LOGINChapitre 49
Selene
Je le regarde, cet homme brisé qui se tient devant moi, cet homme qui vient de m'ouvrir son cœur comme on ouvre une porte qu'on avait scellée depuis des siècles, et je sens mes propres larmes couler, rouler sur mes joues, et je n'essaie même pas de les retenir, parce qu'elles sont la preuve de mon amour, de ma compassion, de ma détermination à ne jamais l'abandonner.
<Chapitre 55SeleneLa tempête s'est levée pendant que Kael dormait, une tempête de neige comme seules les montagnes du Nord savent en engendrer, une furie blanche qui a transformé le monde extérieur en un chaos de glace et de vent, et qui hurle à l'entrée de la grotte comme une bête sauvage cherchant à entrer, à nous dévorer, à nous ensevelir sous son linceul gelé.Le feu que j'ai allumé avec les maigres branches ramassées avant la tempête crépite faiblement, ses flammes luttant contre les courants d'air glacés qui s'infiltrent par les fissures de la roche, et sa lumière vacillante danse sur les parois de la grotte, projetant des ombres qui s'étirent, se contractent, se fondent les unes dans les autres comme des fantômes. J'ai entassé tout ce que j'ai pu trouver pour nous isoler du sol ge
Chapitre 54KaelLa fièvre me consume, un feu qui court dans mes veines comme du métal en fusion, qui brûle ma peau de l'intérieur, qui embrase mes pensées jusqu'à les réduire en cendres, et je flotte dans un brouillard de douleur et de rêves, incapable de distinguer le réel de l'imaginaire, le présent du passé, la vie de la mort, la vérité des illusions que les sorciers ont laissées derrière eux. La grotte danse autour de moi, les parois de pierre oscillent, se tordent, se rapprochent, et la lueur du feu que Selene a allumé jette des ombres mouvantes qui prennent des formes étranges, menaçantes, puis rassurantes, au gré de ma fièvre.Mais au milieu de ce chaos, il y a une constante, une ancre, un phare dans la tempête : sa main dans la mienne. Sa main fraîche, douce, qui apaise la br&uc
Chapitre 53SeleneLe chemin du retour est silencieux, enveloppé dans cette pénombre douce qui précède l'aube, et Kael chevauche à mes côtés, le visage marqué par l'émotion, les yeux encore rouges des larmes qu'il a versées dans la crypte, et je respecte son silence, je ne parle pas, je me contente d'être là, de veiller sur lui comme Isabelle m'a demandé de le faire, comme mon cœur me commande de le faire.La forêt de Thornwood s'étend autour de nous, ses arbres centenaires dressant leurs branches vers le ciel comme des sentinelles, et le sol est un tapis de mousse et de feuilles mortes qui étouffe le bruit des sabots de nos loups. L'air sent la sève, la terre humide, les champignons, et tout est calme, trop calme, étrangement calme, comme si la nature elle-même retenait son souffle, comm
Chapitre 52KaelJe me tiens au centre de la crypte, les jambes tremblantes, le cœur battant si fort que je le sens cogner dans ma gorge, dans mes tempes, dans mes poignets, et je la regarde, je regarde Isabelle, son visage, ses yeux, son sourire, et je sens les larmes couler sur mes joues, des larmes chaudes, des larmes que je n'ai pas versées depuis des siècles, des larmes de douleur, de soulagement, de libération.Elle est là, devant moi, suspendue dans la lumière du cristal que Selene tient entre ses mains, son image vacillante mais si réelle, si présente, et je tends la main vers elle, mes doigts tremblants, ma paume ouverte, comme si je pouvais la toucher, comme si je pouvais la retenir, comme si je pouvais la ramener à la vie par la seule force de ma volonté. Elle est exactement comme dans mon souvenir, ses cheveux de lune, ses yeux de ciel, son
Chapitre 51SeleneLe cristal se trouve au cœur du temple, dans une crypte circulaire dont les murs de pierre noire sont couverts de runes qui pulsent d'une lueur bleutée, une lueur qui ne provient d'aucune torche, d'aucune flamme, d'aucune source visible, mais qui semble émaner de la roche elle-même, comme si le temple tout entier était vivant, comme s'il respirait, comme s'il attendait ce moment depuis des siècles. L'air est glacé, si glacé que chacun de mes souffles forme un petit nuage de brume devant mes lèvres, et le silence est si profond, si absolu, que j'entends mon cœur battre dans ma poitrine, que j'entends le sang pulser dans mes tempes, que j'entends le froissement de mes vêtements à chacun de mes pas prudents sur les dalles de basalte usées par le temps.Kael est derrière moi, je le sens, je sens sa présence
Chapitre 50KaelLe temple maudit se dresse au cœur des marécages de la Brume, une pyramide de pierre noire couverte de runes qui luisent d'une lueur verdâtre et maladive, et l'air y est si épais, si lourd, qu'il colle à la peau comme un suaire, qu'il emplit les poumons d'une odeur de décomposition, de vase, de magie corrompue. Les arbres qui l'entourent sont morts, leurs branches décharnées tendues vers le ciel comme des doigts suppliants, et le sol est une boue noirâtre qui aspire nos bottes à chaque pas, qui semble vouloir nous engloutir, nous dévorer, nous garder prisonniers de ce lieu maudit.Nous pénétrons à l'intérieur, Selene et moi, nos pas résonnant sur les dalles de basalte, et aussitôt, les illusions commencent, comme un piège qui se referme, comme une toile d'araignée qui se resserre autour de s
Chapitre 46KaelElle me trouve sur les remparts, face au vent du nord, les mains posées sur la pierre glacée, et quand elle prononce mon nom, quand elle s'approche de moi avec ce grimoire serré contre sa poitrine, je vois dans ses ye
Chapitre 3DarianLe hurlement de Selene traverse la forêt comme une flèche d'acier, et il atteint la salle du conseil où je me tiens, entouré des anciens qui me félicitent avec des sourires onctueux, des tapes dans le dos, des mots qui suintent l'hypocrisie.— Tu as bien fait, Darian, dit Merek en
Chapitre 2 Selene— Je prendrai pour compagne Lysandra de la meute Ironclaw, fille aînée du chef Aldric, et cette alliance unira nos deux clans pour l'éternité.Les mots tombent comme des pierres dans un lac gelé, et je reste là, pétrifiée au bout de l'allée centrale, les doigts de mon père soudai
Chapitre 1 SeleneJe me tiens devant le miroir de la chambre que j'occupe depuis l'enfance, et la robe blanche que j'ai cousue de mes mains brille sous la lumière argentée de la lune qui entre par la fenêtre ouverte, une robe simple mais pure, brodée de fils d'argent qui dessinent des motifs de lo







