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Chapitre 4

작가: Trouvine
Anaïs a poussé un soupir de soulagement.

Une domestique l'a conduite jusqu'à sa chambre. C'était une véritable suite, avec une chambre, un dressing, une salle de bains et même un petit salon. La vue était magnifique et donnait directement sur le lac.

Ce qui a le plus surpris Anaïs, c'est que la décoration semblait avoir été pensée spécialement pour elle.

Le dressing était déjà rempli de vêtements : tenues du quotidien, robes de soirée, lingerie, accessoires… Tout y était, et tout était à sa taille.

« Tout cela a été préparé sur les instructions de Monsieur », a expliqué Anna Dubois avec respect. « Regardez si quelque chose vous manque, je m'en occuperai immédiatement. »

« Non, c'est parfait. Merci. »

Anaïs s'est approchée de la baie vitrée et a contemplé le paysage.

Elle avait du mal à croire ce qui lui arrivait.

Une semaine plus tôt, Julien Morel l'avait quittée. Son rêve d'intégrer une famille prestigieuse avait volé en éclats. Elle vivait encore dans le petit appartement qu'elle avait acheté elle-même et se demandait comment se débarrasser définitivement des problèmes que lui causaient ses parents.

Une semaine plus tard, elle était devenue Madame Morel.

Elle vivait désormais dans une villa au bord du lac. Dans son dressing, la moindre robe coûtait probablement plusieurs années de salaire pour une personne ordinaire.

La vie avait parfois quelque chose d'absurde.

Au dîner, Adrien n'a presque pas parlé. Anaïs ne savait pas davantage quoi dire, et l'ambiance est vite devenue un peu gênante.

Après le repas, Adrien a finalement pris la parole.

« Je pars demain à Azurport pour deux jours. Ensuite, j'ai un déplacement d'une semaine à Valmont. »

Anaïs a levé les yeux vers lui.

« Quelle coïncidence, je vais aussi à Valmont la semaine prochaine. Je dois suivre un projet pour mon entreprise. »

« Je sais. »

Adrien a posé ses couverts.

« C'est justement pour cela que j'ai décalé mon départ. Nous prendrons le même vol. Où comptes-tu loger là-bas ? »

« Mon entreprise m'a réservé une chambre d'hôtel dans le septième arrondissement. »

Adrien s'est levé.

« J'ai une villa dans le seizième arrondissement. Elle est plus proche de ton lieu de travail. Tu y logeras. Louis Martin s'occupera de mettre un chauffeur à ta disposition. Quant à moi, j'ai encore du travail à terminer. Repose-toi. »

Il s'est dirigé vers l'escalier avant de s'arrêter.

« Le Groupe Morel possède également un studio de design. Après ton retour de Valmont, tu pourrais postuler directement à un poste de directrice. »

Anaïs est restée interdite.

Elle venait à peine d'entrer dans la vie active.

« Pourquoi ? » a-t-elle demandé. « Tu veux vraiment me donner ce poste simplement parce que je suis ton épouse ? »

Cette question lui brûlait les lèvres depuis longtemps.

Pourquoi l'avoir épousée ?

Pourquoi elle ?

Elle n'avait rien de particulier à offrir et ne possédait plus rien que quelqu'un puisse convoiter.

Depuis le premier jour, ce mariage lui donnait un profond sentiment d'insécurité.

Pourtant, face à des conditions aussi avantageuses, elle n'avait pas réussi à refuser.

Adrien s'est retourné vers elle.

« D'abord parce que tu as du talent. Ensuite parce que je souhaite que mon épouse puisse exploiter pleinement son potentiel et briller autant qu'elle le mérite. »

À cet instant, Anaïs a compris ce que signifiait être véritablement soutenue.

Mais elle avait déjà un plan de carrière bien défini.

Elle n'était encore qu'une débutante. Elle ne se sentait pas capable d'assumer un poste de direction. Elle voulait d'abord continuer à apprendre à l'Atelier Plume, gagner de l'expérience et se faire un nom.

« Merci, mais je préfère rester à l'Atelier Plume quelques années encore. Je ne compte pas changer d'entreprise pour le moment. »

Adrien a hoché la tête.

« Je respecte ton choix. »

Puis il est monté à l'étage.

En pleine nuit, après sa douche, Anaïs a entendu du bruit au rez-de-chaussée.

Curieuse, elle est descendue.

Adrien était assis dans le salon, un ordinateur portable posé sur les genoux.

Il avait troqué son costume contre un pyjama et ne portait plus ses lunettes. Il paraissait beaucoup plus détendu que dans la journée.

En la voyant arriver, il a refermé son ordinateur.

« Tu ne dors pas ? »

« Je crois que je ne suis pas encore habituée à cet endroit », a-t-elle avoué. « Je n'arrive pas à trouver le sommeil. »

Adrien a tapoté la place à côté de lui.

« Viens t'asseoir. »

Après une courte hésitation, Anaïs s'est installée à l'autre bout du canapé.

Adrien l'a observée un instant, puis s'est levé pour lui servir un verre de vin rouge.

« Tiens. »

Anaïs a accepté le verre.

La douce chaleur du vin s'est répandue dans tout son corps. Sans même s'en rendre compte, elle a fini la totalité du verre.

