ANMELDENMon doigt s'arrête sur un nom.
Marcus. 28 ans. Trader dans une banque d'affaires. Beau comme un dieu. Blond, les yeux bleus, le sourire facile. Disponible ce soir.
Parfait. Exactement ce qu'il me faut. Un corps, pas un cœur. Une nuit, pas une histoire. De la chair, pas des sentiments.
Je lui envoie un message.
Ce soir. 21h. Suite 407, Hôtel Le Royal. Sois ponctuel.
Il répond en trois minutes.
J'y serai.
Je repose le t&e
Puis je me suis retiré. Je me suis rhabillé sans la regarder.— Va te laver, ai-je dit froidement. Tu sens son odeur .Elle s'est levée, a couru vers la salle de bain. Je l'ai entendue vomir.Je suis resté là, dans le salon, à regarder le canapé, les marques de notre violence, les preuves de ma folie.Qu'est-ce que je suis en train de devenir ?La question est restée sans réponse.Amelia / IvySous la douche, je pleure.Je pleure sur moi, sur lui, sur nous, sur tout ce gâchis. L'eau chaude coule sur mon corps meurtri, là où ses doigts se sont enfoncés trop fort, là où sa bouche a mordu trop dur.Il a vu. Il sait. Pour Dimitri, pour le baiser, pour tout.Et au lieu de me confronter, au lieu de me parler, il m'a prise comme une chose, comme un objet, comme un territoire à revendiquer.
Je reste là, adossée à l'arbre, tremblante, le cœur en feu, les lèvres brûlantes de son baiser.Que faire ? Que choisir ? Qui suis-je en train de devenir ?Les questions tournent dans ma tête, sans réponse.La nuit est chaude. Le jardin est calme. Mais en moi, c'est la tempête.Je rentre dans la villa sur des jambes de coton. La lumière est allumée dans le salon. Alexander est rentré plus tôt que prévu.Il est là, debout près de la fenêtre, un verre à la main. Il se retourne quand j'entre.— Tu étais où ? demande-t-il. Sa voix est calme. Trop calme.— Dans le jardin. Il faisait chaud, j'avais besoin d'air.— Seule ?— Oui.Il me regarde longuement. Ses yeux fouillent mon visage, cherchent quelque chose. Un mensonge ? Une preuve ? Je ne sais pas.&mdash
Amelia / IvyTrois jours ont passé depuis le dîner.Trois jours depuis que ses lèvres ont frôlé les miennes.Trois jours à revivre cette seconde encore et encore, dans chaque instant de silence, dans chaque regard vide, dans chaque nuit où Alexander me prend sans que je sois vraiment là.Il a senti mon absence. Forcément. Il n'est pas aveugle. Mais il met ça sur le compte de la fatigue, du stress, de la crise qui secoue son empire. Il est trop occupé à sauver ce qui peut l'être pour creuser plus profond.Tant mieux. Parce que je n'aurais pas su lui mentir. Pas maintenant. Pas après ce baiser.Ce soir, Alexander est en réunion. Une de ces réunions interminables avec ses avocats, ses banquiers, ses conseillers. Il m'a embrassée vite, distraitement, avant de partir.— Je rentrerai tard, a-t-il dit. Ne m'
La nuit est fraîche. La ville scintille en contrebas. Des milliers de lumières qui dansent dans l'obscurité. C'est beau. C'est calme. C'est exactement ce dont j'ai besoin.— Belle vue, n'est-ce pas ?Sa voix.Derrière moi.Si proche.Je ferme les yeux une seconde. Je rassemble mes forces. Puis je me retourne.Il est là. À un mètre à peine. Les mains dans les poches de son smoking, le regard brûlant, la mâchoire toujours serrée.— Qu'est-ce que vous voulez, Dimitri ?— Vous parler. Seule. Loin de lui.— C'est impossible.— Rien n'est impossible.Il s'approche. Je recule contre la baie vitrée. La fraîcheur du verre traverse la fine soie de ma robe. Il est tout près maintenant. Trop près.Je sens son odeur. Ce mélange de cuir, de tabac froid, de quelque chose de plus
Sous la table, la main d'Alexander serre la mienne. Fort. Possessivement. Un avertissement.Le dîner commence.Les plats se succèdent. Entrée froide, puis chaude. Poisson, puis viande. Des mets sophistiqués, des saveurs subtiles, des présentations dignes des plus grands chefs. Les vins accompagnent, blancs puis rouges, millésimés, précieux.Les conversations s'enchaînent. Alexander discute affaires avec l'homme à sa gauche, un magnat de l'immobilier. Le banquier à ma droite me parle de ses petits-enfants, de sa maison en Provence, de ses ennuis de santé. Je réponds mécaniquement, je souris quand il faut, je joue mon rôle.Mais mon corps, lui, ne joue pas.Je sens le regard de Dimitri sur moi. Constant. Brûlant. Il ne me regarde pas comme on regarde une femme lors d'un dîner officiel. Il me regarde comme on regarde quelqu'un qu'on d&eacu
Amelia / IvyJe pense à Dimitri.Ce baiser. Ce frôlement de lèvres. Cette seconde infinie où tout a basculé. Depuis cette nuit, depuis ce dîner, depuis qu'il a posé ses doigts sur ma joue, je ne pense plus qu'à lui.Je me réveille avec son visage. Je m'endors avec son nom sur les lèvres. Dans les bras d'Alexander, quand il me fait l'amour, je ferme les yeux et j'imagine que c'est lui. Dimitri. Ses mains sur moi. Sa bouche sur la mienne. Son corps contre le mien.La culpabilité me ronge. La honte me dévore. Mais le désir est plus fort. Toujours plus fort.Et ce soir, il y a ce dîner.Un dîner officiel. Le genre d'événement qu'Alexander ne peut pas manquer. Hommes d'affaires, politiciens, célébrités. Le gratin de la ville réuni dans une salle de réception somptueuse. Et Alexander qui tient absolu







