로그인La sonnerie annonçant la pause de midi retentit. Les deux amies quittèrent le bâtiment et traversèrent la cour en discutant de tout et de rien.
Le soleil brillait désormais au-dessus du campus. Pour Elena, cette journée ressemblait à toutes les autres. Elle ignorait encore qu'avant la fin de l'après-midi, son sens de la justice l'amènerait à intervenir dans une situation que la plupart des gens auraient préféré ignorer. Après le déjeuner, Elena et Chloé quittèrent le campus pour rejoindre une petite librairie située à quelques rues de l'université. Le trottoir était animé. Des étudiants riaient en marchant, des commerçants installaient leurs étalages et les voitures défilaient lentement. Soudain, des éclats de voix attirèrent leur attention.- Tu as volé ce portefeuille !
Un jeune homme d'une vingtaine d'années était
retenu par deux agents de sécurité devant une supérette. Une dizaine de passants s'étaient arrêtés pour assister à la scène.- Je vous jure que non ! répétait-il. Je n'ai rien
pris !Les murmures de la foule se firent de plus en plus
nombreux.- Il a une tête de voleur.
- Ça ne m'étonne même pas.
- Appelez la police.
Le jeune homme baissa les yeux, humilié.
Elena observa la scène en silence. Quelque chose la dérangeait. Elle s'avança.- Excusez-moi... Qui a vu ce jeune homme voler ?
Les deux agents échangèrent un regard.
- Le portefeuille a disparu, répondit l'un d'eux.
On l'a vu sortir précipitamment du magasin.
- Ce n'est pas ce que j'ai demandé.
Sa voix était calme, mais ferme.
- Qui l'a vu prendre le portefeuille ?
Les agents hésitèrent.
- Personne... mais..
. - Donc vous n'avez aucune preuve.Un homme dans la foule intervint aussitôt.
- Pourquoi tu le défends ? Tu le connais ?
-Non.
-Alors mêle-toi de tes affaires.
Elena soutint son regard sans se laisser
impressionner.- Défendre quelqu'un contre une accusation sans
preuve est précisément mon affaire.Chloé soupira discrètement.Elle connaissait suffisamment son amie pour savoir qu'il était désormais impossible de la faire partir. Quelques instants plus tard, une femme âgée sortit
précipitamment de la supérette.- Attendez !
Tout le monde se tourna vers elle. La femme fouilla dans son sac avant d'en sortir un portefeuille en cuir brun.
- Je... je suis désolée. Il était tombé dans mon
cabas quand je faisais mes courses. Je viens seulement de m'en rendre compte. Un silence gêné s'installa. Les deux agents relâchèrent immédiatement le jeune homme.- Nous... nous pensions...
-Vous pensiez, coupa Elena. Mais vous n'avez jamais
vérifié les faits.Le jeune homme, encore sous le choc, regarda Elena.
- Merci...
Elle lui adressa un sourire rassurant.
- Tu n'as pas à me remercier. Tu avais simplement
droit à ce qu'on t'écoute.Les passants commencèrent à se disperser, certains
évitant le regard du jeune homme, honteux de l'avoir jugé si rapidement. En reprenant leur chemin, Chloé croisa les bras.-Tu sais que tu as le don de te jeter dans les
problèmes ?Elena sourit.
-Peut-être.
-Et si ce garçon avait vraiment été coupable ?
- Alors les preuves l'auraient montré. Mais
personne ne mérite d'être condamné uniquement parce que les autres ont décidé qu'il était coupable.Chloé secoua la tête en riant.
- Tu feras une excellente criminologue.
Elena leva les yeux vers le ciel.-J'espère surtout devenir une personne capable de
faire la différence... même si ce n'est que pour une seule vie.Sans le savoir, ces quelques mots résumaient déjà
la femme qu'elle était devenue : quelqu'un qui ne détournait jamais le regard face à l'injustice. La nouvelle de l'incident se répandit rapidement sur le campus. Quelques étudiants félicitaient Elena pour son courage, tandis que d'autres la trouvaient imprudente. En fin d'après-midi, elle et Chloé quittèrent enfin l'université.- Tu sais, commença Chloé en ajustant son sac sur
son épaule, tu finiras un jour par tomber sur quelqu'un de vraiment dangereux.- Je n'ai fait que poser des questions.
