تسجيل الدخولChapitre 42
Adrian
Je repousse Isabella avec une froideur qui n'a rien de feint, mes mains se refermant sur ses poignets pour dénouer son étreinte avec une fermeté qui la fait reculer d'un pas. La peau de ses bras est douce et chaude sous mes doigts, mais je ne ressens rien, absolument rien, sinon une irritation grandissante et une méfiance qui ne demande qu'à se confirmer. Ses yeux verts, ces yeux qui autrefois me f
Chapitre 42AdrianJe repousse Isabella avec une froideur qui n'a rien de feint, mes mains se refermant sur ses poignets pour dénouer son étreinte avec une fermeté qui la fait reculer d'un pas. La peau de ses bras est douce et chaude sous mes doigts, mais je ne ressens rien, absolument rien, sinon une irritation grandissante et une méfiance qui ne demande qu'à se confirmer. Ses yeux verts, ces yeux qui autrefois me faisaient perdre la raison, brillent d'une lueur de défi, mais je vois aussi la surprise qui passe fugitivement dans ses prunelles, et peut-être une pointe de colère qu'elle dissimule aussitôt derrière un sourire enjôleur. Elle n'a pas l'habitude qu'on lui résiste, elle n'a jamais supporté qu'on lui dise non. Dans son monde, tout plie, tout cède, tout se soumet à sa volonté.— Isabella, notre hist
Chapitre 41SofiaL'arrivée d'Isabella Moretti bouleverse immédiatement mon quotidien, comme une pierre jetée dans un étang tranquille dont les rides ne cessent de s'élargir, gagnant chaque recoin de ma vie, chaque heure de mes journées, chaque pensée qui traverse mon esprit. Elle est apparue trois jours après la signature du mariage, surgissant de nulle part dans l'entrée du manoir comme si elle en avait toujours été la maîtresse, vêtue d'un tailleur blanc immaculé dont la coupe parfaite trahissait les mains d'un grand couturier, ses cheveux bruns cascadant en vagues soyeuses sur ses épaules, ses yeux vert émeraude brillant d'une assurance qui m'a immédiatement fait me sentir petite, insignifiante, misérable. Adrian l'a accueillie avec une froideur polie, les mâchoires serrées, le regard impén&eacut
Chapitre 40AdrianEn consultant les caméras de surveillance dans la salle du sous-sol, je cherche à comprendre comment ce bouquet a pu être déposé dans la chambre de Sofia sans que personne ne s'en aperçoive, sans que les gardes ne donnent l'alerte, sans que les détecteurs de mouvement ne se déclenchent. La salle est plongée dans une pénombre que percent seulement la lueur bleutée des écrans alignés contre le mur d'acier et le ronronnement sourd des serveurs informatiques. Les images en noir et blanc défilent sur les moniteurs, montrant les différents angles du parc, les couloirs déserts, la porte de service près des cuisines, le hall d'entrée où le lustre en cristal scintille dans l'obscurité.Marcus se tient debout derrière moi, silencieux, le visage fermé, son bras t
Chapitre 39SofiaAu réveil, une lumière pâle et froide filtre à travers les rideaux de velours de la chambre principale, dessinant des motifs mouvants sur le satin blanc des draps. Les premiers rayons de l'aube caressent les meubles anciens, les boiseries sculptées, les tapisseries aux tons pastel qui recouvrent les murs, et jettent des reflets dorés sur le miroir en pied de l'armoire. Adrian n'est plus dans le fauteuil près de la cheminée où il s'est endormi cette nuit. Sa place vide, les coussins de velours grenat encore marqués par le poids de son corps, les bras du fauteuil où ses mains se sont posées pendant des heures tandis que nous parlions à voix basse, me serre le cœur plus que je ne veux l'admettre. La place à côté de la mienne sur le lit est froide, les draps intacts, le feu dans l'âtre s'est éteint de
Chapitre 38AdrianLe soir venu, après un dîner silencieux que nous avons partagé dans la salle à manger aux boiseries sombres, j'installe Sofia dans la chambre principale de la résidence. C'est une pièce immense, la plus belle du manoir, celle que Nathan réservait autrefois aux invités de marque et que j'ai fait préparer pour elle avec un soin particulier. Le lit à baldaquin en bois sculpté trône au centre, drapé de satin blanc et surmonté d'un ciel de lit en soie brochée qui retombe en cascades légères. Les fenêtres à meneaux donnent sur le parc où la lune éclaire les cyprès centenaires d'une lumière argentée, et un feu crépite dans la cheminée de marbre blanc veiné de gris, projetant des ombres dansantes sur les murs tendus de tapisseries aux tons pastel.
Chapitre 37SofiaLe mariage civil est célébré dans la plus stricte discrétion, un mardi matin gris et froid, dans une petite mairie de quartier choisie pour son anonymat. La salle des mariages est une pièce modeste aux murs couverts de boiseries claires, décorée de drapeaux de la République et de bustes en plâtre, avec des chaises en velours rouge alignées en rangs serrés devant l'estrade où officie le maire. Il n'y a presque personne. Marcus, le bras toujours en écharpe, se tient debout près de la porte, massif et silencieux comme un gardien de pierre, ses yeux perçants balayant constamment la salle. Maître Dumont est là, ses doigts tachés d'encre serrant un dossier contre sa poitrine, le dos plus voûté que jamais. Quelques hommes d'Adrian, discrets, vigilants, leurs vestes sombres dissimulant leurs armes