« Adrien... »

« Oui ? »

Elle s'est tournée vers lui. Ses joues étaient légèrement rosies par l'alcool.

« Pourquoi m'avoir épousée ? Si c'était seulement pour rassurer ta grand-mère, tu avais l'embarras du choix. »

Il est resté silencieux quelques secondes.

« Parce que tu me sembles être la bonne personne. Tu es intelligente, lucide et tu sais exactement ce que tu veux. Tu te bats pour l'obtenir. Tu possèdes une force incroyable. Tu me rappelles une Rose de Jéricho après la saison aride. Elle se rouvre toujours. »

Son regard est devenu plus profond.

« Anaïs, je veux une épouse capable de marcher à mes côtés, pas quelqu'un qui reste derrière moi. Et je pense que tu en es capable. »

Anaïs ne savait pas quoi répondre.

Adrien occupait une position que peu de gens pouvaient atteindre, mais il ne lui donnait jamais l'impression de la regarder de haut.

Soudain, il s'est rapproché.

Le bout de ses doigts a effleuré sa joue.

« Alors, Anaïs... on essaie ? »

Le contact lui a paru brûlant.

« Essayer quoi ? »

« De faire fonctionner ce mariage. »

Puis il l'a embrassée.

C'était peut-être à cause du vin.

Ou peut-être parce qu'elle était fatiguée de lutter contre tout.

Mais cette fois, Anaïs ne s'est pas dérobée.

Elle a fermé les yeux et a passé lentement les bras autour de ses épaules.

Le baiser s'est approfondi.

Adrien l'a attirée contre lui.

Elle a senti son cœur s'emballer.

« Tu as peur de moi ? » a-t-il murmuré contre ses lèvres.

Anaïs a rouvert les yeux.

« Pas vraiment… enfin, un peu quand même. »

Elle a pris une inspiration.

« Je préfère être honnête. Si je t'ai épousé, c'est pour l'argent, pour le statut social… et peut-être aussi un peu pour me venger de Julien. Je ne t'aime pas encore. »

Adrien n'a montré aucun signe de contrariété.

« Je sais. »

Il l'a embrassée une nouvelle fois.

Au fond de lui, il était convaincu qu'un jour elle finirait par l'aimer.

Sans lui laisser davantage le temps de réfléchir, il l'a prise dans ses bras et l'a portée jusqu'à l'étage.

La porte de la chambre principale s'est refermée derrière eux.

La chaleur du corps d'Adrien était presque brûlante.

La tête renversée en arrière, Anaïs regardait les lumières du plafond vaciller dans son champ de vision.

« Adrien... »

Sa voix était devenue rauque.

« Hum ? »

Adrien a abaissé la tête et a déposé un baiser contre sa clavicule.

Anaïs a hésité un instant.

« Tu dois tenir ta promesse. »

Sans chercher à savoir de laquelle elle parlait, Adrien s'est penché près de son oreille et a murmuré d'une voix basse :

« Moi, Adrien Morel, je ne manque jamais à ma parole. »

...

Le lendemain matin.

Anaïs a bougé légèrement avant de grimacer.

Tout son corps était courbaturé.

Elle s'est redressée dans le lit tandis que la couverture glissait de ses épaules.

En apercevant les marques laissées sur sa peau, elle n'a pas pu s'empêcher de soupirer.

Heureusement, Adrien était déjà parti.

Après avoir découvert cette facette de sa personnalité, elle ne savait plus vraiment comment se comporter avec lui.

Son cou, sa poitrine, sa taille…

Les traces étaient partout.

« Comme quoi, les rumeurs racontent vraiment n'importe quoi… »

Sa voix était encore légèrement enrouée.

L'homme prétendument froid, distant et indifférent aux femmes décrit par tout Belrive n'avait strictement rien à voir avec celui qui l'avait empêchée de dormir une bonne partie de la nuit. Il était bien plus déchaîné que les rumeurs ne le laissaient croire.

Son téléphone s'est mis à vibrer.

C'était Chloé Bernard.

« Anaïs ! Tu as vu les réseaux sociaux ? »

Sa meilleure amie semblait hors d'elle.

« Julien vient d'annoncer officiellement ses fiançailles avec Sophie ! »

Anaïs n'a pratiquement pas réagi.

« Tant mieux pour eux. Je leur souhaite beaucoup de bonheur. »

« Sérieusement ? Vous vous êtes séparés il y a à peine quelques jours ! Il fait ça exprès pour te provoquer ! »

« Peut-être. »

Anaïs est descendue du lit et a ouvert les rideaux.

Le soleil faisait scintiller la surface du lac. Au loin, on distinguait la silhouette de Belrive.

Même en travaillant toute sa vie, elle n'aurait jamais pu s'offrir une maison pareille.

« Chloé… je me suis mariée. »

Un long silence a suivi.

Au moins trente secondes.

Puis la voix de son amie a explosé dans le téléphone :

« Quoi ? Avec qui ? Tu plaisantes, j'espère ! »

« Non. Je me suis mariée. »

« Avec qui ? »

« Avec Adrien Morel. »

Le cri qui a suivi lui a presque vrillé les tympans.

« Adrien Morel ?! Tu es sérieuse ?! Anaïs, tu as complètement perdu la tête ou quoi ?! »
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