-Justement. Certaines personnes détestent qu'on
remette leur version des faits en doute.Elena sourit.
- Si tout le monde gardait le silence par peur,
beaucoup d'innocents seraient condamnés. Chloé poussa un léger soupir.-Tu es impossible.
Les deux jeunes femmes éclatèrent de rire avant de
se séparer au carrefour habituel.-À demain !
- À demain, répondit Elena en lui faisant un signe
de la main.Une demi-heure plus tard, Elena rentra chez elle.
En entendant la porte d'entrée s'ouvrir, Michael leva les yeux de son ordinateur.- Bonsoir, championne.
- Bonsoir, mon oncle.
-Ta journée s'est bien passée ?
Elena posa son sac près du canapé.
-Oui... enfin, presque.
Michael arqua un sourcil.
-Ce "presque" m'inquiète déjà.
Elena lui raconta ce qui s'était passé devant la
supérette. À mesure qu'il l'écoutait, Michael croisa les bras. Lorsqu'elle eut terminé, il resta silencieux quelques secondes.- Tu sais que tu aurais pu tomber sur des gens
violents ?- Je le sais.
- Alors pourquoi intervenir ?
Elena prit une profonde inspiration.
- Parce que personne d'autre ne l'a fait.
Michael baissa les yeux avant de laisser échapper
un sourire résigné.
- Tu ressembles tellement à ton père.
Elle le regarda avec émotion.
- Il aurait fait la même chose, n'est-ce pas ?
- Sans hésiter.
Un silence s'installa entre eux.
Michael se leva et s'approcha d'elle.- Je ne veux pas que tu changes, Elena.
Il posa doucement une main sur son épaule.
- Je veux seulement que tu rentres toujours à la
maison.Les yeux d'Elena s'humidifièrent.
- Je ferai attention. Je te le promets.
Michael lui adressa un sourire affectueux.
- Bien. Maintenant, va te changer. Le dîner est
presque prêt.Quelques minutes plus tard, ils partagèrent un
repas simple, ponctué de rires et de souvenirs d'enfance.Pour Elena, ces instants étaient précieux. Michael n'était peut-être pas son père, mais il avait consacré treize années de sa vie à l'aimer, à la protéger et à lui offrir le foyer qu'elle avait perdu. En débarrassant la table, Elena leva discrètement une main vers le médaillon caché sous sa chemise. Comme chaque soir, elle pensa à Daniel et Sarah. Elle espérait qu'où qu'ils soient, ils seraient fiers de la femme qu'elle devenait. Elle était loin d'imaginer que son passé n'avait jamais cessé de l'attendre. La maison était plongée dans le silence. Après le dîner, Michael s'était installé dans le salon pour regarder les informations, tandis qu'Elena était montée dans sachambre. Elle posa son sac près de son bureau et ouvrit la fenêtre. Une légère brise nocturne s'engouffra dans la pièce. Son regard se posa sur une vieille photographie encadrée, soigneusement posée sur sa table de chevet. On y voyait Daniel et Sarah, souriants, tenant une Elena de cinq ans dans leurs bras. C'était la seule photo qu'elle possédait encore d'eux. Elle la prit délicatement entre ses mains.- Vous me manquez... murmura-t-elle.
Comme chaque année, les souvenirs de cette nuit lui
revenaient par fragments. Des coups de feu. Des cris. La forêt. Le pont. Puis plus rien. Le reste de son enfance semblait enveloppé d'un brouillard qu'elle n'avait jamais réussi à dissiper. Elle reposa la photographie avant de sortir le médaillon de sous son chemisier. Le métal était légèrement usé par le temps. Treize ans qu'elle le portait sans jamais le quitter. Treize ans qu'elle se demandait pourquoi son père y tenait tant. Elle le fit tourner entre ses doigts. - Quel secret caches-tu ? J’ai eu vingt-cinq ans depuis quelques semaines. Dois je te rendre à la policeBien sûr, il ne répondit pas.
