تسجيل الدخولChapitre 32
Alexander
Le message d'Apolline ne fait que confirmer ce que je soupçonnais déjà avec une force croissante : elle a peur, elle a terriblement peur que je découvre la vérité, et cette peur panique qui transparaît dans chacun de ses mots est la preuve la plus éclatante de son mensonge, la démonstration la plus flagrante de sa duplicité. Je ne peux plus attendre, je ne peux
Chapitre 53AlexanderJe ne sais pas comment prouver que j'ai changé, et cette question me hante jour et nuit, tourne en boucle dans mon esprit comme un disque rayé qui ne trouvera jamais la bonne note. Les mots ne suffisent pas, je l'ai compris à ses silences, à ses regards méfiants, à la façon dont elle lit mes lettres et les range sans jamais y répondre vraiment. Les gestes ne suffisent pas non plus, elle a rejeté mon aide pour la succession, elle m'a reproché d'avoir payé ses créanciers, elle a vu dans ma générosité une nouvelle forme de manipulation. Alors que faire ? Comment lui montrer que je ne suis plus l'homme froid et distant qui l'a épousée par devoir, qui l'a ignorée pendant cinq ans, qui l'a laissée fuir sans même essayer de la retenir ?Je passe des nuits entière
Chapitre 52ApollineLa lettre arrive le lendemain matin, glissée sous la porte de l'appartement par une main invisible, et je la reconnais immédiatement à l'enveloppe de papier épais, à l'écriture élégante et penchée qui court sur le papier, à cette façon qu'il a de former les lettres avec une précision presque obsessionnelle. Je la ramasse avec des doigts qui tremblent légèrement, je la retourne entre mes mains sans l'ouvrir, et je reste debout dans l'entrée, pieds nus sur le parquet froid, le cœur battant à tout rompre. Léo est encore dans sa chambre, il joue tranquillement avec ses dinosaures en plastique, et je l'entends qui leur invente des dialogues improbables, des histoires de combats et de volcans en éruption.Je m'assois à la table de la cuisine, je pose l'enveloppe devant
Chapitre 51AlexanderJ'apprends qu'elle va repartir par un message de mon contact à l'aéroport, un homme discret que je paie pour me tenir informé des allées et venues d'Apolline sans jamais intervenir, sans jamais se montrer. Il m'envoie un texto laconique, quelques mots qui me frappent avec la violence d'un coup de massue : « Madame Moreau a réservé deux billets pour Vienne, départ dans trois jours. » Mon cœur s'arrête une fraction de seconde, puis repart dans un galop désordonné qui résonne jusque dans mes tempes. Elle va partir, elle va disparaître à nouveau, elle va retourner dans ce pays étranger où je ne pourrai pas la suivre, où je n'aurai aucun droit, aucune chance de la revoir un jour.Je me lève de mon fauteuil, je marche jusqu'à la fenêtre, et je regarde le parc
Chapitre 50ApollineJe suis furieuse contre moi-même, contre ma faiblesse, contre mon indécision coupable qui nous met en danger chaque jour que nous passons dans cette ville. Pourquoi ne suis-je pas déjà partie ? Pourquoi est-ce que je m'attarde dans cette ville où tout me menace, où chaque coin de rue peut cacher Alexander, où chaque jour qui passe resserre l'étau autour de nous comme un piège qui se referme lentement sur sa proie ? Je devrais déjà être à Vienne, dans notre petite maison au milieu des cyprès et des lavandes, loin de cet homme qui rôde autour de nous comme un loup patient, qui apparaît au moment où je m'y attends le moins, qui s'agenouille sur le trottoir pour soigner le genou de mon fils comme s'il avait tous les droits du monde.Je tourne en rond dans le salon, les bras croisés, l
Chapitre 49AlexanderJe reste agenouillé sur le trottoir froid et sale de la rue de Rivoli, le mouchoir taché de sang à la main, incapable de me relever, incapable de faire le moindre geste, comme si mes membres étaient soudainement paralysés par une force invisible qui m'interdisait de bouger. Les passants me contournent sans me regarder, certains me jettent un coup d'œil curieux avant de poursuivre leur chemin en haussant les épaules, et je dois avoir l'air pathétique, agenouillé dans une flaque d'eau boueuse avec mon costume à dix mille euros trempé jusqu'aux genoux, les mains tachées du sang de mon fils. Le sang de mon fils. Cette pensée me frappe avec la violence d'un coup de poing en pleine poitrine, et je baisse les yeux vers le mouchoir souillé que je tiens toujours entre mes doigts. Ce mouchoir blanc qui portait mes initiales brod&eacut
Chapitre 48ApollineNous marchons sur le trottoir de la rue de Rivoli, une artère animée où les voitures roulent pare-chocs contre pare-chocs dans un concert de klaxons, où les passants pressés se bousculent sans s'excuser, où les vitrines illuminées des boutiques de luxe projettent des reflets dorés sur l'asphalte humide. Léo sautille à côté de moi en me racontant sa journée d'école avec cette exubérance qui le caractérise, cette énergie débordante qui me fatigue et m'émerveille à la fois. Il me parle de Théo qui a perdu une dent pendant la cantine, de la maîtresse qui a raconté une histoire de dragons et de princesses, du dessin qu'il a fait avec un soleil jaune et une maison rouge, et je l'écoute d'une oreille distraite en souriant, le cœur léger pour la premi&e







