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Chapitre 2 ,partie 2

مؤلف: Jayka
last update تاريخ النشر: 2026-07-09 05:43:51

La sonnerie annonçant la pause de midi retentit. Les deux amies quittèrent le bâtiment et traversèrent la cour en discutant de tout et de rien.

Le soleil brillait désormais au-dessus du campus.

Pour Elena, cette journée ressemblait à toutes les

autres. Elle ignorait encore qu'avant la fin de

l'après-midi, son sens de la justice l'amènerait à intervenir dans une situation que la plupart des gens auraient préféré ignorer. Après le déjeuner, Elena et Chloé quittèrent le campus pour rejoindre une petite librairie située à quelques rues de l'université.

Le trottoir était animé. Des étudiants riaient en

marchant, des commerçants installaient leurs étalages et les voitures défilaient lentement.

Soudain, des éclats de voix attirèrent leur

attention.

- Tu as volé ce portefeuille !

Un jeune homme d'une vingtaine d'années était

retenu par deux agents de sécurité devant une supérette. Une dizaine de passants s'étaient arrêtés pour assister à la scène.

- Je vous jure que non ! répétait-il. Je n'ai rien

pris !

Les murmures de la foule se firent de plus en plus

nombreux.

- Il a une tête de voleur.

- Ça ne m'étonne même pas.

- Appelez la police.

Le jeune homme baissa les yeux, humilié.

Elena observa la scène en silence. Quelque chose la dérangeait. Elle s'avança.

- Excusez-moi... Qui a vu ce jeune homme voler ?

Les deux agents échangèrent un regard.

- Le portefeuille a disparu, répondit l'un d'eux.

On l'a vu sortir précipitamment du magasin.

- Ce n'est pas ce que j'ai demandé.

Sa voix était calme, mais ferme.

- Qui l'a vu prendre le portefeuille ?

Les agents hésitèrent.

- Personne... mais..

.

- Donc vous n'avez aucune preuve.

Un homme dans la foule intervint aussitôt.

- Pourquoi tu le défends ? Tu le connais ?

-Non.

-Alors mêle-toi de tes affaires.

Elena soutint son regard sans se laisser

impressionner.

- Défendre quelqu'un contre une accusation sans

preuve est précisément mon affaire.

Chloé soupira discrètement.Elle connaissait suffisamment son amie pour savoir qu'il était désormais impossible de la faire partir. Quelques instants plus tard, une femme âgée sortit

précipitamment de la supérette.

- Attendez !

Tout le monde se tourna vers elle. La femme fouilla dans son sac avant d'en sortir un portefeuille en cuir brun.

- Je... je suis désolée. Il était tombé dans mon

cabas quand je faisais mes courses. Je viens seulement de m'en rendre compte. Un silence gêné s'installa. Les deux agents relâchèrent immédiatement le jeune homme.

- Nous... nous pensions...

-Vous pensiez, coupa Elena. Mais vous n'avez jamais

vérifié les faits.

Le jeune homme, encore sous le choc, regarda Elena.

- Merci...

Elle lui adressa un sourire rassurant.

- Tu n'as pas à me remercier. Tu avais simplement

droit à ce qu'on t'écoute.

Les passants commencèrent à se disperser, certains

évitant le regard du jeune homme, honteux de l'avoir jugé si rapidement. En reprenant leur chemin, Chloé croisa les bras.

-Tu sais que tu as le don de te jeter dans les

problèmes ?

Elena sourit.

-Peut-être.

-Et si ce garçon avait vraiment été coupable ?

- Alors les preuves l'auraient montré. Mais

personne ne mérite d'être condamné uniquement parce que les autres ont décidé qu'il était coupable.

Chloé secoua la tête en riant.

- Tu feras une excellente criminologue.

Elena leva les yeux vers le ciel.

-J'espère surtout devenir une personne capable de

faire la différence... même si ce n'est que pour une seule vie.

Sans le savoir, ces quelques mots résumaient déjà

la femme qu'elle était devenue : quelqu'un qui ne détournait jamais le regard face à l'injustice.

La nouvelle de l'incident se répandit rapidement

sur le campus. Quelques étudiants félicitaient Elena pour son courage, tandis que d'autres la trouvaient imprudente. En fin d'après-midi, elle et Chloé quittèrent enfin l'université.

- Tu sais, commença Chloé en ajustant son sac sur

son épaule, tu finiras un jour par tomber sur 

quelqu'un de vraiment dangereux.

- Je n'ai fait que poser des questions.

-Justement. Certaines personnes détestent qu'on

remette leur version des faits en doute.

Elena sourit.

- Si tout le monde gardait le silence par peur,

beaucoup d'innocents seraient condamnés.

Chloé poussa un léger soupir.

-Tu es impossible.

Les deux jeunes femmes éclatèrent de rire avant de

se séparer au carrefour habituel.

-À demain !

- À demain, répondit Elena en lui faisant un signe

de la main.