Elle sourit tristement à cette pensée, puis referma sa main sur le pendentif. Elle ne veut pas se rendre à la police et risquer de perdre le seul bien qui lui reste de ses parents. Au rez-de-chaussée, Michael frappa à la porte.- Elena ?
- Oui mon oncle ?
- Il est tard. Tu as cours demain.
- J'arrive.
-Bonne nuit.
- Bonne nuit, mon oncle.
Lorsqu'elle entendit ses pas s'éloigner, elle se
tourna une dernière fois vers la fenêtre. Le ciel était couvert d'étoiles. Elle prit une profonde inspiration.- Je ne sais pas qui vous a fait ça... ni pourquoi.
Sa voix tremblait légèrement.
- Mais je vous le promets...
Elle serra le médaillon contre son cœur.
- Un jour, je découvrirai la vérité toute seule.
Quelques secondes plus tard, elle éteignit la
lumière et se glissa sous sa couverture. Sans le savoir, cette promesse ressemblait étrangement à celle que son père lui avait faite treize ans plus tôt. Dans l'obscurité de sa chambre, le médaillon reposait toujours contre son cœur. Silencieux. Immobile. Prêt à révéler son secret lorsque le moment viendrait. Le passé n'avait jamais disparu. Il attendait simplement l'instant idéal pour refaire surface. A suivre le chapitre 3Chapitre 20 Le silence était devenu insupportable. Elena se tenait au milieu du tunnel, le médaillon serré dans son poing. En face d’elle, Richard maintenait son arme contre la tempe d’Adrian. Daniel, Alexander et Michael étaient immobiles. Personne n’osait faire le moindre mouvement. Richard fixa Elena.– Tu négocies avec moi ?– Oui.Un léger sourire apparut sur les lèvres de Richard.– Tu as beaucoup changé depuis la dernière fois que je t’ai vue.Elena fronça les sourcils.– Vous m’avez déjà vue ?Richard ne répondit pas.Adrian tourna légèrement la tête.– Elena, ne l’écoute pas.– Tais-toi.Richard appuya davantage son arme contre lui.– Je veux la vérité.– Tu l’auras.Elena désigna Adrian du regard.– Mais vous le libérez d’abord.Richard eut un rire bref.– Tu crois vraiment être en position de négocier ?– Non.Elle leva légèrement le médaillon.– Mais vous êtes en position de perdre ce que vous cherchez depuis vingt-cinq ans.Le sourire de Richard disparut.Elena comprit q
Chapitre 19Le silence qui suivit les paroles d’Alexander fut assourdissant. Adrian ne bougeait plus. Son regard était fixé sur son grand-père.– Tu mens.Alexander ne détourna pas les yeux.– J’aimerais.Adrian serra son arme.– Mon père n’est pas le Roi Noir.– Tu as passé ta vie à croire qu’il était simplement ton père.Alexander fit un pas vers lui.– Mais Richard Blackwood a toujours été bien plus que cela.Daniel baissa les yeux.Elena le regarda.– Papa… tu savais ?Daniel hocha lentement la tête.– Oui.Adrian se tourna brusquement vers lui.– Depuis combien de temps ?– Depuis le jour où j’ai commencé à travailler pour lui.– Et tu ne m’as jamais rien dit ?– Je voulais te protéger.Adrian eut un rire froid.– Tout le monde veut me protéger.Il regarda Elena.– Et pendant ce temps, tout le monde me ment.Elena sentit son cœur se serrer.Elle comprenait parfaitement ce qu’il ressentait.Elle aussi venait de découvrir que les personnes qu’elle aimait lui avaient caché des vérit
