LOGINChapitre 67
Naomi
Je passe l'après-midi dans la bibliothèque, les photographies de mon père étalées devant moi sur la grande table en chêne. La lumière grise de l'automne filtre à travers les rideaux entrouverts. J'examine chaque cliché, un par un, avec une attention nouvelle. Depuis que j'ai découvert le dossier, depuis que je sais que mon père enquêtait sur une organisation secrète, chaque
Chapitre 79NaomiLa réunion se tient dans un salon privé. Je suis assise près de Matteo. Je ne parle pas. Je regarde. J’écoute. Les visages. Les voix. Les silences. Je ne comprends pas tout. Mais je reste. Je suis là parce qu’il me l’a demandé. Parce qu’il veut que je sois près de lui. Parce qu’il a peur de me laisser seule. Je le sais. Il ne le dit pas. Mais je le sais.Les hommes parlent d’affaires. De territoires. De noms que je ne connais pas. De menaces que je devine. Je bois une gorgée d’eau. Je pose le verre. Je respire. L’air est lourd. Chargé. Je voudrais être ailleurs. N’importe où. Mais je reste.C’est alors que je la vois. Une femme. Debout. Près de la porte. Une robe sombre. Des cheveux blonds. Des bijoux discrets. Elle me regarde. Fixement. Sans sourire. Sans détourner les yeux. Elle m’o
Chapitre 78MatteoLa rencontre a lieu dans un lieu neutre. Un entrepôt vide. Je suis venu seul. L’ancien rival est déjà là. Il m’attend.— Matteo.— Toi.— Tu m’as demandé une rencontre. Je suis venu.— Je veux des informations. Sur l’organisation. Le cercle noir. L’épée.Il ne bouge pas. Son visage reste fermé. Mais je vois une lueur dans ses yeux. De l’intérêt. Ou de la peur.— Pourquoi moi ?— Parce que tu sais des choses. Parce que tu as été en contact avec eux.— Et qu’est-ce que tu offres en échange ?— Une trêve. Temporaire. Complète. Ni attaques. Ni provocations. Ni représailles. Sur tous nos territoires.Il rit. Un rire sec.— Tu me demandes de te faire confiance ?— No
Chapitre 77NaomiJe le trouve dans son bureau. Assis. Les papiers étalés devant lui. Il ne m'entend pas entrer. Je reste sur le seuil. Je le regarde. Il a l'air fatigué. Épuisé. Les traits tirés. Les yeux cernés. Il ne dort plus. Je le sais. Moi non plus.— Matteo.Il lève la tête. Ses yeux gris se posent sur moi. Il ne dit rien. Il attend.— Il faut que je te parle.— Entre.Je m'approche. Je m'assois en face de lui. Mes mains tremblent. Je les pose sur mes genoux. Je les serre. Je respire. Une fois. Deux fois.— Tu te souviens du médaillon ? Celui que j'ai trouvé dans les affaires de mon père ?— Oui.— Quand je l'ai ouvert, j'ai eu un vertige. Un souvenir. Je ne t'ai pas tout dit.Il ne bouge pas. Il attend. Ses yeux ne me quittent pas.— J'avais quatre ans. Peut-être
Chapitre 76MatteoL’appel me réveille en sursaut. Vittorio. Sa voix est grave.— On a trouvé l’informateur. Mort.Je ne pose pas de questions. Je m’habille. Je prends mon arme. Je sors.L’entrepôt est au bord du port. Un bâtiment gris, sans âme. Les hommes sont déjà là. Ils ont sécurisé les lieux. Vittorio m’attend devant la porte.— À l’intérieur.J’entre. L’odeur me frappe. Le sang. Frais. Épais. L’ampoule nue grésille. Le sol est en béton. Et au centre, l’homme. Cinquante ans. Visage tuméfié. Gorge ouverte. Yeux grands ouverts. Il ne voit plus rien.Je m’approche. Je m’accroupis. Les mains liées derrière le dos. Des marques. Il s’est débattu. Il a souffert. Longtemps. Avant qu’on ne l’achève.— Qui l’a trouvé ?— Un des gardes. Il a appelé immédiatement.— Vous n’avez touché à rien ?— Rien.Je me relève. Je fais le tour de la pièce. Les caisses. Les murs. Et c’est là que je le vois. Sur le mur du fond. Dessiné avec du sang. Le symbole. Un cercle noir traversé d’une épée. Les trai
Chapitre 75NaomiL'entraînement du matin se déroule comme les autres. Matteo me fait répéter les mêmes gestes, les mêmes frappes, les mêmes esquives. Mes paumes brûlent, mes muscles protestent, mais je ne m'arrête pas. Je ne m'arrête jamais. Chaque coup que je porte est une promesse. Chaque goutte de sueur est une victoire.— Encore, dis-je.— Tu es fatiguée.— Encore.Il cède. Comme toujours. Je frappe le sac de frappe. Une fois. Deux fois. Trois fois. Mon souffle est court. Ma vision se trouble légèrement. Je cligne des yeux. Je continue.C'est alors que je le vois. Posé sur une étagère, près des râteliers d'armes. Un médaillon. Petit, rond, en argent terni. Je l'ai déjà vu. Dans les affaires de mon père. Dans la boîte que Mme Costanza m'a remise. Je m'arr&e
Chapitre 74MatteoLes preuves sont sur mon bureau. Des photos, des relevés, des témoignages. Tout accuse l'un de mes plus anciens capitaines. Un homme qui a servi mon père. Un homme qui m'a vu grandir. Un homme que je croyais loyal.Je les examine une par une. Les dates correspondent. Les heures aussi. Les noms, les lieux, les conversations. Tout est là. Un dossier parfait. Trop parfait.Vittorio se tient devant moi. Il attend mon verdict.— C'est lui, Matteo. Tous les indices convergent. On a assez pour l'arrêter.Je ne réponds pas tout de suite. Je fixe les papiers. Quelque chose ne va pas. Je le sens. Mais je ne sais pas quoi.— Tu as des doutes ? demande Vittorio.— Les preuves sont trop belles. Trop nettes. Comme si quelqu'un avait voulu que je les trouve.— Tu penses à une manipulation ?— Je pense que le véritable tra&icir