Une demi-heure plus tard, Elena rentra chez elle.

En entendant la porte d'entrée s'ouvrir, Michael

leva les yeux de son ordinateur.

- Bonsoir, championne.

- Bonsoir, mon oncle.

-Ta journée s'est bien passée ?

Elena posa son sac près du canapé.

-Oui... enfin, presque.

Michael arqua un sourcil.

-Ce "presque" m'inquiète déjà.

Elena lui raconta ce qui s'était passé devant la

supérette. À mesure qu'il l'écoutait, Michael croisa les bras. Lorsqu'elle eut terminé, il resta silencieux

quelques secondes.

- Tu sais que tu aurais pu tomber sur des gens

violents ?

- Je le sais.

- Alors pourquoi intervenir ?

Elena prit une profonde inspiration.

- Parce que personne d'autre ne l'a fait.

Michael baissa les yeux avant de laisser échapper

un sourire résigné.

- Tu ressembles tellement à ton père.

Elle le regarda avec émotion.

- Il aurait fait la même chose, n'est-ce pas ?

- Sans hésiter.

Un silence s'installa entre eux.

Michael se leva et s'approcha d'elle.

- Je ne veux pas que tu changes, Elena.

Il posa doucement une main sur son épaule.

- Je veux seulement que tu rentres toujours à la

maison.

Les yeux d'Elena s'humidifièrent.

- Je ferai attention. Je te le promets.

Michael lui adressa un sourire affectueux.

- Bien. Maintenant, va te changer. Le dîner est

presque prêt.

Quelques minutes plus tard, ils partagèrent un

repas simple, ponctué de rires et de souvenirs d'enfance.Pour Elena, ces instants étaient précieux.

Michael n'était peut-être pas son père, mais il

avait consacré treize années de sa vie à l'aimer, à la protéger et à lui offrir le foyer qu'elle avait perdu.

En débarrassant la table, Elena leva discrètement

une main vers le médaillon caché sous sa chemise.

Comme chaque soir, elle pensa à Daniel et Sarah.

Elle espérait qu'où qu'ils soient, ils seraient

fiers de la femme qu'elle devenait. Elle était loin d'imaginer que son passé n'avait jamais cessé de l'attendre. La maison était plongée dans le silence.

Après le dîner, Michael s'était installé dans le

salon pour regarder les informations, tandis qu'Elena était montée dans sachambre.

Elle posa son sac près de son bureau et ouvrit la

fenêtre. Une légère brise nocturne s'engouffra dans la pièce. Son regard se posa sur une vieille photographie encadrée, soigneusement posée sur sa table de chevet. On y voyait Daniel et Sarah, souriants, tenant une Elena de cinq ans dans leurs bras. C'était la seule photo qu'elle possédait encore

d'eux. Elle la prit délicatement entre ses mains.

- Vous me manquez... murmura-t-elle.

Comme chaque année, les souvenirs de cette nuit lui

revenaient par fragments. Des coups de feu. Des cris. La forêt. Le pont. Puis plus rien.

Le reste de son enfance semblait enveloppé d'un

brouillard qu'elle n'avait jamais réussi à dissiper.

Elle reposa la photographie avant de sortir le

médaillon de sous son chemisier.

Le métal était légèrement usé par le temps.

Treize ans qu'elle le portait sans jamais le

quitter. Treize ans qu'elle se demandait pourquoi son père y tenait tant. Elle le fit tourner entre ses doigts.

- Quel secret caches-tu ? J’ai eu vingt-cinq ans depuis quelques semaines. Dois je te rendre à la police 

Bien sûr, il ne répondit pas.

Elle sourit tristement à cette pensée, puis referma

sa main sur le pendentif. Elle ne veut pas se rendre à la police et risquer de perdre le seul bien qui lui reste de ses parents. Au rez-de-chaussée, Michael frappa à la porte.

- Elena ?

- Oui mon oncle ?

- Il est tard. Tu as cours demain.

- J'arrive.

-Bonne nuit.

- Bonne nuit, mon oncle.

Lorsqu'elle entendit ses pas s'éloigner, elle se

tourna une dernière fois vers la fenêtre. Le ciel était couvert d'étoiles. Elle prit une profonde inspiration.

- Je ne sais pas qui vous a fait ça... ni pourquoi.

Sa voix tremblait légèrement.

- Mais je vous le promets...

Elle serra le médaillon contre son cœur.

- Un jour, je découvrirai la vérité toute seule.

Quelques secondes plus tard, elle éteignit la

lumière et se glissa sous sa couverture.

Sans le savoir, cette promesse ressemblait

étrangement à celle que son père lui avait faite treize ans plus tôt. Dans l'obscurité de sa chambre, le médaillon reposait toujours contre son cœur.

Silencieux. Immobile. Prêt à révéler son secret lorsque le moment viendrait. Le passé n'avait jamais disparu. Il attendait simplement l'instant idéal pour

refaire surface.

A suivre le chapitre 3

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