevage menés avec la meut
Puis vient un autre retour, plus inattendu. Un après-midi, un convoi s’avance vers le domaine Power. Marcus est là. Son corps semble plus solide, son regard plus apaisé. À ses côtés, Eliza, enceinte, dont la main est enlacée dans la sienne. Et sur son cou, brille une marque fraîche : celle de l’union.Noah, qui sort pour les accueillir, sent son cœur se serrer, mais pas de douleur. C’est une autre forme d’émotion, presque douce. Il s’approche, un sourire sincère étirant ses lèvres.« Marcus… »L’alpha hoche la tête, son regard croisant celui de Noah sans amertume. « Noah. »Eliza s’avance, rougie, mais rayonnante. Noah pose un instant la main sur son ventre arrondi. « Je suis heureux pour vous. Vraiment. »Et il le pense. Les années partagées avec Marcus ne s’effacent pas, mais elles trouvent enfin une forme de conclusion. Ni haine, ni rancune : seulement la certitude que chacun a suivi son chemin.La vie reprend alors un rythme étrange, fragile mais porteur d’espoir. Noah et Adrian a
Adrian relève les yeux, noirs et brûlants, mais étrangement humides. Il tend la main, hésite, puis effleure la main de Noah posée sur son ventre.— Mon enfant. Pas une arme, pas un trophée. Le nôtre. Et je jure devant la lune que je le protégerai, toi avec.Noah tremble. Les mots résonnent en lui, mais la méfiance reste, comme une épine fichée trop profondément. Pourtant, au fond de lui, il sent la vérité de cette promesse. Il ferme les yeux et laisse Adrian poser sa paume large et chaude sur son ventre. Pendant un instant, la guerre, Marcus, la haine et les doutes disparaissent. Il n’y a plus que ce contact fragile, cette trêve intime.Mais Noah rouvre les yeux et, d’une voix plus dure, il ajoute :— Si tu me trahis encore, Adrian… je partirai. Et tu ne me reverras plus.L’alpha hoche la tête, grave.— Alors je n’ai pas le droit de faillir.Leurs lèvres se cherchent, se trouvent enfin dans un baiser qui n’a rien de brutal : c’est une promesse, un pansement posé sur des plaies ouve
Sa voix roule dans la clairière, grave, implacable. Les regards des survivants se croisent. Certains hochent la tête, d’autres sont trop abasourdis pour comprendre. Mais tous savent : un tournant vient d’être gravé dans l’histoire des Alphas.Marcus, soutenu par deux hommes, chancelle jusqu’à la limite du cercle. Son visage est blême, ses yeux brûlent encore de fierté blessée. Il fixe Adrian, prêt à entendre l’humiliation finale, le coup de grâce verbal qui le réduira en poussière devant tous. Mais ce n’est pas ce qu’il reçoit.Adrian avance lentement vers lui, Noah collé contre son flanc, sa main crispée sur son ventre. Chaque pas est une lutte contre la douleur, mais son port reste droit, son aura intacte. Lorsqu’il s’arrête à un souffle de Marcus, le silence est total.— Je ne veux rien de tes terres, rien de ta richesse, rien de ton nom, lâche Adrian, sa voix rauque mais glaciale. Garde tes biens, Marcus. Garde ta meute.Un souffle choqué parcourt l’assemblée. Les lieutenants eux-
La pluie tombe enfin, lourde et glaciale, comme si le ciel lui-même voulait éteindre la folie de cette nuit. La clairière est une mer de sang et de boue. Partout, des corps gisent, certains encore haletants, d’autres figés dans la mort. Les gémissements des blessés se mêlent aux hurlements des loups survivants. L’air empeste le fer et la terre mouillée.Noah chancelle, ses vêtements collés à sa peau, trempés par la pluie et maculés de sang qui n’est pas le sien. Son souffle est court, ses yeux écarquillés par l’horreur de ce qu’il voit. La meute est brisée, mais ce n’est pas fini. Pas encore.Au centre du carnage, trois silhouettes se dressent encore. Trois Titans qui refusent de tomber.Julien Black, immense, ses épaules couvertes d’un sang qui n’est pas le sien, rugit avec une fureur animale. Ses crocs sont découverts, ses griffes noires comme la nuit brillent sous la pluie. Ses yeux incandescents fixent Adrian et Marcus, ses ennemis forcés de s’unir.Marcus vacille, son flanc ouver
Les deux corps roulent au sol, griffes et crocs s’entrechoquant, la poussière s’élève. La meute retient son souffle, pétrifiée. L’air est saturé de rage, de sueur, de sang.Noah tremble, ses jambes flanchent, il tombe presque à genoux, retenu par un garde.— Arrêtez… arrêtez, je vous en prie… Vous allez vous tuer tous les deux…Mais ses mots se perdent dans le vacarme. Les rugissements, les impacts, les craquements d’os qui ploient sous la force. Les flammes des torches dansent sur leurs silhouettes, projetant des ombres monstrueuses qui semblent avaler la clairière.Et au milieu de ce chaos, Noah sent l’enfant se crisper encore, comme s’il refusait lui aussi ce monde de haine. Ses larmes redoublent, son cœur éclate.Eliza, toujours agenouillée, serre plus fort ses mains.— Par la lune… par tout ce qui est sacré… protège-le… protège-les…Mais la lune, impassible, regarde en silence.Et le duel continue, sauvage, implacable, tandis que le cercle retient captif deux hommes qui s’entre