Chapitre 18La lettre tremblait entre les doigts d’Elena. Elle relut plusieurs fois la dernière phrase. Ne fais confiance à aucun Blackwood. Puis elle leva les yeux vers Adrian.– Vous avez quelque chose à me dire ?Adrian resta silencieux.– Adrian ?– Ton père connaissait beaucoup de choses sur ma famille.– Ce n’est pas une réponse.– Je sais.Elena se leva.– Alors donnez-moi la vraie.Adrian la fixa quelques secondes.– Je n’ai jamais voulu te faire du mal.– Ce n’est toujours pas une réponse.– Non.Il s’approcha lentement.– Mais c’est la seule chose dont je sois absolument certain.Elena recula.– Mon père m’a demandé de ne faire confiance à aucun Blackwood.– Ton père avait ses raisons.– Et vous, vous en avez aussi ?Adrian ne répondit pas.Avant qu’Elena puisse insister, une porte s’ouvrit brusquement au bout du couloir.Victor apparut.– Monsieur.Adrian se tourna.– Daniel est réveillé.Elena oublia immédiatement leur conversation.– Je peux le voir ?– Oui.Elle se préci
Chapitre 17 Elena resta figée devant l’enveloppe. Ses mains tremblaient.POUR ELENA, À OUVRIR À SES VINGT-CINQ ANS.Elle reconnut immédiatement l’écriture.C’était celle de son père. Treize années avaient passé depuis la nuit où elle l’avait perdu. Et pourtant, elle aurait reconnu cette écriture entre mille.– C’est lui…Adrian regarda l’enveloppe.– Tu es certaine ?Elena hocha lentement la tête.– Oui.Elle la prit avec précaution.Mais au moment où elle voulut l’ouvrir, Daniel murmura faiblement :– Non…Elena se retourna.Son père avait rouvert les yeux.– Papa ?Daniel tenta de se redresser.Adrian l’aida.– Cette lettre…Il reprit difficilement son souffle.– Tu ne dois pas la lire ici.Elena fronça les sourcils.– Pourquoi ?– Parce que si elle tombe entre leurs mains…Il s’arrêta.– Tout le monde mourra.Elena sentit son cœur se serrer.– Qu’est-ce que tu as écrit dedans ?Daniel regarda Adrian.– Il doit être avec toi lorsque tu la liras.Adrian fronça les sourcils.– Pourquo
Chapitre 16Le claquement de la porte métallique résonna dans le tunnel. Elena sursauta. Elle se retourna immédiatement.– Nous sommes enfermés.Adrian s’approcha de la porte et posa une main dessus. Il examina rapidement le mécanisme.– Elle est blindée.Damien éclata de rire.– Tu ne vas quand même pas me dire que le grand Adrian Blackwood est incapable d’ouvrir une simple porte ?Adrian se retourna lentement.– Tu parles beaucoup.– Et toi, pas assez.Damien pointa son arme vers Elena.– Le médaillon.Daniel se plaça immédiatement devant sa fille.– Non.– Daniel…Damien sourit.– Treize ans caché dans l’ombre et tu recommences exactement la même erreur.Daniel serra les poings.– Tu ne l’auras jamais.– Alors elle mourra avec le secret.Adrian leva son arme.– Tu vas baisser la tienne.Damien ricana.– Tu crois vraiment que je vais avoir peur de toi ici ?– Non.Adrian fit un pas en avant.– Je veux simplement te donner une dernière chance de repartir vivant.Le sourire de Damien
Chapitre 15 Le monde d’Elena venait de s’arrêter. Elle fixait l’homme devant elle. Son visage avait changé. Il était plus marqué. Ses cheveux étaient devenus légèrement grisonnants. Une cicatrice traversait sa joue. Mais ses yeux. Ces yeux-là, elle les aurait reconnus entre mille.– Papa…Le mot sortit à peine de ses lèvres. L’homme ne bougea pas. Puis son regard se remplit de larmes.– Elena.Elle fit un pas vers lui.Adrian lui attrapa immédiatement le bras.– Attends.Elena se retourna.– Lâchez-moi.– Nous ne savons pas encore qui il est.L’homme sourit tristement.– Toujours aussi méfiant, Adrian.Le Roi Noir se figea.– Si tu es vraiment Daniel Carter…– Je le suis.Elena regarda son père.– Mais tu es mort.Daniel baissa les yeux.– C’est ce que tout le monde devait croire.Elle sentit les larmes couler.– Pourquoi ?Daniel s’approcha lentement.– Parce que si mes ennemis avaient su que j’étais vivant, ils t’auraient retrouvée bien avant tes vingt-cinq ans.Elena secoua la têt







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